‹ Etudes et appreciations. -- (volume 4)Chapitre 74 sur 173 · Lettres de Léon XIII, 16 fév. 1892, 3 mai · texte numérisé non relu

Lettres de Léon XIII, 16 fév. 1892, 3 mai

France et Belgique nous instruisent, quoique de façons très diverses. La leçon de l’une nous dit combien la désunion est fatale. La leçon de l’autre nous apprend combien l’action concertée est féconde1.

Ajoutons, pour être juste, que, dès le premier coup de clairon qui allait mettre aux prises tant de peuples, nos coreligionnaires de France, sous le coup de l’angoisse, se sont ralliés en phalanges compactes, et que, depuis plus de quatre ans, ils étonnent et émerveillent le monde par le génie de leurs chefs, par l’héroïsme de leurs actes, et par la force indomptable de leurs âmes et de leur joyeux esprit de sacrifice. Ce qu’ils font aujourd’hui avec tant de gloire, sur les plaines rougies de sang, pour le salut de leur patrie, espérons qu’ils le recommenceront demain, aux urnes et au parlement, pour le triomphe de leur religion.

L’union des forces catholiques, dans un pays, n’est pas l’effet du hasard. Elle suppose un foyer d’où elle émane, et un principe qui en coordonne tous les éléments. Ce foyer, et ce principe, c’est la hiérarchie religieuse.

1. L’Irlande aussi, sur une question d’une grande portée nationale et religieuse, vient de nous donner un fier exemple d’union catholique.

l’union catholique 163

“ Les fidèles, dit Léon XIII \ ne s’acquitteraient pas de leurs devoirs aussi complètement et utilement qu’il le faut, s’ils descendaient isolément sur le champ de bataille. L’Eglise est comme une armée, et il n’est permis à aucun de ses membres d’agir à son gré ou de choisir la manière de combattre qui lui plaît davantage. ” En conséquence, chez toutes les nations, c’est aux Evêques qu’il appartient de définir, au moins en général, les cadres où les catholiques doivent se grouper, et le genre d’opérations qui appelle leurs efforts.

Cela même, avons-nous besoin de le dire, implique, dans les sphères d’où part le mouvement, des vues communes et une action uniforme. S’adressant aux Evêques du Portugal1 2, Léon XIII leur demande “ de s’unir plus étroitement chaque jour, et de se concerter avec soin sur tout ce qui concerne la prospérité des diocèses et le salut de la nation.” Le même Pape, écrivant plus tard aux Evêques du Brésil3, souhaite “que parmi eux règne la charité la plus entière et la concorde des esprits, et que, pour faciliter cette concorde, ils tiennent des réunions et communiquent entre eux.” — Plus près de nous, les Pères de notre pre-

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