Topino-Lebrun
n'est question ni de Camille, ni de Danton '. Mais cela ne prouve pas que Danton De fût pas présent : il assistait sûrement à une partie de la séance et la seule présence du substitut de la Commune, dans ce foyer de l'insurrection, était éloquente.
Lucile Desmoulins confirme en partie les assertions de Danton : « Danton, dit-elle, vint se coucher (chez lui). 11 n'avait pas l'air fort empressé et ne sortit presque point. Minuit approchait. On vint le chercher plusieurs fois : enfin il partit pour la Commune. Le toscin des Cordeliers sonna : il sonna longtemps 2 ».
Danton fit-il l'arrêt de mort contre Mandat, comme il s'en vanta au Tribunal révolutionnaire?
Mandat, commandant général de la garde nationale et partisan de la Cour, se trouvait, à ce moment-là, dans les bureaux de l'état-major de la garde nationale à l'Hôtel de Ville. Danton va le chercher, le prend au collet et ramène devant la Commune insurrectionnelle 3 . On lui présente un ordre signé de lui, pour attaquer par derrière la colonne des insurgés. Était-ce là félonie, comme le veut Louis Blanc ? Cette ruse de guerre n'était-elle pas permise, puisqu'on était en état de guerre? En tout cas, la Commune se borne à arrêter que Mandat sera conduit à l'Abbaye, « pour sa plus grande sûreté ». Sur les marches de l'Hôtel i de Ville, un inconnu lui cassa la tète d'un coup de
i. Histoire parlementaire, t. XVII, p. 55.