‹ Études et expériences synthétiques sur le métamorphisme et sur la formation des roches cristallinesChapitre 3 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Une des premières et des plus importantes questions que la géologie ait été appelée à résoudre, c'est de reconnaître quelle est, dans la formation du revêtement solide du globe, la part de l'action aqueuse et la part de l'action ignée. Quoique débattue depuis longtemps, elle n'a pas encore reçu de solution définitive; elle s'est même compliquée, depuis qu'en étudiant plus rigoureusement les divers terrains, on en a trouvé partout qui présentent manifestement l'empreinte d'une double origine. Est-ce au moment même où ils se sont formés que ces terrains ambigus ont acquis leur double caractère, ou bien l'un de ces caractères est-il consécutif à l'autre; et, dans ce dernier cas, comment se rendre compte d'une telle succession d'effets? Tels sont les sujets dont l'étude constitue, dans sa plus grande généralité, la partie de la géologie que l'on a appelée métamorphisme.

Quand les réactions que les régions intérieures du globe exercent sur sa surface se manifestent par des phénomènes journaliers, comme les sources thermales, les éruptions de volcans, les tremblements de terre, ou par des efiFets dont l'homme n a pas été témoin, mais dont il retrouve les traces grandioses, comme les éruptions de roches, le soulèvement des chaînes de montagnes, c'est un sujet plein d'attrait et dont chacun s'occupe très - volontiers. Mais quand ces mêmes réactions n'ont produit que des modifications lentes, occultes, inaccessibles à l'observation directe par la profondeur à laquelle elles ont eu et ont lieu sans doute encore aujourd'hui, on conçoit qu'elles excitent incomparablement moins Tintérêt, et qu'elles présentent, d'ailleurs, des difficultés particulières d'investigation. Cependant, si l'on considère que ces grandes transformations se sont exercées sur une portion notable de l'écorce terrestre; que, selon toute probabilité, leur importance s'accroît à partir de la surface, au point qu'elles deviennent prédominantes dans les profondeurs; que, d'ailleurs, elles sont en connexion intime avec toutes les autres manifestations de l'activité interne du globe, il faut reconnaître que leur étude mérite bien la plus sérieuse attention.

C'est cette étude du phénomène, tel qu'il nous est possible de le comprendre aujourd'hui, que je présente dans ce travail. Je le diviserai en trois parties : la première sera consacrée à l'historique; la deuxième, à l'exposition des faits que Ton peut considérer comme acquis, et auxquels devront satisfaire les explications théoriques qui forment le sujet de la troisième partie.

J'ai donné un certain développement à la partie historique. Signaler les efforts par lesquels ont été graduellement conquises les idées théoriques que nous possédons aujour-

d'il ui n est pas seulement un j uste hommage rendu à ceux qui ont éclairé la science par leurs travaux; c'est aussi un avertissement salutaire contre les illusions spéculatives. Les entraînements de l'imagination sont d autant plus à redouter dans le domaine de la géologie, que l'induction fondée sur l'observation y manque le plus souvent d'un contrôle. Quoique les citations historiques soient nombreuses, elles présentent encore bien des lacunes; mais, pour ne pas trop allonger cet aperçu, j'avertis que je me restreins aux travaux fondamentaux.

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