volumes, collection Hetzel
uns — c'est le petit nombre — sont tout entiers à la louange, à l'apologie, à l'enthousiasme haletant. Soit conviction, soit entraînement, soit reconnaissance, soit tout autre sentiment, celui, par exemple, de « l'effroi sacré » qui émeut M. Leconte de Lisle, ces « admirarateurs, loueurs et flatteurs endurcis (') » applaudissent tout, à tout rompre, comme les spectateurs chevelus d'Hernani, comme Th. Gautier, Gérard de Nerval, ou Petrus Borel. Ils aiment Hugo, comme Montaigne aimait Paris, <l jusque dans ses verrues » ; ils l'aiment surtout pour ses verrues ; ils osent comparer les élucubrations de « sa vieillesse vénérable, apaisée et souriante (2) » à « l'éclat brûlant », au « fracas majestueux d'une éruption volcanique » ; V. Hugo mourant, c'est, ne plus ne moins, le Momotombo (3) qui s'endort.
D'aucuns, tout en criant Bravo ! se donnent le temps de reprendre haleine, et de glisser quelques restrictions entre deux ou plusieurs vivats ; d'autres, les plus considérables, font, sans trop de façons, la double partie des Deux Voix venues des Deux Iles (4), l'une qui commence par « Gloire ! » l'autre par « Honte ! » A l'encontre de ceux qui se complaisent « dans l'aveuglement de leur hugolâtrie (s) y>, ils n'admettent point comme un axiome indiscutable le précepte de Hugo : « Le génie... il faut l'admirer comme une brute ! » ; respectant trop pour cela le génie, leurs lecteurs et eux-mêmes.
Une analyse calme de toutes ces critiques pour et
1. M. Ferdinand Brunetière, Rev. des Deux- Mondes, Ier mai 18S3.