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À L’ÉGLISE SAINT-VALÉRIEN DE CHÀTMUDUN

Les statues et images de la sainte Vierge, enceinte d une manière apparente de l’Enfant Jésus, sont relativement nombreuses*1); plus rares celles de sainte Anne enceinte de la Vierge Marie. M. Cloquet, dans ses Eléments d' iconographie chrétienne *'2), en signale cependant deux exemplaires dans l’église Saint-Etienne de Beauvais, l’un en sculpture sur bois*3), l’autre en peinture*'1). Nous en avons trouvé

<» M. F ranz Cnmon en a donné une énumération assez complète dans le Bulletin archéologique de l’année i 8 Q G , p. 9, note 1.

Lille, 1890, p. 109 cl îho.

*3) Le premier paraît plus qu’incertain. M. l'abbé Marsan, vicaire général de Ileauvais, nous écrit : crJe ne connais pas de statue ni de sculpture en bois relative à sainte Anne, dans l’église Saint-Etienne. M. Cloquet a été induit en erreur; si le monument a existé, il a disparu il y a bien longtemps, car je ne l’ai jamais vu.»

W En voici la description par M. Marsau : tt Au centre du tableau, sainte Anne; sur son sein, une petite figure nue, les mains jointes, dans une auréole d’or. A droite (la droite liturgique), Joachim à genoux; à gauche, David à genoux, couronné, tenant en main sa harpe; dans le haut, le Père Eternel en chape et en tiare. La scène se passe dans une enceinte crénelée, comme VHortus conclusus. Joachim et sainte Anne sont nimbés. Tous les personnages ont un phylactère qui sort de leur bouche, portant une légende. Sur la banderole du Père Eternel, on lit : trTota pulchra es, arnica mea, et macula non est in le» (Gant. îv, 7); sur celle de David : cQuirretur peccatum illius et non invenietur» ( Ps. x, i5); sur celle de Joachim : trProgreditur quasi aurora consurgens» (Gant, v 1 , 9); sur celle d’Anne : ttFructus mei honoris et honestatis» ( Eccl . xxiv, 2 3 ). Enfin sur le phylactère de Marie, on lit : ttQui élucidant me, vitam æternam habebunl» (Eccl. xxiv, il 1). Toutes les inscriptions sont d’écriture gothique, le sujet est naïf. On n’a pas photographié les peintures sur bois de Saint-htienne , qui sont d’ailleurs en mau-

M. Mêlais. 1 .

deux autres exemplaires dans le département d’Eure-et-Loir, parfaitement conservés et d’un intérêt iconographique tout spécial.

Le premier est une statue de bois jadis exposée dans l’e'glise de Boissy-le-Sec, et aujourd’hui déposée dans le musée de M. l’abbé Dubois, curé de Notre-Dame de Verneuil (Eure).

Sainte Anne est représentée debout; un grand voile lui couvre la tête, retombe sur les épaules et l’enveloppe tout entière. Elle a les mains jointes b), les yeux baissés dans une posture d’adoration. En effet, elle porte sur le sein une figurine nue, issante d’une gloire rayonnante. Le tronc seul de l’enfant apparaît, bien proportionné dans toutes ses parties, la tête couverte de longs cheveux dont les tresses abondantes retombent sur les épaules et jusque sur les flancs. La main gauche est repliée sur la poitrine, mais la main droite se lève dans un geste gracieux, comme pour exprimer un sentiment de joie, d’admiration et de triomphe. Marie paraît chanter le Magnificat, parce qu’en elle le Tout-Puissant a opéré de grandes choses. En effet, malgré la crudité du détail , il faut observer que l’enfant n’est pas à l’état d’embryon inerte, mais qu’elle est animée, intelligente, à l’état de jeune fille adulte et nubile. La poitrine est parfaitement formée et les lignes accentuées du ventre semblent faire croire que déjà la prophétie d’Isaïe : Ecce virgo concipiet et pariet flium, est en voie de réalisation

Cette interprétation nous aurait peut-être paru trop risquée, si un autre témoignage n’était venu la confirmer d’une manière catégorique.

Il y a quelques années, en 1899, en examinant de près les vitraux qui garnissent la fenêtre du chevet de l’église Saint-Valérien de Châteaudun, au-dessus du maître-autel, il nous fut aisé de reconnaître une image de sainte Anne offrant les mêmes particularités symboliques, et nous en avons dès lors signalé l’intérêt à la Société dunoise.

