‹ Etudes et appréciationsChapitre 114 sur 173 · Deut. XXIV, 14-15. — Cf. Lev. xix, 13 ; tob. iv · texte numérisé non relu

Deut. XXIV, 14-15. — Cf. Lev. xix, 13 ; tob. iv

L'apôtre saint Jacques, dans une apostrophe aux mauvais riches, ne leur reproche pas de louer les services des pauvres, mais de les mal payer. Ce salaire dû aux ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et ce cri a pénétré jusqu^aux oreilles du Seigneur des armées. ^

Sous le régime corporatif du moyen âge, qui groupait dans les différents corps de métier, comme dans autant de familles professionnelles, trois catégories d'hommes, les maîtres, les compagnons et les apprentis, il y avait des salariés, les ouvriers, appelés compagnons, et employés par les maîtres. Il existait donc alors une forme véritable de salariat. Mais ce système régi par des statuts, et assujetti à la loi des jurandes, tribunaux d'arbitrage de l'époque, ne laissait que peu de place aux injustices et aux abus ; et c'est ce qui faisait son mérite et sa gloire.

Léon XIII, dans sa célèbre encyclique Rerum novarum où il témoigne de si hautes sympathies aux salariés, ne proscrit nullement le salariat. Il dit en termes très précis ce que doit être le juste salaire. Il trace aux ouvriers et aux patrons leurs devoirs. Il reconnaît implicitement la légitimité du régime dont il définit les conditions, et sous lequel le capital et le travail, coordonnant leur action, peuvent concourir efficacement à la prospérité économique des peuples.

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