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LE PAPE ET IxA PAIX ^
T NTERPRÈTE souverain de la pensée chrétienne et vicaire du Prince de la paix, Benoit XV n'a pas dévié du but pacificateur qu'il s'est proposé dès son accession au trône pontifical.
Nous avons dit ailleurs toute la sagesse, toute l'opportunité des efforts qu'il a faits pour mettre fin à l'horrible conflit qui vient de meurtrir les peuples et de bouleverser le monde. Quels malheurs cette intervention, si les chefs d'Etat en avaient tenu compte, eût pu épargner aux nations, même à celles dont elle contrariait davantage les vues ! ^
Depuis que l'armistice a été signé, Benoît XV n'a laissé échapper aucune occasion de prêcher
1. Articles parus dans V Action catholique (jiiil. 1920) et dans YAlmanach de l'Action Sociale Catholique (1921).
2. Voir dans la Croix de Paris (20 mai 1920) un article très significatif de Franc sur la déchéance française et le triomphe judéo-protestant en Palestine. — Cf. Benoît XV, Alloc. consist. du 10 mars 1919 ; Docum. calh. 23 oct. 1920, p. 307.
aux belligérants la réconciliation. Notons en particulier sa lettre aux Evêques d'Allemagne en date du 15 juillet 1919, sa lettre au Cardinal Amette, archevêque de Paris, en date du 7 octobre de la même année, son discours au Sacré-Collège à l'occasion de la dernière fête de Noël.
Ce sujet a paru si grave au Pape, il préoccupe tellement sa conscience de premier pasteur des peuples, qu'il en a fait de plus, il y a quelques semaines, l'objet d'une encyclique solennelle. Document admirable de doctrine évangélique, de charité et de bon sens, et bien propre à convaincre les esprits et à persuader les cœurs.
Le Saint-Père rappelle le précepte de la charité mutuelle imposé à tous par Notre-Seigneur, et promulgué par ses apôtres ; il en montre les conséquences rigoureuses pour les individus et pour les nations.
Mais ce n'est pas seulement la loi divine qui commande aux nations chrétiennes de se regarder d'un œil bienveillant ; l'intérêt, la nécessité, leur en font un devoir.
Il n'y a pas de paix stable, ni de traités durables, en dépit des longues et laborieuses négociations de leurs auteurs et du caractère sacré des signatures échangées, tant qu'une réconciliation inspirée par la charité mutuelle n'apaise point les haines et les inimitiés. ^