Ibid., p
l’union nationale
dégage non moins nettement de notre condition religieuse.
Nous sommes un pays chrétien. Les prières que l’on récite dans les Chambers fédérales, avant chaque séance, supposent la croyance en Dieu, en sa providence active et tutélaire, en son autorité et en sa souveraineté, de laquelle toutes les créatures et toutes les sociétés relèvent. Le jour de prière et de pénitences, prescrit l’an dernier par le gouvernement pour le succès des armes britanniques, implique en outre le dogme de la Rédemption, du Christ Sauveur, dont les mérites ont racheté le monde, et dont nous nous assurons les grâces et le secours en associant nos satisfactions à ses propres souffrances. Or, ces croyances pieuses n’établissent-elles pas entre les hommes, et plus particulièrement entre les citoyens d’un même pays, des liens de fraternité ? L’union nationale est-elle impossible dans l’âme de ceux qui adorent un même Dieu, et qui se prosternent au pied d’une même croix ?
C’est le chef protestant, déjà cité par nous, d’un de nos partis politiques, qui prononça un jour, en Chambre, ces paroles remarquables 1 :