Saint Thomas, Som. théol., i-ii, q. xcvi, art
2. Un juge du Canada ne se faisait pas scrupule de dire, assez récemment : “ Je ne sache pas que la loi naturelle puisse encore s’appliquer de nos jours ” (Le Droit, 27 avril 1915).
3. Cf. Vallet, Le Kantisme et le Positivisme, pp. 229 et suiv.
PHILOSOPHIE ET RELIGION
Et c’est en vain que, pour justifier cette illégalité, on allègue, en pays constitutionnels, l’opinion favorable du plus grand nombre des électeurs et le suffrage décisif de la majorité des législateurs.
Ce raisonnement n’est autre que celui de la force s’insurgeant contre le droit. Force mécanique, ou force numérique : c’est la même injustice draconienne à l’égard d’une minorité qui doit sans doute, en certaines matières économiques et administratives, subir de bon gré l’influence prépondérante du parti le plus nombreux, mais qui ne peut ni ne doit renoncer à certains droits et à certaines libertés inaliénables.
Je soutiens, s’écriait Montalembert1 se faisant l’avocat, d’une catégorie de citoyens opprimés, je soutiens que s’il ne restait en France que cinquante catholiques, leurs droits, leurs croyances, leur autorité paternelle, ne devraient pas être moins inviolables qu’à l’époque où le pays et ses lois étaient leur domaine exclusif.
Le grand orateur prononçait là des paroles aussi sensées que vaillantes.
Nous avons cru utile, à notre tour, d’aborder en quelques pages succinctes ce sujet des droits inviolables. Et nous estimons que c’est en revenant à la vraie notion du droit que les sociétés retrouveront l’équilibre perdu, que les lois humaines se feront plus équitables, que les chefs et les hommes d’Etat» garderont la foi jurée et verront dans les