‹ Etudes et appréciationsChapitre 8 sur 173 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Benoît XV, au moins, du fond de son palais, ne cesse d'exhorter les peuples, au nom de Notre- Seigneur lui-même, à se réconcilier entre eux et avec l'Eglise. Les dernières paroles de sa lettre du 23 mai résument, d'une façon touchante, sa pensée :

Nous prions, dit-il, tous Nos fils, Nous les supplions de nouveau de s'appliquer à effacer par un oubli volontaire les luttes et les offenses mutuelles, et à s'unir entre eux par les liens sacrés de la charité chrétienne qui n'exclut personne et ne regarde personne comme étranger. Nous supplions toutes les nations d'établir entre elles une vraie paix, inspirée par des sentiments de justice et de bienveillance, et par là même durable. Nous appelons tous les hommes et tous les peuples à se joindre d'esprit et de cœur à l'Eglise catholique et, par elle, au Christ rédempteur du genre himiain.

Fasse le ciel que ce langage apostolique soit entendu ; que les oreilles qui sont restées sourdes lorsqu'il fallait mettre fin à la guerre, sachent enfin s'ouvrir lorsqu'il s'agit d'instaurer le règne de la paix ! Il n'y a de salut, pour la société, que dans l'ordre moral défini par le Pape et représenté par l'Eglise.

Le Chef actuel de l'Eglise aura donc mérité, au plus haut degré, le titre glorieux de Pontife de la paix.

Elu au début d'une guerre effroyable qui, après avoir scindé le monde en deux grandes coalitions adverses, a semé au sein de chaque peuple des germes profonds de dissensions et de haines, il ne s'est pas employé seulement à réconcilier les nations entre elles. Il a travaillé et il travaille sans relâche à éteindre le feu des discordes intestines.

Dès sa première encyclique, Benoît XV signalait ce vif conflit d'intérêts et de convoitises qui menace partout l'ordre public, en même temps qu'il indiquait le moyen d'y porter remède. Dans trois lettres récentes, l'une à l'évêque de Bergame, l'autre à l'épiscopat de la Vénétie, une troisième à tout l'épiscopat catholique concernant le cinquantenaire du patronage de saint Joseph, le pape pose de nouveau les bases de l'unique solution possible et désirable du terrible problème qui agite la société jusqu'en ses fondements.

La question sociale, d'après Benoît XV, ne peut se résoudre que par la reconnaissance de certaines vérités nécessaires, et par l'accomplissement de certains devoirs primordiaux.

Les vérités qu'il faut reconnaître et professer, c'est que " ce n'est pas dans la jouissance des biens terrestres que peut résider la félicité de l'homme ; " ^ que " le bonheur vrai, parfait,

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