‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 88 sur 140 · Cf. Victor Pavie, sa jeunesse, etc., 1887, p · texte numérisé non relu

Cf. Victor Pavie, sa jeunesse, etc., 1887, p

de soin, de courage et de talent que M. Edmond Biré. Dans un premier travail, il avait suivi pas à pas Y enfant sublime, de 1802 à 1830, des vagissements poétiques à Hcrnani ('). Tous les gens sincères et impartiaux remercieront M. Biré d'avoir continué en toute science et conscience sa tâche laborieuse et lumineuse, de 1830 à 185 1 (2) ; d'avoir accompagné V. Hugo à travers toutes les antichambres jusque sur le chemin de Bruxelles et de Jersey. Espérons qu'il ira jusqu'au bout ; qu'il visitera Marine-Terrace, Hauteville-House, l'avenue d'Eylau ; que cet agréable mais impitoyable justicier ne lâchera pas l'auteur de YAne, avant la dernière et lugubre mascarade, de l'Arc de Triomphe au Panthéon — et cela, en dépit des clameurs plus ou moins homériques de la meute hugolâtre (3).

La dernière publication de M. Biré a déjà reçu en effet la plus honorable des récompenses ; elle a été saluée des hurlements frénétiques de la presse boulevardière, radicale, opportuniste et pornographique : Figaro, le XIXe Siècle, le Gil-Blas, Injustice, Y Écho de Paris... On a même entendu naguère le correspondant d'un journal catholique déclarer que si l'on touche à la vie privée ou publique de Hugo, on commet un grand crime, par la raison que Hugo fut inspiré du Saint- Esprit (sic).

Quel concert, grands Dieux ! Le plus petit document authentique, le moindre rayon de vérité, produit sur certaines natures des effets comparables à ceux de la

1. Victor Hugo avant l8jo. Paris, J. Gervais, Emile Grimaud ; 2e édition, 1883.

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