Ces vitraux proviennent, nous dit la tradition locale, de l’ancienne abbaye de femmes de Sainl-Avit, près de Châteaudun. A la Révolution, ils furent transportés à Saint-Valérien et adaptés aux

vais état et qui vont malheureusement en s’écaillant lous les jours: celle en question est une des mieux conservées.»

Ces mains ont été refaites assez maladroitement.

Les deux figurines qui sont aux pieds de la statue de sainte Anne ne font point partie du monument.

fenêlres où ils se trouvent aujourd’hui. Il fut nécessaire pour cela de les mutiler à peu près dans tous les sens, en largeur et en hauteur. Les traces de ces lâcheuses amputations sont trop apparentes. Signalons tout de suite les deux statues placées au sommet du vitrail sur deux colonnes et dont la tête et les épaules ont été enlevées. De plus, ces vitres n’étaient point dans des baies amorties en arc brisé, mais dans des fenêtres rectangulaires ou du moins terminées en anse de panier. En effet, à gauche età droite, les premières et dernières lettres d’une inscription ont été coupées par la nouvelle ligne arquée des fenêtres actuelles, les chapiteaux des colonnes supportant les linteaux; les ornementations de ceux-ci sont également entamées; leur achèvement nécessiterait une ligne droite presque jusqu’au sommet. (PI. XLV.)

D’ailleurs, les ornements architecturaux sont uniformément de style Renaissance ou classique; aussi l’ablation des meneaux a transformé, dans cette fenêtre comme dans les deux autres, les pleins cintres en arcs brisés.

A celte première mutilation est venue s’ajouter le désastre du bombardement de 1870; plusieurs fragments des vitres sont tombés et un boulet a même enlevé tout un panneau de la baie de droite.

Le conseil de fabrique de Saint-Valérien, sur l’initiative de M. le curé, en a décidé la restauration au commencement de la présente année. Le travail lutconfiéà M. Lorin , peintre verrier à Chartres. Cet artiste s’est acquitté de sa mission avec un soin minutieux et un succès qui défie toute critique. L’œil le plus exercé n’y peut relever la moindre différence de nuances ni une fausse interprétation dans les parties refaites ou suppléées. Les raccords disparaissent et les vitraux revivent dans leur état primitif.

Ces verrières méritent d’ailleurs à tout point de vue les soins attentifs qui leur ont été donnés, car elles sont de la meilleure époque de la Renaissance. Le dessin d’une grande pureté de lignes, la grâce et le naturel des poses et des gestes, l’ampleur des vêtements, la richesse du coloris, la beauté et le fini des figures, enfin l’agencement des scènes révèlent un artiste d’un talent incontestable.

La baie consacrée à sainte Anne est celle du milieu. Elle mesure 3 m. ko de hauteur et 1 m. 20 de largeur. Elle se compose de deux scènes bien distinctes, la première dans la partie supérieure et la deuxième dans la partie inférieure.

Première partie. (PI. XL1II.)— Au centre, dans l'embrasure d’une porte monumentale, primitivement amortie en plein cintre, et actuellement par l’ablation du meneau, en arc légèrement brisé, on aperçoit un vénérable vieillard à barbe blanche, à genoux, les mains jointes, en adoration devant un ange qui lui apparaît dans les airs. Cetange est d’un jaune vert, par application du jaune à l’argent sur le fond bleu du ciel. Le vieillard est évidemment saint Joachim à qui l’ange annonce que ses vœux vont être exaucés. Son habit est bleu avec manches bouffantes au poignet, par-dessus un ample manteau rouge et sur la tête un chapeau jaune doré à large rebord. Selon la légende des Evangiles apocryphes, Joachim garde son troupeau de moutons qui paît à ses pieds, tandis qu’un bélier s’égare sur le sommet d’une colline abrupte. Dans le lointain, un château fort à tourelles, et, à droite, une ville avec ses multiples clochers.

Le patriarche obéit à sa vision : il se dirige vers Jérusalem et arrive à la porte Dorée où il rencontre son épouse Anne, attirée par une visiorr identique.

