‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 18 sur 137 · Sorti, théol., i-ii, q. xcv, art · texte numérisé non relu

Sorti, théol., i-ii, q. xcv, art

MELANGES CANADIENS

fait main basse sur l’éducation des enfants.

Nous avons démontré ailleurs/ et nous ne répéterons jamais assez que, dans l’ordre naturel où nous nous plaçons ici, l’éducation relève directement et immédiatement des parents. Spolier les parents de cette fonction, c’est violer le seuil auguste de la famille et envahir un territoire dont les pères de famille seuls, de par la loi de Dieu, sont les maîtres. Interdire aux parents l’exercice du droit dont la nature les a investis, de transmettre à leurs enfants, par le moyen de l’école, l’héritage sacré de leur langue, c’est se rendre coupable d’un attentat beaucoup plus grave, beaucoup plus insolent, beaucoup plus odieux que celui de violer un traité fait de main d’homme. L’évidence même nous en persuade ; et ni politiques ni légistes ne sauraient sérieusement y contredire.

Certains Etats auront beau regimber contre cette doctrine et, pour y faire obstacle, forger des lois, édicter des règlements, enfanter des commissions : ils n’effaceront pas ce que le Tout- Puissant a écrit dans le code immortel des droits et des devoirs, et jusque dans la profondeur des consciences. Leur propre doctrine “ ne se fonde, dans le passé, que sur l’autorité de Minos, de Lycurgue et de Robespierre, c’est-à-dire sur la fable, le paganisme, et quelque chose de pire que

1 . Voir Droit public de l’Eglise: l’Eglise et l’Education, n P., ch. n.

PATRIOTISME ET NATIONALITE 67

le paganisme1, ” le plus abominable despotisme. On avouera que c’est là une base bien fragile. Vingt siècles de luttes morales et de vaillance chrétienne nous ont appris à envisager d’un œil serein les décrets des Césars, et à attendre d’un pied résolu le coup de force des potentats.

Le devoir d’un Etat qui a quelque notion du bien et quelque souci de la justice, n’est donc pas de molester les races dans l’usage de leur langue et dans le droit qu’elles ont d’en perpétuer la vie, mais de respecter ce droit, de le protéger, et de le sauvegarder. Voilà un énoncé bien clair, et une vérité très lumineuse, et qui revêt, pour nous, toute la force d’un axiome de sens commun et de haute philosophie sociale.

Dans son récent appel en faveur de la paix, — appel basé sur la vraie fraternité humaine et si fortement commenté par la grande revue italienne, la Civiltà cattolica, mais si obstinément laissé dans l’ombre par une partie de la presse catholique, — Benoît XV demande aux organisateurs de la société de demain de tenir compte" des droits et des justes aspirations des peuples. ”

Il y a, assurément, des aspirations populaires très justes en elles-mêmes, mais bornées et dominées par diverses circonstances de temps et de

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