Bûchez, t. XX, p
rougit jamais, et ce n'est qu'après le 31 mai qu'il se tourna décidément contre la Montagne. Ainsi la politique de Danton, au début de la Convention nationale, nous apparaît approuvée et soutenue par le plus grand des penseurs d'alors. Quelle réponse à ceux qui ne voient en Danton qu'un assassin et un démagogue stupide ! Mais quel dommage pour la Révolution et pour la France que ce penseur n'ait été qu'un isolé, capable de hautes et justes conceptions, incapable de mener les hommes et de les grouper en parti d'action 1
Dans son discours du 21 septembre, Danton s'était préoccupé de rallier la France par des déclarations conservatrices, et ne s'était préoccupé que de cela. II ne semblait pas croire que la Convention dût faire autre chose dans cette séance.
Il avait dit :
Pour aujourd'hui, en représentants dignes du peuple, pesez ces deux grandes bases ; et, après les avoir pesées, levez votre séance : vous aurez aujourd'hui assez fait pour le peuple i .
Et l'abolition de la royauté? Et la République?
Danton y pensait comme tout le monde, et c'est peut-être parce qu'il y pensait, qu'il conseillait de lever tout de suite la séance. J'ai déjà parlé de l'hési-