Encycl. Pacem, 23 mai
La guerre a amoncelé d'indescriptibles ruines. Comment, sans aide réciproque, les peuples abattus, affamés, décimés, se relèveront-ils d'une pareille misère ?
Jamais, il n'a paru plus nécessaire de dilater sa charité qu'en ces jours où les plus grandes angoisses nous étreignent et nous accablent ; jamais peut-être le genre humain n'eut autant besoin qu'aujourd'hui de cette bonté de tous, née de l'amour d(s autres, pleine de dévouement et de zèle. '
Ces enseignements du Pape répondent à un profond besoin de la conscience chrétienne et de l'humaine nature. Des deux côtés de l'immense fossé creusé par la guerre s'élèvent des voix émues " pour réclamer un rapprochement, sur le terrain économique et commercial sans doute, mais avant tout sur des bases morales et religieuses.
Les nations n'ont pas été créées pour se jalouser et se combattre éternellement. Elles poursuivent une mission temporelle d'ordre et de progrès, subordonnée au salut des âmes et au triomphe de l'Eglise. Le succès de cette mission implique des conditions de paix. Les haines populaires, les compétitions, les révolutions politiques, peuvent bien nimber de gloire humaine quelques têtes ; elles ne sauraient constituer l'état nor-