Richard, ouv. cit., t. ii, ch. xiv ; ch. xxvi
MELANGES CANADIENS
nées par différents acteurs, et marchant vers un dénouement, sinon voulu de tous, du moins préparé par tous : le triomphe de l’intérêt matériel anglais, dans l’Acadie britannique, à l’encontre des lois même les plus formelles de la morale et de la justice.
Voilà ce que démontre péremptoirement Richard, après Rameau et Casgrain, et ce sur quoi son livre projette une clarté fulgurante.
D’après les historiens de la déportation de 1755, l’ensemble des personnes atteintes par cette mesure peut flotter entre cinq et sept mille1. Nous n’incluons pas dans ce chiffre les victimes, très nombreuses aussi, d’autres proscriptions et expropriations injustes, comme celle de l’Ile St- Jean2. Trois caractères marquent pour jamais l’infâme conduite tenue, vis-à-vis des Acadiens, par l’administration anglaise : une perfidie froide et basse, une cruauté sauvage, un égoïsme violent et cupide.
L’histoire ne peut effacer ces trois stigmates de honte3.