‹ Études et documentsChapitre 35 sur 54 · PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ DUNOISE · texte numérisé non relu

PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ DUNOISE

Bulletins. — Tome Ier, comprenant les bulletins nos 1 à 8 (années 1864 à 1869), volume in-8°, avec planches. — Prix : 8 francs (Epuisé).

— Tome II, comprenant les bulletins n»s 9 à 23 (années 1870 à 1874),

volume in-8°, avec planches. — Prix : 8 francs (Epuisé).

— Tome 111, comprenant les bulletins n°s 24 à 47 (années 1875 à 1880),

volume in -8», avec planches. — Prix : 8 francs (Epuisé).

— Tome IV, comprenant les bulletins n»s 48 à 63 (années 1881 à 1884),

volume in-8°, avec planches. — Prix : 8 francs.

— Tome V, comprenant les bulletins nos 64 à 75 (années 1885 à 1887),

volume in-8°, avec planches — Prix : 8 francs.

— Tome VI, comprenant les bulletins nos 76 à 86 (années 1888 à 1890), volume in-8°, avec planches. — Prix : 8 fr.

— Tome VII, comprenant les bulletins nos 87 à 98 (années 1891 à 1893),

volume in-8u, avec planches. — Prix : 8 fr.

— Tome VIII, comprenant les bulletins nos 99 à 109 (années 1894 à 1896),

volume in-8°, avec planches. — Prix : 8 fr.

— Tome IX. comprenant les bulletins n«s 110 à 124 (années 1897 à 1900),

volume in-8°, avec planches. — Prix : 8 fr.

— Tome X, comprenant les bulletins n°s 125 à 140 (années 1901 à 1904),

volume in-8°, avec planches. — Prix : 8 fr.

Prix de chaque numéro du bulletin, pris séparément : 1 fr. 50 ; pour les sociétaires, 0 fr. 75.

Cartulaire de Marmoutier pour le Danois , publié par M. Ém. Mabili.e, sous les auspices de la Société Dunoise. — Un volume in-8° ; prix : 7 francs.

Histoire sommaire du Danois, de ses comtes et de su capitale, suivie de la Chorographie du Danois, ou notice des villes, bourgs, fiefs, justices, châteaux, maisons de campagne un peu considérables qui y sont renfermés , par l’abbé Bordas. — 2 volumes in-8° avec une carte du Comté de Dunois et un plan de ia ville de Ghàteaudun avant et après l’incendie de 1723; prix : 16 fr.

UN

VITRAIL DE SAINTE-ANNE

DU XVIe SIÈCLE

À l’église saint-valérien de chateaudun

Les statues et images de la sainte Vierge, enceinte d’une manière apparente de l’Enfant Jésus, sont relativement nombreuses (1) ; plus rares celles de sainte Anne enceinte de la Vierge Marie. M. Cloquet, dans ses Éléments d’ iconographie chrétienne (2), en signale cependant deux exemplaires dans l’église de Saint-Étienne de Beauvais, l’un en sculpture sur bois (3), l’autre en peinture (4). Nous en avons trouvé deux autres exemplaires dans le département d’Eure-et-Loir, parfaitement conservés et d’un intérêt iconographique tout spécial.

(1) M. Franz Gumon en a donné une énumération assez complète dans le Bulletin archéologique de l’année 1896, p. 9, note 1.

(2) Lille, 1890, pp. 139 et 140.

(3) Le premier paraît plus qu'incertain. M. l’abbé Marsau, vicaire général de Beauvais, nous écrit : « Je ne connais pas de statue ni de sculpture en bois relative à sainte Anne, dans l’église Saint-Etienne. M. Cloquet a été induit en erreur ; si le monument a existé, il a disparu il y a bien longtemps, car je ne l’ai jamais vu. »

(4) En voici la description par M. Marsau : « Au centre du tableau, sainte Anne ; sur son sein, une petite figure nue, les mains jointes, dans une auréole d’or. A droite (la droite liturgique) Joachim à genoux ; à gauche, David à genoux, couronné, tenant en main sa harpe ; dans le haut, le Père Éternel en chape et en tiare. La scène se passe dans une enceinte crénelée, comme 1 ’Hortus conclusus. Joachim et sainte Anoe sont nimbés. Tous les personnages ont un phylactère qui sort de leur bouche, portant une légende. Sur la banderole du Père Éternel, on lit : « Tota pulchra es, arnica mea, et macula non est in te » ( Cant . iv, 7) ; sur celle de David : « Quæretur peccatum illius et non invenietur » (Ps. x, T5) ; sur celle de Joachim : « Progeditur quasi aurora consurgens » (Cant. vi, 9) ; sur celle d’Anne : « Fructus mei honoris et honestatis » ( Eccl . xxiv, 23). Enfin sur le phylactère de Marie, on lit : « Qui élucidant me, vitam æternam habebunt » (Eccl. xxiv, 31). Toutes les inscriptions sont d’écriture gothique, le sujet est naïf. On n’a pas photographié les peintures sur bois de Saint-Étienne, qui sont d’ailleurs en mauvais état et qui vont malheureusement en s’écaillant tous les jours ; celle en question est une des mieux conservées. »

Le premier est une statue de bois jadis exposée dans 1 église de Boissy-le-Sec, et aujourd’hui déposée dans le musée de M. l’abbé Dubois (1), curé de Notre-Dame de Verneuil (Eure).

