Encycl. Ad beatissimi, 1 nov
l’union catholique
mère patrie. Malgré des chefs de valeur, malgré des soldats très courageux qui lui avaient conquis d’importantes libertés, la France catholique a marché d’échecs en échecs. Elle s’est vu imposer, à elle la fille aînée de l’Eglise, des gouvernements de plus en plus acharnés contre tout ce que l’Eglise chérit et vénère. Pourquoi ? parce que ses fils1 n’ont pas su ou voulu s’unir ; parce qu’ils n’ont pas su ou voulu sacrifier aux causes supérieures qu’ils devaient défendre des intérêts respectables, nous l’accordons, mais humains ; parce que, en dépit des avertissements les plus solennels 2, ils se sont battus autour d’une tribune ou d’un trône, au lieu de se battre autour de l’autel.
Pendant ce temps, la Belgique nous offrait un spectacle tout opposé. Là les catholiques, d’abord victimes de leurs divisions et de leur apathie, s’étaient ressaisis. Ils s’associaient, ils s’organisaient, ils se groupaient autour de leurs évêques revêtus eux-mêmes de l’armure des forts. Ce travail d’entente ne tarda pas à être couronné, sur le terrain gouvernemental et en matière scolaire, des plus vifs succès. Et, lorsque la guerre actuelle éclata, les catholiques belges pouvaient se flatter d’avoir maintenu leurs positions politiques, tout en accomplissant des prodiges de foi et des œuvres remarquables dans les autres domaines.