VI EXTRAIT DU RAPPORT
ner. Il la suit dans ses transformations, dans ses progrès, et complète ce tableau par lexposé des expériences synthétiques ingénieusement inaugurées par les travaux de Hall.
« Le second chapitre rappelle les faits divers, dont Tensemble constitue aujourd'hui le métamorphisme, et qui attendent toutes les théories comme autant d'épreuves préparées à lavance. Pressé sans doute par le temps, craignant peut-être aussi d'insister sur des observations connues et maintenant incontestées, Fauteur a trop abrégé ce second chapitre. Les faits étaient ici la démonstration nécessaire de la réalité des phénomènes qu'il s agissait d'expliquer; et on doit regretter qu'après avoir si bien présenté l'histoire de la question, il ait négligé d'en développer suffisamment les pièces justificatives.
« Le treisièmc chapitre est consacré i l'examen des causes possibles et probables du métamorphisme. Ces causes y sont successivement soumises à une discussion raisonnée, et à Tépreuve d'une série d'expériences synthétiques très-variées et très-instructives, instituées et exécutées par l'auteur. Il trouve de plus, dans une étude approfondie des phénomènes qu*ont produit et que produisent encore de nos jours certaines sources thermales, notamment celles de Plombières, d'autres expériences toutes faites, avec l'aide du temps, cet élément essentiel qui manque toujours aux essais du laboratoire, et il en met habilement en relief toutes les conséquences.
« Revenant alors sur ses pas, il établit, dans un dernier chapitre, un grand nombre de i^pprochements ingénieux entre les phénomènes universellement attribués au métamorphisme et ceux qu'il vient de constater, soit dans ses propres expériences, soit dans ses observations sur les sources thermales.
« C'est alors qu'il développe, sur l'origine et les agents principaux de ces transformations, l'ensemble des vues théoriques qui lui paraissent être la conclusion nécessaire et en quelque sorte le courounement des notions aujourd'hui acquises h la science.
«Ces chapitres sont un habile enchaînement d'inductions logiques, d'observations, d'expériences de. toute nature parfaitement dirigées; ils sont remplis de faits et d'idées propres à l'auteur,; et quoique ses con-
FAIT A L'ACADÉMIE DES SCIENCES. vu
clusions et ses doctrines soient dëjà anciennes dans la science , il a su les rajeunir par la nouveauté des preuves et des aperçus dont elles sont entourées.
((U temaine son mémoire par un appendice, où il étend les mêmes théories au métamorphisme supposé des terrains stratifiés anté-siluriens. Il ne dissimule pas, d*ailleurs, tout ce que cette extension a d*hypothétique, puisqu'il s*agit de roches qui ont dû se former ou se modifier dans des conditions absolument différentes de celles quil nous est donné d observer et de reproduire. Cette réserve est une préparation judicieuse à de pures spéculations, mais celles-ci n'en renferment pas moins des considérations très-dignes d'intérêt, et quelques-uns de ces rapprochements curieux qui se présentent seulement à un esprit méditatif, capable à la fois de la hardiesse qui imagine et de la prudence qui réduit les imaginations à leur juste valeur.
« Ce que l'Académie peut el doit récompenser, ce sont des vues originales, c'est un judicieux emploi de l'induction et de l'expérience, du raisonnement et de l'observation, c'est un nouvel exemple des méthodes expérimentales et de leur rigueur appliquées à des rrcherches où on les avait trop souvent négligées; c'est enfin une longue persévérance dans des travaux désintéressés, pénibles et souvent dangereux.
(( L'auteur du mémoire n^ i est M. Daubrée , ingénieur en chef des mines, doyen et professeur de géologie à la Faculté des sciences de Strasbourg. »