Le 1er sept
3. Voici le texte de cette ordonnance : “Sur ce que nous avons été informé que plusieurs particuliers de cette colonie avaient affranchi leurs esclaves sans autre formalité que celle de leur donner la liberté verbalement, et étant nécessaire de fixer d’une manière invariable l’état des esclaves qui pourront être affranchis dans la suite : nous, après en avoir conféré avec M. le marquis de Beauharnois, gouverneur et lieutenant général pour le Roi de cette colonie, ordonnons qu’à l’avenir tous les particuliers de ce pays, de quelque qualité et condition qu’ils soient, qui voudront affranchir leurs esclaves, seront tenus de le faire par un acte passé devant notaire, dont il sera gardé minute et qui sera en outre enregistré au greffe de la juridiction royale la plus prochaine ; déclarons tous autres affranchissements qui ne seront pas dans la forme ci-dessus nuis et de nul effet ” etc. (Mémoires cités, pp. 5-6).
PHILOSOPHIE ET RELIGION
L’esclavage, nous le verrons, se maintint pendant quelque temps sous le régime anglais, et y reçut même de nouvelles recrues.
Peut-on dire que les esclaves attachés au sol canadien étaient en grand nombre ? Bien que nous ne puissions répondre à cette question d’une façon précise, plusieurs indications historiques nous persuadent qu’il ne s’agissait certes point de cas exceptionnels et isolés.
Distinguons tout d’abord les esclaves panis des esclaves nègres.
Les Panis, dit l’abbé Auguste Gosselin1, étaient une tribu sauvage établie à l’ouest du Mississipi, et presque toujours en guerre avec les Sakis et les Renards, qui habitaient les rives du Wisconsin ; et ceux-ci, lorsqu’ils faisaient des prisonniers, les vendaient quelquefois aux Français2. C’est ainsi qu’il y eut, surtout dans la première moitié du dix-huitième siècle, un certain nombre d’esclaves Panis au Canada. Tanguay en énumère près d’une centaine dans son Dictionnaire généalogique3.
Ceux dont parle cet auteur appartenaient presque tous à la région de Montréal, et on voit qu’ils furent inhumés à l’Hôpital-Général de cette ville4.
1. L'Eglise du Canada depuis Mgr de Laval, Ile Partie, p. 158.