Règles, d'après la Bulle Misericors, ch. ii, n
2. D'après les anciennes règles, les Frères " ne devaient porter aucune arme offensive, si ce n'est pour la défense de l'Eglise romaine, de la foî catholique, et de leur pays. "
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A peine fondée, cette pieuse institution vit s^engager dans ses rangs, en même temps que des milliers de personnes du peuple et de la classe moyenne, de nombreux dignitaires ecclésiastiques et civils, heureux de fraterniser avec les humbles, et de mettre au service de toutes les bonnes causes, sous les insignes franciscains, leur nom et leur influence.
De saints monarques comme Louis IX, roi de France, et Ferdinand III, roi de Castille, d'illustres femmes comme sainte Elisabeth, reine de Hongrie, et sa nièce, sainte Elisabeth, reine du Portugal, de grands découvreurs comme Christophe Colomb, de vaillants politiques comme Thomas Morus, des princes et des nobles, comme saint Elzéar, saint Roch, et tant d'autres, n'eurent pas honte de s'enrôler dans la milice séculière de saint François, et Dieu sait tous les bienfaits, spirituels et matériels, dont la société leur fut redevable.
Au xiiie siècle, en Italie, écrit un auteur moderne,^ le Tiers-Ordre de saint François agissant de concert avec celui de saint Dominique, refréna les hérétiques qui cherchaient à soulever les milieux populaires et fit échouer les projets impies de l'empereur d Allemagne. Le Saint-Siège lui dut en grande partie le triomphe de ses droits. Aux siècles suivants, le Tiers-Ordre
1. Alph. Germain, L'influence de saint François d'Assise sur la Civilisation et les Arts (3e éd.), pp. 30-31.
franciscain ne cessa de lutter pour l'abolition du servage et l'émancipation des communes. Les oppresseurs féodaux n'eurent pas de plus vigoureux adversaires que lui, le peuple n'eut pas d'ami plus dévoué, plus fidèle. Grâce aux tertiaires, les hôpitaux, les orphelinats se multiplièrent. En France, le Tiers-Ordre combattit énergiquement, au xve siècle, pour l'indépendance nationale, ^ et, au xvie, pour la défense de l'Eglise ; sous Louis XIV, il soutint une lutte plus difficile encore, car il lui fallut faire face à quatre ennemis redoutables : le gallicanisme, l'absolutisme royal, le jansénisme, et le philosophisme. En Angleterre, sous la conduite de Thomas Morus, il présenta une héroïque résistance aux attaques d'Henri VIII et des luthériens.
Touché de l'admirable spectacle de courage chrétien et d'esprit civique qu'offraient les anciens Tertiaires, le souverain Pontife Grégoire IX n'hésita pas à leur décerner l'appellation glorieuse de " soldats du Christ, de nouveaux Machabées." ^
Et cet éloge, déclare Léon XIII, était mérité. Car c'était une grande force pour le bien public que cette association d'hommes guidés par les vertus et les règles de leur fondateur, et qui s'appliquaient de tout
1. Plusieurs prétendent que la grande héroïne qui, par ses vertus viriles et un dessein tout particulier de la Providence, sauva sa patrie de l'invasion étrangère, et que l'Eglise vient de canoniser, sainte Jeanne d'Arc, appartenait au Tiers-Ordre. Les Tertiaires répandus sur le sol de France, lui facilitèrent, sûrement, l'accomplissement de sa mission.
2. Bulle d'approbation du Tiers-Ordre de saint Dominique, dont les paroles s'appliquent très bien au Tiers-Ordre de saint François (Chavin de Malan, Hist. de saint François d* As' sise, ch. x).
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leur pouvoir à faire revivre dans l'Etat rhonnêteté des mœurs chrétiennes. Souvent, en effet, leur intervention et leurs exemples ont servi à apaiser et même à extirper les rivalités de partis, à arracher les armes des mains des furieux, à supprimer les causes de procès et de disputes, à consoler la misère, à réprimer la luxure, i qui dévore les fortunes et corrompt les sociétés. Du Tiers-Ordre franciscain sortent, comme naturellement, la paix des familles, la tranquillité des Etats, Tin tégrité des mœurs, la bienveillance, le bon usage des richesses, la conservation du patrimoine, toutes choses qui constituent les meilleurs gages de bonheur des peuples civilisés ; et c'est à François, en grande I partie, que l'Europe doit d'être demeurée en possession de ces biens. ^
Défenseurs de la foi et de leur patrie, vengeurs du droit et de la morale, libérateurs, pacificateurs : tels sont les principaux titres de gloire que les Tertiaires se sont acquis dans le passé, aux yeux de l'Eglise et des nations.
Notre âge, par certains côtés, ressemble singulièrement aux époques médiévales les plus nombres. ^ Et le besoin, aujourd'hui, n'est pas ïioins grand qu'alors, de chrétiens courageux, le troupes laïques fortement disciplinées dont 'action pacifique et bienfaisante, faite de foi, le vaillance, d'abnégation, de dévouement, pélètre en toutes ses parties le corps social, et le )réserve des pires dangers.