PREFACE
à un homme qui a des yeux et une âme, surtout à un chrétien, à un prêtre, de voir sans un peu de colère et sans beaucoup de chagrin, des génies comblés des biens de DlEU, gaspiller ces dons admirables, jeter ces richesses au vent d'orage, les user à salir les esprits, à les égarer, à les perdre. Tel est le cas et le malheur de presque tous nos grands hommes. Aucun siècle n'a charrié dans les torrents de sa littérature plus d'or, plus de sable, plus de boue. Il faut secouer le sable au crible ; il faut crier aux passants : Prenez garde à cette boue qui déborde. C'est le droit du critique, son devoir, sa gloire. Boileau appelait bravement un chat un chat et Rolet un fripon ; appelons certains grands hommes de bien pauvres gens ; et osons affirmer que certaines de leurs œuvres sont des attentats au bon sens, au bon goût, aux bonnes mœurs, à tout ce qui est bon et vraiment beau :
... A tout ce que j'honore ils ont trop insulté ; Contre Dieu, le bon sens, la grammaire et l'Église, Ils ont trop à leur aise étalé leur sottise, Trop menti, trop fourbi le sophisme insolent, Trop abusé du vice et parfois du talent ... (')
Voilà ce qu'il importait de dire ; je l'ai fait de mon mieux ! Excusez, s'il vous plaît, les fautes de l'auteur.