INFLUENCE DES COURANTS ET DES VENTS
Gibraltar, et cette voie de communication avec le monde entier semblerait devoir donner issue aux eaux de la Méditerranée pour s'écouler dans l'Atlantique. Mais c'est précisément le contraire qui a lieu ; car , par un courant perpétuel, les eaux de l'Océan viennent augmenter celles de la Méditerranée et réparer les pertes qu'elle fait par l'évaporation. On remarque avec étonnement que cette mer, limitée en étendue et qui reçoit de plusieurs rivières une masse d'eau assez considérable, emprunte encore, à la mer Noire une autre masse d'eau non moins abondante par un courant rapide qui traverse le Bosphore et les Dardanelles. Ainsi, en ajoutant à ce que lui fournissent l'Océan et la mer Noire, tout le produit des fleuves qui s'y jettent, savoir : l'Èbre d'Espagne, le Rhône, le Pô, les petits fleuves de la Grèce, TÈbre de Thrace, les rivières de l'Asie Mineure, l'Oronte de Syrie et surtout le Nil africain, sans compter les petits cours d'eau de l'Afrique septentrionale, on aura le bilan exact de l'excès de perte que cette mer fait par l'évaporation, comparé à ce qu'elle gagne par les pluies et les météores aqueux. Nous verrons plus tard que l'influence siccative des vents du nord, du nord-est et du nord-ouest, semble expliquer cet excès de perte. En général, toute masse d'air, transportée au-dessus de la Méditerranée, en sort plus humide que quand elle y est arrivée.
Avant de nous faire une idée précise de la cause mécanique qui doit produire les courants des divers bassins de la Méditerranée, dont le système des eaux comprend aussi le bassin de la mer Noire, il faut bien établir comment sont dirigés ces courants dans chacun de ces bassins. Quant au bassin occidental, le courant océanique
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qui pénètre par le détroit de Gibraltar longe la côte barbaresque , arrive devant Tunis , puis , passant audessus de la Sicile, arrive aux côtes d'Italie, s'arrondit dans le golfe de Gènes ; puis, longeant la côte do Fran(*e, il se joint au courant descendant du Rhône ; enfin, arrivant aux côtes d'Espagne et recevant le courant d(» rÈbre, il vient au midi de l'Espagne se joindre au courant océanique pour former un vrai circuit qui, pour un observateur placé au milieu du bassin, tourne de droite à gauche, se dirigeant à l'ouest sur les côtes de France ; au midi , le long des côtes d'Espagne ; à Test , le lon>>: des côtes septentrionales de l'Afrique et do la Sicile . et enfin remontant, au nord, le long de la côte occidentaU; de l'Italie.
Le second bassin de la Méditerranée a pour limites la Sicile , les côtes d'Afrique , de Palestine et de Syrie , l'Archipel et la Grèce continentale , et enfm le piidi de l'Italie. Ce bassin est à peu près double en étendue du précédent. Si l'on en suit les courants à partir du Nil, dont les eaux, à la sortie de l'Egypte, prennent à l'orient pour se porter vers les côtes de Palestine, on les voit entraînées par un courant qui , montant au nord , baigne successivement les côtes de Palestine et de Syrie, puis prend à gauche entre Clij'pre et Rhodes, d'une part, rt lAsie Mineure de l'autre. Arrivé à l'archipel, ce courant se mêle au courant descendant de la mer Noire qui arrive au travers des Cyclades, lequel courant lui-môme se dirige vivement à l'ouest , entre Cythère et le Péloponèse, puis, recevant le trop-plein de l'Adriatique . qui lui-même est entraîné à l'ouest , ce courant pass<» entre la Sicile et Malte, pour revenir au sud vers Tripoli,