La porte dorée est de style grec, d’ordre corinthien; quatre colonnes supportent un double linteau; sur le premier se lisait une inscription tronquée : [SOjLLDEO HONOR (l’r dans l’o) [E]T GL1A : Soli Deo honor et gloria (I Tim., 1, 17). Des têtes de lions ornent cet entablement ainsi que les chapiteaux des colonnes. Le bandeau supérieur est enrichi de rinceaux finement dessinés; sur les chapiteaux, les deux statues tronquées, signalées plus haut; aux pieds de l’une d’elles est une tête de mort; enfin, entre les deux statues, une scène de débauche que notre plume se refuse à décrire.

Revenons à la rencontre de saint Joachim et de sainte Anne.

Celle-ci est vêtue d’un grand manteau bleu à doublure verte, avec une bordure d’or semée de cercles; aux pieds, des chaussures d'un rose violet. Un grand voile blanc bordé d’or retombe de la tête sur les épaules; le chapeau est à bourrelet en forme de turban, surmonté d’une coiffe rouge et d’une auréole d’or bruni. Les traits du visage, réguliers, d’une très grande douceur et d’une réelle beauté, sont loin d’accuser un âge avancé.

Saint Joachim, au contraire, a les traits plus accentués du vieillard ; sa barbe est blanche et touffue. Le chapeau à large rebord bleu, avec une coiffe pointue couleur rose et des oreillères d'or, est

surmonté d’une auréole verte à rayons en forme de flammes partant du centre. Le vêtement est conforme à celui du premier tableau , mais on distingue mieux sur les épaules le mantelet de couleur jaune foncé et damassé; enfin le long manteau rouge laisse à découvert les jambières à dessins d’or, serrées à la cheville par une riche bordure jaune.

Le fond du tableau est bistre avec entrelacs et rinceaux fleuris, style Renaissance. Le terrain, divisé en morceaux de teintes jaunes et vertes à nuances variées, est semé de fleurs multicolores.

Le troisième tableau, sur un fond identique, mais animé à droite par la figure bien dessinée d’un ange ailé, représente sainte Anne, vue de face, vêtue comme ci-dessus, sauf la bordure du manteau, devenue verte par l’application directe du jaune à l’argent sur l’émail bleu du vêtement. Les mains jointes sortent d’une ruche blanche finement plisse'e.

Sainte Anne semble adorer l’enfant qu’elle porte sur son sein, le tronc nu issant d’une gloire d’or à rayons flamboyants, la tête entourée d’une auréole d’or et couverte de longs cheveux d’un blond doré retombant en tresses soyeuses sur les épaules. Marie a les yeux baissés et les mains jointes dans la posture de la prière et de

l’adoration (b.

Là, comme dans la statue ci-dessus décrite, l’enfant de sainte Anne n’est plus à l’étal embryonnaire; c’est, la jeune fille déjà formée. Les contours accentués de la poitrine et du ventre doivent avoir une signification trop réaliste peut-être, mais d’un symbolisme élevé.

Marie, dans le concept divin, devait jouir, dès le premier instant de son existence, des privilèges inhérents à sa maternité. Elle est sainte et immaculée, c’est pourquoi elle porte l’auréole et est entourée d’une gloire toute céleste comme d’un vêtement; sa maternité est toute surnaturelle et divine, et elle adore déjà celui qui s’incarnera dans son sein. Aussi l’artiste lui a-t-il attribué déjà les marques caractéristiques de ces deux admirables privilèges.

Ce double symbolisme est d’autant plus probable que, dans le tableau suivant, Marie est représentée à l’état d’enfant naissant, sans aucun des détails spéciaux que nous venons de signaler. Celte

(1' Sainte Anne a o ni. 98 de haut avec l'auréole; la figurine de ta sainte Vierge mesure o m. 1 9 et, o m. 35 avec la gloire.

opposition voulue, calculée par le peintre, avait un but évident : affirmer la conception immaculée et la maternité absolument divine de Marie. Les novateurs de la Réforme mettaient en doute ces privilèges; aussi les théologiens catholiques ne perdaient aucune occasion de les affirmer avec plus d’ardeur que jamais.

Deuxieme partie. ( PI. XLIV.) — - La deuxième partie du vitrail qui nous reste à décrire est plus connue.

