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Motu proprio " Boniim sane ", 25 juillet

aux œuvres de cette charité que la religion inspire, qui a couvert notre sol d'institutions admirables, et qu'aucune initiative légale ne pourra jamais remplacer.

Et par tout cela, messieurs, et par cette façon très haute, dégagée et impartiale, qui est la vôtre, d'envisager et de résoudre nos problèmes nationaux, vous accomplissez une œuvre de vrai patriotisme.

Soulever à tout propos, et sans suffisant motif, des questions de langue et de race, est un procédé blâmable, dangereux. Réclamer bravement son dû, le réclamer, avec un vouloir tenace, de tous les partis, n'a rien que de très honnête et de parfaitement légitime. La paix, on l'a dit souvent après r Esprit-Saint, la paix véritable est le fruit de la justice. Vous travaillez, messieurs, par les moyens qui vous sont propres, à obtenir pour les minorités catholiques de notre pays, et pour tous les groupes franco-canadiens, un régime de justice, d'équité, et de bonne entente. Vous travaillez, par là même, à asseoir sur des fondements durables l'harmonie des races et des provinces dont est faite la nation canadienne.

Et cette nation, dans vos rêves d'avenir, vous la voyez en marche vers des destinées glorieuses.

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Vous la voulez grande, unie, florissante. Vous souhaitez qu'elle se développe dans le sens de son histoire, et que, par une accrue constante de son patrimoine religieux, intellectuel et économique, et par le jeu normal de sa vie, elle groupe dans un sentiment de juste fierté, et autour de ses plus naturelles ambitions, tous ses fils qui lui ont voué leur amour.

Le patriotisme est une vertu que la religion consacre. On le savait, bien avant la glorification de Jeanne d'Arc. Cette illustre libératrice de la France, proclamée sainte par l'Eglise, nous enseigne du haut du ciel, combien les patries terrestres méritent qu'on bataille pour elles, et comme les préférences données à la terre des aïeux sont sacrées.

C'est, messieurs, en vertu de votre double mission, religieuse et patriotique, que vous vous occupez si activement des classes pauvres, et que vous tenez au rang des principaux articles de votre programme l'œuvre de la pacification sociale.

Voilà, certes, une préoccupation bien digne de prêtres zélés, de citoyens attentifs aux moindres désirs de l'Eglise.

Le mot d'ordre des Papes est connu : aller

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au peuple, ^ redresser les idées fausses qu'il peut avoir, F aider à améliorer son sort spirituel et temporel, le sauver du danger des associations neutres par des associations catholiques, ménager, selon les besoins et selon les milieux, entre patrons et ouvriers, des échanges de vues, des rapports et des moyens de contact qui assurent le triomphe pratique des principes et des préceptes sociaux chrétiens.

L'équilibre moral, d'où dépendent l'ordre et la paix de la société, consiste dans un ajustement équitable des droits et des devoirs mutuels. Et cet accord ne saurait s'opérer, ni surtout se maintenir, que par l'influence de deux grandes vertus, la justice et la charité, dont on doit dire qu'elles se complètent l'une l'autre, et que l'une, la charité, selon la belle formule de Léon XIII, '' est comme le couronnement " de l'autre. ^

C'est là, messieurs, je le sais, que tendent vos efforts. Et c'est l'idée qui est au fond du gigantesque travail de formation et d'organisation sociale que vos supérieurs vous ont confié, travail commencé et poursuivi au milieu de difficultés sans nombre, et par lequel vous voulez faire de tous nos ouvriers en même temps que des | fils soumis de l'Eglise, des employés consciencieux, attachés à leurs patrons, dont le labeur

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