‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 93 sur 137 · Mémoire présenté à la Société Royale en · texte numérisé non relu

Mémoire présenté à la Société Royale en

MELANGES CANADIENS

maîtres sans pitié, ils traînaient, comme des bêtes de somme, une vie chargée de toutes les misères et de toutes les souffrances. Le lourd labeur exténuait leurs corps ; l’immonde corruption ravageait leurs âmes. Ils ne jouissaient ni ■des bienfaits de la famille, interdite pour eux, ou mutilée dans ses membres, ni de l espoir d’un bonheur futur que personne ne découvrait à leurs yeux.

Il n’en était pas ainsi parmi les Juifs où la loi de Moïse, sans supprimer toute la dureté des mœurs anciennes, y apportait de notables tempéraments.

L’esclavage, dit Paul Allard1, existait chez ce peuple, comme chez les patriarches, ses ancêtres, mais adouci, tempéré, et fort différent de ce qu’il était dans les autres nations antiques. Un Juif ne pouvait être l’esclave d’un autre Juif que pendant sept ans, et même alors il était défendu de le tenir en servitude comme un esclave; on devait le considérer comme un mercenaire et un colon2. Les sept ans écoulés, il devait être rendu à la liberté, à moins que, en la refusant, il se condamnât volontairement à une servitude perpétuelle. L’esclave étranger pouvait être conservé même au delà de ce terme, mais une loi protectrice veillait sur sa personne. Le maître qui l’eût tué aurait été puni de mort : une blessure, même légère, reçue de son maître, le rendait libre. Il pouvait se marier, fonder une famille, et personne n’avait le droit de la détruire en séparant le mari de sa femme, le père et la mère de leurs enfants.

1. Esclaves, serfs et mainmortdbles (nouv. éd., 1894), pp. 33-34.

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