‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 87 sur 158 · Journal des Débals et des Décrets · texte numérisé non relu

Journal des Débals et des Décrets

tatiOD, de l'inquiétude qu'éprouvèrent les Français au moment de renoncer à leur antique système de gouvernement. Danton, lui aussi, eut un instant de peur (levant ce pas si dangereux à franchir. L'opinion étaitelle préparée à la République ? La manifestation républicaine de l'Assemblée électorale de Paris avaitelle eu de l'écho dans le cœur de la France * ? Une motion républicaine, dans ce pays monarchique, ne risquait-elle pas d'amener la guerre civile? La République ne serait-elle pas considérée par les uns comme

1. C'est le 13 septembre 1793 que l'Assemblée électorale de Paris avait acclamé la République, comme on le voit par ce passage de son procès-verbal :

« Des canonnière de la section de 1792 sont introduits. Us partent pour les frontières. L'orateur de la députation demande à prêter devant les électeurs le serment de vaincre les ennemis de la liberté, pendant qu'avec le canon ils assureront la liberté de leur pays. Ils espèrent que les députés à la Convention établiront sur des bases inébranlables un bon gouvernement républicain. A ce mot, l'Assemblée tout entière se lève et, aux acclamations des citoyens qui se trouvent dans les tribunes, jure la République.

« Le président répond à la députation.

« L'Assemblée ordonne l'impression du discours de l'orateur, de la réponse du président, de l'extrait du procès-verbal qui rend compte du serment prêté. Elle arrête la distribution de toutes ces pièces aux électeurs, aux citoyens des tribunes, l'envoi aux sections et aux cantons, aux 83 départements et aux armées. »

Cette séance fut présidée par Robert, nommé vice-président.. Mais le président de l'Assemblée électorale était Collot d'Herbois. Quant au mandat politique des députés de Paris, les procès-verbaux ne le contiennent pas. Il est analysé ainsi dans le Journal des Jacobins: « Révocabilité des députés à la Convention. qui ont attaqué ou attaqueraient par quelque motion les droits du souverain. Sanction ou revision populaire de tous les décrets constitutionnels de la Convention. Abolition de la royauté et peine de mort contre tous ceux qui proposeraient de la rétablir. Forme d'un gouvernement républicain. » (Bûchez, t. XVIÏI, p. 31.)

l'avènement de la dictature, par les autres comme le triomphe du système fédéraliste? D'autre part l'établissement de la République n'allait-il pas nuire aux plans diplomatiques de Danton, aux négociations rêvées avec les monarchies, en particulier avec la Prusse? N'y avait-il pas à craindre qu'une France républicaine fût isolée à jamais au milieu de l'Europe monarchique et condamnée ainsi à vaincre ou à périr? Voilà peut-être pourquoi Danton demandait qu'on se hâtât de lever la séance.

Mais la logique de la situation fut plus forte que ces précautions inutiles, et une question à laquelle chacun pensait avec tant d'anxiété ne pouvait manquer d'éclater.

Philippeaux ayant parlé par mégarde du royaume, des murmures l'interrompirent *.

Alors, Collot d'Herbois fit voter l'abolition de la royauté.

11 y eut un débat, auquel Danton ne prit aucune part.

Nous savons, par l'exemple de Fabre d'Églantine, qu'il ne faut pas juger de la politique de Danton par les déclarations de ses amis. On ne peut cependant s'empêcher de remarquer que Basire demanda l'ajournement de la question, qu'il ne voulait pas voir résoudre par un coup d'enthousiasme.

La royauté fut abolie le 21 septembre et la République établie le lendemain 22. Danton ne prit la parole

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