‹ Etudes et appréciationsChapitre 124 sur 173 · Ouv. cit., p · texte numérisé non relu

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qui sont aptes à employer les capitaux, les leurs ou ceux d' autrui, et qui sont aptes à diriger la technique et la main-d'œuvre. "

Il est donc parfaitement juste et absolument raisonnable que le patron qui fonde une industrie et y exerce, par l'emploi des capitaux et la direction du travail, une influence maîtresse, qui rend à l'ouvrier et à la société, par son esprit d'initiative, de très grands services, et sur qui, d'ailleurs, pèsent tous les risques et toutes les responsabilités de r entreprise, prélève pour lui-même ou ses associés, sur les bénéfices perçus, une part bien supérieure à celle de ses employés.

Il est le promoteur de l'affaire, la cause qui Ta mise en marche, et l'âme qui l'actionne ; rien d'étonnant qu'il en soit, si elle réussit, le principal bénéficiaire. Et l'Etat n'a pas le droit, au nom de la justice, de lui dicter des conditions qui le frustrent des profits que son intelligence, son habileté et son expérience, lui ont acquis.

Plusieurs catholiques, sans aller jusqu'à demander que l'on impose de force aux patrons la participation ouvrière, préconisent, nous l'avons dit, comme solution possible et désirable de la crise sociale actuelle, l'association libre.

Le 18 décembre 1892, dans son célèbre dis-

cours de St-Etienne (discours loué par Léon XIII dans une lettre à l'auteur) \ le comte Albert de Mun posait parmi les articles de son programme de réforme sociale ^' la faculté, pour l'ouvrier, de participer aux bénéfices, et même, par la coopération, à la propriété des entreprises auxquelles il concourt par son travail. "

L'an dernier, dans une lettre collective sur ^' les problèmes actuels à la lumière de la doctrine chrétienne " ^, les Evêques de Lombardie, prévoyant le cas '' où les conditions sociales exigeraient une plus large diffusion de la petite propriété et une plus grande participation aux entreprises, " rejetaient sans doute toute violence faite à des droits légitimement acquis, se prononçaient cependant pour un système d'efforts graduels '' tendant à restreindre le plus possible le régime du salariat proprement dit ", et à favoriser le partage du profit des employeurs, avec faculté, pour les employés, '^ de devenir actionnaires ".

Fixons bien les termes et définissons clairement les limites de la discussion présente.

Il ne s'agit point ici, du moins principalement, de cette forme de groupement de producteurs

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