‹ Études et croquis. --Chapitre 5 sur 27 · LES ENFANTS DE CHŒUR AUX CRÈCHES DE NOËL · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DE CHŒUR AUX CRÈCHES DE NOËL

Il faut des anges au berceau de Jésus. Il y en avait à Bethléem, dans le ciel, au dessus des collines. Ces anges éclatants de lumière emplissaient d'aurore la nuit froide, et ils annonçaient aux bergers la naissance de l’Enfant; et ils chantaient : < Gloire à Dieu au plus haut des deux ; Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. >

Les anges reviennent-ils près des crèches de Noël ? Oui, sans doute. Et ils y continuent leur cantique de Bethléem. Mais on ne les voit plus : ils sont invisibles à nos regards . . . On ne les entend plus : ils chantent pour les concerts du ciel.

Cependant, petits enfants, je sais, autour des crèches de nos églises, des anges que l'on

voit encore et des anges que l’on entend. Ils prennent des formes gracieuses et souriantes; ils sont vêtus de blanc: ils ont des yeux clairs et vifs: et parfois des boucles blondes ou noires encadrent leurs petites têtes mobiles. Ils prient avec des mains jointes sur leurs petits cœurs fervents: et ils chantent dans la nuit des airs joyeux. Je les connais ces petits anges de la terre qui tournent autour des crèches de Noël; vous les connaissez bien, vous aussi, chers enfants de chœur, puisque c’est vousmêmes. Vous devez être bien heureux de prendre tout près du petit Enfant Jésus la place des anges du ciel !

Vos parents assemblés dans la nef du temple, et qui vous voient, sur la colline du sanctuaire, vêtus de blanc, avec des têtes blondes ou noires, et qui vous entendent chanter la Nouvelle agréable, songent aux autres anges qui apparurent aux bergers, et ils écoutent, tout attendris, vos doux cantiques. Chantez, enfants ! Par vos voix fraîches et sonores passe l’adoration de vos âmes candides: et cette harmonie qui vient de vos prières et qui enveloppe nos crèches, monte jusqu’à Dieu.

CROQUIS

Et puis approchez, approchez tous près de l’Enfant qui vous appelle. Écoutez les paroles — car il parle cet Enfant-Dieu, il parle au cœur des petits et des grands — écoutez les paroles qui semblent passer par ses lèvres roses. Quelles leçons II vous donne, et que vous devez bien apprendre ! Il vous dit d'abord qu’il faut être obéissants, obéissants comme lui, et que c’est une grande sécurité pour les enfants que de bien obéir à leurs parents. Leurs parents ne sont-ils pas près d’eux la Providence qui les aime, et qui les protège ? Il vous dit aussi qu’il s’est fait humble pour vous préserver de l’orgueil; et que si plus tard vous avez à pâtir et à pleurer, vous devez vous souvenir que Lui-même a pleuré et souffert sur la paille rude de son berceau. Il vous dit encore que le bonheur n’est pas dans le péché, que la vie n’est pas une course au plaisir, puisque sa joie à Lui est d’être pur, et que sa vie le doit conduire jusqu’à la Croix. Si vous êtes pauvres, sans gîte et sans feu. Il vous montre sa crèche misérable, et l’âne et le bœuf qui seuls réchauffent ses petits bras grelottants.

Enfants, recueillez ces leçons; gardez-les dans vos mémoires tendres; un jour elles consoleront votre vie.

Et quand Noël aura passé avec sa nuit peuplée de rêves et d’espoirs, avec ses arbres chargés de jouets et de tendresses, souvenez-vous, ô enfants qui habitez les sanctuaires, que chaque matin à l’autel de la messe que vous servez, Jésus vient encore au monde, entre les mains du prêtre, sur la nappe blanche où repose l’hostie. Soyez près de cet autre berceau les anges qui adorent et qui prient. Aimez à servir la messe pour assister à ces Noëls eucharistiques, et pour tendre vers l’Enfant vos mains jointes et suppliantes.

Songez aussi que Jésus qui naît sur l’autel, se retrouve, là, au pied de la croix. Sa vie y recommence sous l’image de sa mort. Et la messe ne finira pas sans que l’Enfant s’immole et consomme le sacrifice. Toute l'histoire de Jésus est là ramassée, condensée en des minutes adorables dont vous ne devez perdre aucune. Mais avant que Jésus disparaisse, entendez-lc qui vous invite à lui ouvrir votre cœur. C’est dans votre cœur qu’il veut chaque matin

CROQUIS

refaire son berceau. Communiez, enfants des sanctuaires. La communion, c'est le baiser tendre que vous donne Jésus; c'est la caresse très pure que vous offrirez à son amour.

Les anges de Bethléem ne purent qu'adorer et chanter sur la colline; cette nuit, petits enfants privilégiés, vous pourrez prendre et garder dans votre cœur Jésus aimable; vous l'emporterez avec vous dans vos chambres recueillies; et Lui, le Dieu très saint et très bon. Il bénira votre sommeil, et, dans vos têtes blondes ou noires, il mettra des visions d’anges, des pensées divines et des rêves d’or.

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