‹ Etudes et appréciationsChapitre 79 sur 173 · Encycl. Immortale Dei, 1er nov · texte numérisé non relu

Encycl. Immortale Dei, 1er nov

erreurs et de très graves abus de pouvoir sont à craindre.

L'Etat moderne, par un retour au paganisme, s'ingère dans le régime des familles. Non content de réglementer les effets civils du mariage, il porte la main sur le mariage lui-même pour en rompre, à son gré, le lien. Cet attentat sacrilège est une œuvre de dissolution et de décadence. L'union libre, le mariage civil, le divorce, sont le triomphe de la passion sur la conscience. Que de suites funestes, que de répercussions désastreuses, dans toutes les classes de la société ! La réfection du plan social chrétien exige absolument la restauration de la famille chrétienne. L'anarchie aux rênes flottantes ne sort pas des foyers religieusement constitués. Par contre, les schismes domestiques où s'abîme la famille, entraînent comme fatatalement les dérèglements sociaux où sombre l'ordre, l'autorité, la liberté.

Que devient alors l'éducation des enfants ?

On a souvent dit, on ne répétera jamais assez que l'école, surtout dans nos sociétés démocratiques, joue un rôle exceptionnellement fécond pour le bien ou pour le mal. Plusieurs protestants de bonne foi ont reconnu publiquement l'influence néfaste des écoles sans religion. Or, il est évident et comme passé en axiome, que le meilleur moyen de combattre une idée fausse, consiste à lui opposer une idée vraie. Des idées affreuse-

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ment radicales courent aujourd'hui le monde. C'est l'éducation du peuple, une éducation saine, honnête, religieuse, qui les redressera. L'ordre matériel a pour point d'appui l'ordre moral. Et l'ordre moral lui-même repose essentiellement, indispensablement, sur la science de Dieu et de l'âme, sur une exacte connaissance des droits et des devoirs définis par la loi naturelle où se traduit la loi divine. Il est donc souverainement nécessaire d'avoir partout des écoles confessionnelles, écoles primaires, secondaires, supérieures, où l'enseignement religieux, loin d'être ignoré, occupe une place proportionnée à son importance, et où l'on serve aux esprits l'antidote voulu contre le socialisme et la révolution.

C'est le devoir de l'Etat de favoriser ce genre d'instruction, de laisser du moins aux parents et à l'Eglise pleine liberté d'organiser, selon leurs vœux, l'éducation des enfants. Aucune réforme ne nous paraît plus pressante que celle qui doit orienter, dès l'aube, par les lumières combinées de la raison et de la foi, les jeunes générations, vers un idéal de paix, de vérité, de justice, de religieux espoir.

Malheureusement, la jeunesse, même si elle a gardé dans des écoles honnêtes sa grâce printanière, se voit bientôt sujette aux plus funestes contaminations. Des livres obscènes, des journaux corrupteurs, des affiches immondes, des théâtres

licencieux, des tavernes et des bouges, multipliés dans des proportions effrayantes, créent pour la société un immense péril. Déchaînez, chez l'honame, ses instincts les plus bas : vous perdez prise sur sa raison. Nous sortons d'une guerre qui a dicté aux plus légers des pensées salutaires. Il semblait que, la guerre finie, le devoir prendrait le pas sur le plaisir. N'est-ce pas le contraire que tant de pasteurs déplorent? De quelle terrible responsabilité se chargent les hommes publics qui laissent à la corruption sociale libre cours, lorsqu'ils ne l'activent pas ! Et quel n'est pas l'aveuglement, pour ne pas dire l'insanité, des reconstructeurs du monde qui, dans leurs calculs, n'affectent aucun souci moral, aucune préoccupation religieuse !

La perversion des mœurs mène vite au sabotage des lois.

On a parlé de syndicalisme comme barrière contre le bolchévisme. Il faut distinguer. Les syndicats neutres, amoraux, areligieux, s'ils peuvent provoquer quelques réformes utiles, n'ont pas la vertu qui détruit l'anarchie. Des fissures s'y voient, des brèches s'y produisent, par où le mal les atteint facilement eux-mêmes. Seule l'organisation syndicale, imprégnée d'un esprit véritablement chrétien, offre contre le péril bolchéviste des gages de sécurité. Les leçons d'ordre, de religion, de morale, qui y sont données, gouvernent l'usage des droits, et tempèrent l'empor-

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tement des désirs. Aussi, faut-il souhaiter que les unions catholiques et nationales, déjà nombreuses parmi nous, se répandent de plus en plus.

Notre vie paroissiale si fortement organisée, notre système scolaire, nos institutions, nos pratiques religieuses basées sur des croyances qui ont subi sans fléchir l'épreuve du temps, notre hiérarchie toujours vigilante, nos prêtres toujours dévoués, tout cela fait à notre peuple, parmi les nations modernes, une physionomie à part. Il n'y a que quelques semaines, une revue non catholique ^ saluait dans notre province le boulevard des saines traditions.

Soyons fiers de notre foi, et de la force que nous y trouvons. Gardons-nous, néanmoms, de nous endormir dans une vaine quiétude. Le bolchévisme s'avance, le socialisme lui bat la voie. Pour résister à l'un et à l'autre, ne négligeons ni le concours des lois, ni l'effort économique ; mais ayons soin, surtout, de nous serrer énergiquement autour de l'Eglise du Christ, autour de sa doctrine et de ses sources de vie.

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