Jbid., p
(2e Lcg), et il en apprend des choses surprenantes, noires, puériles, absurdes.
Voilà pour la méthode ordinaire. Mais depuis les Feuilles d'Automne jusqu'à la Fin de Satan, son Pégase « mis au vert » l'a emporté au milieu des buissons de tous les systèmes, où le poète a laissé quelque chose de son esprit. L'orgueil a banni de son âme la foi chrétienne, dont, malgré lui, il garde certains souvenirs, quelques aspirations peut-être :
Nous portons dans nos cœurs le cadavre pourri De la religion qui vivait dans nos pères. (*)
De là, il tond de sa large langue le pré plus ou moins touffu des philosophies allemandes, grecques ou autres quelconques. Nous nous bornons à une simple liste, le sujet ne réclamant pas davantage.
i° Le déisme. Ses prôneurs les plus honnêtes lui font une grande gloire d'avoir jusqu'à la fin cru en Dieu (2) ; il est certain qu'il nomme Dieu partout, à tout propos, hors de tout propos ; mais en quel Dieu a-t-iî mis sa foi ? En son DIEU à lui, qu'il s'est fabriqué à son image, à son goût, pour lui seul :
Mon Dieu n'est ni païen, ni chrétien, ni biblique. (3)
Si Dieu n'existait pas, disait Voltaire, il faudrait l'inventer ; V. Hugo dit autrement : Chaque individu doit « faire comme Prométhée et comme Adam, conquérir son propre mystère et voler son DlEU if) » ; Il
1. Chants du crépuscule. — Ce qui est « pourri », ô poète, n'est-ce pas plutôt le cœur ?
2. « Il a cru en DlEU jusqu'à la fin, obstinément, malgré son parti, ce qui lui fait honneur. » (E. Faguet, p. 189.)