Levit., xxv
PHILOSOPHIE ET RELIGION
C’était comme le prélude de la grande œuvre libératrice inaugurée par le Sauveur des hommes, et que l’Eglise fondée par lui, héritière courageuse de son esprit et de ses doctrines, ne devait cesser de poursuivre, avec prudence sans doute, mais avec persévérance, et en dépit de tous les obstacles.
Juste envers tous, sympathique aux humbles, condescendante pour les malheureux, l’Eglise catholique prit pour base de son action sociale le code de la charité, l’évangile de la fraternité. Elle restaura l’idée du droit, la notion et la pratique des devoirs entre créatures raisonnables issues d’une même souche. Beaucoup d’esclaves furent affranchis ; d’autres virent leur sort s’améliorer peu à peu. L’esclavage, avant de disparaître des pays les plus directements atteints par l’influence chrétienne, se transforma en un servage1 où l’ilote des anciens jours put faire en quelque sorte l’apprentissage de la liberté.
N’allons pas croire, pourtant, qu’à l’aurore des temps modernes, partout la personne humaine avait secoué le joug des servitudes séculaires. Au moment où se fondaient et s’organisaient en Amérique des chrétientés nouvelles, dans les