L’église de Cour-sur-Loire (Loir-et-Cher) en possède un qui a des similitudes frappantes avec le nôtre. La comparaison sera facile, grâce à la reproduction en héliogravure publiée par M. Jules Roussel (P.

Ces deux vitraux représentent la naissance de la sainte Vierge, mais dans un sens inverse. Dans le nôtre, sainte Anne, couchée dans son lit, est à droite; à Cour, elle est à gauche.

La scène se passe dans une grande salle dont l’atrium est supporté par des colonnes grecques de marbre rose. Par la porte d’entrée, surmontée d’un fronton triangulaire, on aperçoit un paysage verdoyant très éloigné, tandis qu’une femme en franchit le seuil tenant un plateau et un vase dans ses mains. Devant elle, une autre visiteuse, suivie de son enfant, porte sur la tête un panier contenant trois colombes; une troisième, tenant aussi à la main une colombe, s’approche du lit où repose l’accouchée. Celle-ci l’eçoit déjà le baiser d’une amie, première arrivée, tandis que, de l’autre côté, une autre femme, portant une aiguière de la main gauche, offre de la main droite des fruits, poires et pommes, disposés sur un plateau.

Sainte Anne, la tête entourée d’une auréole bleue, est vêtue d’une camisole rouge, les épaules couvertes d’un capulet blanc, laissant paraître un bandeau de cheveux d’or.

Le lit sur lequel elle repose est à baldaquin; la couverture est verte, damassée ainsi que les rideaux. Ceux-ci sont relevés par des angelots aux ailes rouges et violettes.

Le ciel de lit est entouré d’une bordure rouge ornée de rinceaux d’or, obtenus par l’application du jaune à l’argent et par une gravure en creux faite à la meule, et non à l’acide, enlevant au verre

M Jules Roussel, Les Vitraux, extraits des Archives du Ministère de l’instruction publique et des beaux-arts . pl. 85.

son émail rouge et le tiers de son épaisseur. A cette bordure sont attachés des pendentifs ou lambrequins d’or, ornés de figurines et de dessins variés, la pointe terminée par un gland rouge.

Aux pieds du lit, une nourrice donne à un enfant le sein que lui envie son aîné debout près d’elle.

En avant, à gauche de la salle, trois femmes procèdent à la purification, dans un bassin d’or, de l’enfant nouveau-né, dont la tête est surmontée d’une auréole bleue. L’une d’elles lient à la main droite une bandelette roulée et à la main gauche une aiguière ornée de fines arabesques. Enfin une quatrième femme fait sécher les langes à une cheminée dont le linteau était enrichi de sculptures.

Le vitrail de Cour-sur-Loire olfre avec celui-ci les plus grandes analogies : sainte Anne en son lit, la purification de l’enfant sont pour ainsi dire identiques et semblent copiés l’un sur l’autre. Mais la verrière de Cour étant plus large, l’artiste y a ajouté quelques personnages : saint Joachim avec le chat et le chien de la maison remplace la nourrice et ses deux enfants; la femme apportant les trois colombes est remplacée par une soubrette tenant un berceau; enfin la cheminée est plus vaste et deux autres chambrières présentent les langes déjà séchés.

Ces deux œuvres pourraient être attribuées sans crainte d’erreur au même artiste que rien, malheureusement , ne nous fait connaître. Il était donc permis à M. Lorin d’emprunter à ce dernier les détails qui faisaient défaut dans le nôtre et de donner à la femme qui lave l’enfant dans le bassin le même profil de tête et la même expression.

L’histoire de sainte Anne se continue dans la baie de gauche. L’heureuse mère, toujours habillée comme ci-dessus, et son époux viennent dans le temple rendre grâce à Dieu et accomplir la cérémonie de la purification. En effet, celui-ci porte un agneau qu’il offre au gi’and prêtre. Le baldaquin qui protège l’autel et les jambières de Joachim sont ornées d’arabesques d’or gravées à la roue dans l’émail rouge du verre par l’application du jaune à l’argent. Au-dessus du grand prêtre, Moïse, reconnaissable aux cornes de son front, tient deux tables de la loi sur lesquelles on lit l’inscription suivante en caractères gothiques : trTu adorera le seignür tô dieu et a celuy seul tu seruiras». ( Deut ., chap. vi, i3.)

