Ces paroles de M. \"euillot sont remarquablement justes
2. La Civiltà cattolica, qui pendant la dernière guerre a fait I preuve d'un si beau courage et d'une si admirable justesse de vues
et à laquelle les hommes et les événements donnent aujourd'hui si hautement raison, dit de son côté (4 fév. 1922) : " Benoît XV sut envisager la politique d'un regard si profond et avec une supériorité si manifeste que les politiciens et les hommes d'Etat en furent abasourdis. Ils n'apercevaient pas le grand secret d'une telle supériorité, cet esprit religieux, ce souffle surnaturel qui animait et soutenait le Saint-Père. Le Pape était l'homme spirituel qui juge tout, et dont les jugements déconcertent les hommes de la matière, les sages du siècle ! Spiritualis autem hidicat omnia (1 Cor. ii, 15). "
présent volume, celui dont notre éminentissime et très vénéré Cardinal -Archevêque, dans une lettre éloquente adressée aux fidèles de son diocèse, nous a laissé l'expression et, en quelque sorte, la formule.^ On relira sans doute avec plaisir cette forte synthèse, si pleine et si juste, de l'œuvre pacificatrice et mondiale du Pape disparu.
Benoît XV est mort dans la soixante-huitième année de son âge et dans la huitième de son règne sur le Siège de Pierre.
Cet événement, à cause de sa soudaineté, et aussi, en raison des circonstances où il se produit, déroute toutes les prévisions et trompe de bien grandes espérances. Il aura, sur toiis les points du globe et au sein de toutes les nations, un profond et douloureux retentissement. Jamais^ peut-être, le monde n^a été plus en état de comprendre que,, dans la personne de ce Roi désarmé et de cet incomparable Prince de la paix, il perd un guide qui faisait luire la lumière dans ses ténèbres et redressait ses voies tortueuses.
Dans Vuniversel désarroi où la guerre jeta les esprits^ parmi le déchaînement des amours-propres blessés, des convoitises allumées et des rancunes provoquées, en face de tant de ruines et sous le coup de tant de douleurs, les peuples ont pu méconnaître la grandeur du rôle tenu par le Pape, au cours de ces heures tragiques. Mais le jour n'a pas tardé à se faire dans la nuit, et les ténèbres ont fini par comprendre la lumière. Et Von a eu ce spectacle, unique y sans doute, dans Vhistoire de VEglise, de voir tous les peuples, nouveaux et anciens, païens et chrétiens, schismatiques ou hérétiques et catholiques, prendre, à tour de rôle, et comme à Venvi, le chemin de Rome et rechercher l'alliance de ce Souverain, qui n'a d'autres instruments de règne que la vérité et la charité.
Quelle opportune et lumineuse leçon comporte ce ralliement qui groupe ainsi toutes les puissances politiques du monde autour de la puissance spirituelle, au lendemain