‹ Etudes et appréciationsChapitre 115 sur 173 · Jac. V · texte numérisé non relu

Jac. V

Comment, d'ailleurs, le salariat, considéré en soi et dans ses traits essentiels, ponrrait-il être condamné comme immoral ?

D'une part, il n'est ni inconciliable avec les intérêts de la société que l'on a vu fleurir çà et là sous le patronat chrétien, ^ ni injuste envers les individus dont il respecte le rôle et sauvegarde les droits. " L'homme, ainsi que l'enseigne saint Thomas et toute la philosophie catholique, est maître de ses actes. " ^ Il peut donc disposer librement de son travail, et louer la valeur économique qui y est attachée moyennant une rétribution équitable. '' Cet échange, d'après l'Ange de l'Ecole, fait la matière d'un acte de justice véritable. " ^

D'autre part, le salariat offre aux deux parties contractantes d'incontestables avantages. Les patrons lui sont redevables de cette latitude de moyens et de cette liberté d'action qui amorcent et stimulent leur esprit d'entreprise, et qui assurent très souvent le succès de l'exploitation qu'ils ont conçue et dont ils supportent tous les risques. Les ouvriers, de leur côté, lui doivent l'assurance d'une rémunération fixe, suffisante pour leurs

1. Ch. PÉRiN, De la richesse dans les sociétés chrétiennes, t. m, 1. VI, ch. IX, n. 14.

Page 1