Sainte Anne est représentée debout ; un grand voile lui couvre la tête, retombe sur les épaules et l’enveloppe tout entière. Elle a les mains jointes (2), les yeux baissés dans une posture d’adoration. En effet, elle porte sur le sein une figurine nue, issante d’une gloire rayonnante. Le tronc seul de l'enfant apparaît, bien proportionné dans toutes ses parties, la tête couverte de longs cheveux dont les tresses abondantes retombent sur les épaules et jusque sur les flancs. La main gauche est repliée sur la poitrine, mais la main droite se lève dans un geste gracieux, comme pour exprimer un sentiment de joie, d’admiration et de triomphe. Marie paraît chanter le Magnificat, parce qu’en elle le Tout-Puissant a opéré de grandes choses. En effet, malgré la crudité du détail, il faut observer que l’enfant n’est pas à l’état d’embryon inerte, mais quelle est animée, intelligente, à l’état de jeune fille adulte et nubile. La poitrine est parfaitement formée et les lignes accentuées du ventre semblent faire croire que déjà la prophétie d’Isaïe : Ecce virgo concipiet et pariet filium, est en voie de réalisation (3).

(1) M. le chanoine J. M. Abgrall, aumônier de l’hospice de Quimper, nous signale également « deux figurations analogues de la petite Sainte Vierge dans le sein de sa mère sainte Anne : la première à Morlaix, statue en bois du XVe ou du XVIe siècle, sur la façade de la maison n° 32 dans la grande rue ; la seconde dans un vitrail du XVIe siècle à Brennilis, dans le pays d’Huelgoat, non loin de Saint- Herbot, avec l’inscription : Saincte Conception ».

(2) Ces mains ont été refaites assez maladroitement.

(3) Les deux figurines qui sont aux pieds de la statue de sainte Anne ne font point partie du monument.

Cette interprétation nous aurait peut-être paru trop risquée, si un autre témoignage n’était venu la confirmer d’une manière catégorique.

Il y a quelques années, en 1899, en examinant de près les vitraux qui garnissent la fenêtre du chevet de l’église Saint- Valérien de C'-hàteaudun, au-dessus du maître-autel, il nous fut aisé de reconnaître une image de sainte Anne offrant les mêmes particularités symboliques, et nous en avons dès lors signalé l’intérêt à la Société Dunoise.

Ces vitraux proviennent, nous dit la tradition locale, de l’ancienne abbaye de femmes de Saint- Avit, près de Châteaudun (1). A la Piévolution, ils furent transportés à Saint-Valérien et adaptés aux fenêtres où ils se trouvent aujourd’hui. Il fut nécessaire pour cela de les mutiler à peu près dans tous les sens, en largeur et en hauteur. Les traces de ces fâcheuses amputations sont trop apparentes. Signalons tout de suite les deux statues placées au sommet du vitrail sur deux colonnes et dont la tête et les épaules ont été enlevées. De plus, ces vitres n’étaient point dans des baies amorties en arc brisé, mais dans des fenêtres rectangulaires ou du moins terminées en anse de panier. En effet, à gauche et à droite, les premières et dernières lettres d’une inscription ont été coupées par la nouvelle ligne arquée des fenêtres actuelles ; les chapiteaux des colonnes supportant les linteaux et les ornementations de ceux-ci sont également entamés ; leur achèvement nécessiterait une ligne droite presque jusqu’au sommet. (PI. I.)

D’ailleurs, les ornements architecturaux sont uniformément de style Renaissance ou classique; aussi l’ablation des meneaux a transformé, dans cette fenêtre comme dans les deux autres, les pleins cintres en arcs brisés.

A cette première mutilation est venue s’ajouter le désastre du bombardement de 1870; plusieurs fragments des vitres sont

(1) Ces vitraux ne proviendraient-ils pas plutôt de l’église de l’Hôtel-Dieu de Châteaudun ? Un passage de Châteaudun pendant la Révolution pourrait le faire croire. En effet, le 29 décembre 1792, « plusieurs habitants de la paroisse de Saint- Valérien de Châteaudun demandèrent à faire l’acquisition des vitraux de l’église de l’Hôpital en cours de démolition pour remplacer ceux de Saint-Valérien en mauvais état. L’avis ne fut pas favorable ; toutefois, le 1er mai 1793, M. Percheron, curé de la succursale de Saint-Valérien, fut autorisé à faire poser dans son église les vitraux et grilles achetés à l’Hôtel-Dieu. »

Société Dunoise

Page 1