Nous devons signaler au premier plan une colonne ronde d'ordre ionique, ornée d’arabesques. Sur le piédestal, l'artiste a peint le

meurtre d’Abel par Caïn. Au milieu de la colonne est dessine' un écusson sans couleurs héraldiques, ayant comme pièces deux pelles de boulanger posées en pal, chargées toutes les deux de deux pains ronds. Ce sont là évidemment les armes du donateur que l’avenir nous fera peut-être connaître (b.

Dans une récente visite (20 août 1908) à l’église Saint-Ouen de Rouen, nous avons remarqué une représentation de la légende de sainte Anne, ayant avec celle de Chàteaudun de grandes analogies.

C’est un vitrail portant la date de i5ào, restauré en 1 8 5 2 , par la maison Bernard, de Rouen, ainsi que les cinq verrières voisines, il occupe, dans le bas côté droit (côté de l’Epîlre), la septième fenêtre, divisée en cinq parties par des meneaux; les personnages sont surmontés de dômes d’architecture flamboyante. Le restaurateur en a interverti l’ordre; la cinquième scène est devenue la première et représente saint Joachim et sainte Anne devant le grand prêtre, rendant grâces à Dieu.

Au premier plan de la deuxième, sainte Anne, auréolée, assise, vêtue d’une robe rouge et par-dessus d’un manteau bleu, reçoit la vision d’un ange blanc aux ailes rouges; au-dessus, dans un lointain bien ménagé, saint Joachim, couché au milieu de son troupeau, a de même la vision d’un ange aux ailes d’or.

Dans la troisième, rencontre de saint Joachim et de sainte Anne devant la Porte-Dorée.

La quatrième scène nous montre sainte Anne debout, vêtue

0) Au-dessus de cette scène, dans la même baie, est représenté le martyre de sainte Marguerite. La sainte est placée à gauche sur son dragon, et à droite a la tète tranchée par le bourreau.

La baie de droite est divisée également en deux parties; en bas, l’élection de saint Nicolas, archevêque de Myre, également d’uu bon artiste du xvi' siècle.

La partie supérieure, moins bonne comme dessin et comme coloris, figure deux personnages sous un cloître. A gauche, un homme avec sa barbe, les che- \ciix courts, les pieds nus, écrit sur une banderolle. Un lion, mal dessiné, est couché à ses pieds. Devant lui, un second personnage, imberbe, mais les cheveux rasés, sauf la couronne de la tonsure, le cou découvert, vêtu de bure noire très ample, serrée à la ceinture avec un voile tombant de la tête sur les épaules, sans doute une religieuse, lient un livre entre ses mains et semble parler au premier personnage. Ni l’un ni l’autre n’ont l’auréole. Ce n’est donc pas une scène de la Vie des Saints, mais plutôt la représentation delà fondation de l’abbaye. Les religieuses recevaient aussi la tonsure. — Voir dans le Bréviaire la légende de sainte Claire : tr Clara. . . a bealo Francisco recepta tonsurav.

comme ci-dessus, les mains jointes dans l’altitude de l’adoration, portant sur le sein, dans une gloire rayonnante d’or, une figurine nue, les mains jointes, de longs cheveux blonds retombant sur les épaules. La petitesse de l’enfant ne nous a pas permis d’observer les détails complémentaires.

En dernier lieu, la naissance de la sainte Vierge. Anne est couchée dans un lit à colonnes, garni de rideaux verts et d’un ciel à franges bleues. Une servante lui donne ses soins; Joachim est assis à droite. En avant, deux femmes tiennent Marie, quelles viennent de laver dans le bassin d’or déposé à leurs pieds; l’enfant nouveauné lève le bras droit et semble leur parler.

La même idée dogmatique a certainement inspiré l’auteur de cette vitre, que sa disposition a rendue moins artistique et dont le symbolisme, peut-être moins apparent, n’a pas été signalé, si nous en croyons le témoignage autorisé qu’a bien voulu nous donner M. de Beaurepaire. archiviste de la Seine-Inférieure.

ÉGLISE SAINT- VALÉRIEN DE CHATEAUDUN VITRAIL DE SAINTE ANNE (Partie supérieure.)

Bulletin Archéologique, 1903.

PI. XLIII, p. 517

l’Imlolypifi P.orlliaïul, Paris

Bulletin Archéologique, 1903.

PI. XUV, p. 520

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