‹ Etudes et appreciations. -- (volume 4)Chapitre 86 sur 173 · Le 22 juin (voir Y Evénement du 25 et du · texte numérisé non relu

Le 22 juin (voir Y Evénement du 25 et du

soit un bienfait sans mélange pour un pays. Certainement un des côtés les moins attrayants d’une partie considérable de ce continent, est la monotonie de plusiuers de ses aspects extérieurs ; et, selon moi, il est heureux pour le Canada que sa prospérité dépende du travail commun de races différentes. L’action conjointe de divers éléments nationaux donne à votre existence une fraîcheur, une variété, une couleur, une impulsion éclectique qui manqueraient sans cela ; et ce serait une politique fautive que d’essayer de la faire disparaître.

Le même éminent personnage, répondant à une adresse de la Société Saint- Jean-Baptiste, disait quelques jours après :

Je puis vous assurer au nom de mes compatriotes de l’autre côté de l’Atlantique, qu’il est bien peu d’événements politiques dont ils soient plus fiers que de celui qui a pu décider la population canadienne-française de ce continent à s’unir à eux, sur un pied d’égalité, pour fonder ici une grande nationalité, sous la protection de la Couronne britannique.

Lord Dufferin rappelait ainsi, au berceau du peuple franco-canadien, le principe de l’égalité et de l’union des races dans l’Amérique britannique, en même temps qu’il réfutait l’une des objections principales faites contre l’état de choses né de ce principe.

Deux ans après, sous l’administration de son successeur, le Marquis de Lorne, le même principe était reconnu et affirmé de nouveau par la création d’une académie canadienne essentiellement bilingue, la Société Royale d’Ottawa.

l’union nationale

Faisons abstraction de l’exclusivisme étroit et injuste montré, en quelques occasions, par certains membres de cette institution. Ce qui ressort de la nature même d’une telle société, formée au centre de notre vie fédérale, et qui est comme l’extension et le reflet intellectuel de notre charte politique, c’est que la nation canadienne, de par le droit et de par l’histoire, dans toutes les sphères où se déploie son action, est à base de dualisme et de bilinguisme.

Réalisée dans les organismes dont se compose le Canada officiel, il serait étrange que l’union nationale ne pût germer et fleurir dans la conscience publique. Les mœurs façonnent les institutions ; et celles-ci, d’autre part, rayonnent sur les mœurs. L’esprit canadien, celui de nos meilleurs hommes et de nos plus célébrés chefs politiques de l’une et de l’autre langue, a été un esprit d’union dans l’harmonie des races et dans la liberté des croyances.

Nous avons mentionné, il y a un instant, le nom de sir John MacDonald. En 1890, lors d’un débat mémorable sur la langue française, ce vétéran de nos luttes de parti, presqu’au terme de sa carrière, jetait aux fanatiques ligués contre nous cette parole de justice souvent répétée depuis, et qui restera son plus bel éloge : “ Nous avons une constitution en vertu de laquelle tous les sujets anglais sont sur un pied de parfaite éga-

lité, ayant des droits égaux, en matière de langage, de religion, de propriété h ” L’honorable Edward Blake avait dit, de son côté, dans la même occasion : “ Je soutiens que le devoir de ceux qui ont vraiment à cœur la prospérité du Canada, qui désirent le voir progresser et atteindre le niveau d’une grande nation, est de défendre les droits des minorités établis par la loi, par les conventions, par le consentement national1 2. ”

Nous voudrions voir gravées sur les portes mêmes du Parlement canadien, ces belles paroles de l’honorable M. Mills :

Il y a sur les armes royales certaines devises, et il paraît qu’elles sont toutes en français. L’une d’elles signifie en anglais : God and my right. Cela retrace les droits des hommes jusqu’à leur source originelle. Cette source placée bien au-dessus de toute autorité humaine adverse, est le principe vers lequel tout homme libre remonte pour trouver le droit de résister à l’erreur et à l’oppression. C’est de là que le Canadien français fait dériver son droit de parler la langue de ses pères, et toute loi qui tenterait de le priver de ses droits primordiaux, comme de supprimer et d’anéantir la langue française, ferait violence aux institutions mêmes poulie maintien desquelles un gouvernement existe3.

Cette leçon d’équité donnée par des hommes politiques, est prise de notre état social ; elle se

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