‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 44 sur 158 · La Société des Jacobins, t. II, p · texte numérisé non relu

La Société des Jacobins, t. II, p

pendant cette journée. Il arrêta de convoquer le Conseil général ea séance extraordinaire. Une adresse au roi fut décidée. Talleyrand et Pastoret la rédigèrent : elle était fort vive et on y reprochait vertement à Louis XVI de s'entourer de prêtres réfractaires 1 .

Les amis de Danton ne voulurent pas laisser aux modérés le bénéfice de cette attitude populaire, et Camille Desmoulins écrivit dans son journal : « Le département de Paris présenta au roi une adresse, la première peut-être qui ait été écrite dans le style d'un peuple libre. Aussi avait-elle été rédigée par Danton etKersaint 2 . » C'était là une petite imposture amicale : les procès-verbaux du département, publiés par M. Schmidt, la démentent formellement.

Mais ce n'est pas tout. Fréron et Camille affirmèrent qu'à une des deux séances du Directoire, tenues le 18 avril, Danton, qui s'y était rendu quoique n'en étant pas membre, avait,. par son éloquence victorieuse, terrassé La Fayette et Bailly, qui demandaient à faire feu sur le peuple, à proclamer la loi martiale. La Fayette aurait parlé de donner sa démission, et Danton, d'un mot foudroyant, l'aurait cloué à son poste. Fréron en concluait qu'il fallait nommer Danton maire de Paris 3 . Il y avait, comme on va le voir, de l'exagération, de la hâblerie dans ce récit, et voici de quelle façon mortifiante, après l'avoir confirmé, Danton fut obligé de le démentir.

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