‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 2)Chapitre 2 sur 21 · LES MANIFESTATIONS PRÉTENDUES SURNATURELLES · texte numérisé non relu

LES MANIFESTATIONS PRÉTENDUES SURNATURELLES

CONSIDÉRÉES AU POINT DE VUE DES PRINCIPES QUI SERVENT DE GUIDE DANS LES SCIENCES d'oBSERVATION (*).

Tgnari quià queai esse,

Quid nequeat Lucbèce.

Ils ne savent pas reconnaître ce qai est possible et ce qui est impossible.

Lorsqu'à la fin de la période révolutionnaire du dernier siècle Delisle de Sales publiait son fameux ouvrage

(i) I. Sights and Sounds, the Mfsterjr ofthe àay, by Henry Spicer, Th. Bosworth. Loiidon, i853, — II. FacU and Fan^ tasie^i par le même. — III. Comment l'Esprit vient aux Tables,

— La Magie au X/A'<^ siècle; par A. Morin. Paris, i853-i854.

— IV. Quœre et Ingénies. Paris, l853. — V. Des Esprits et de leurs manifestations fluidiques ; par le marquis Eudes

de M Paris, i853. — VI. Mémoire sur le Somnambulisme et

le Magnétisme animal; par M. le général Noizet. Paris, i854.

— VII. Mœurs et Pratiques des Démons ou des Esprits visiteurs; par le chevalier Gougenot Des Mousseaux. Paris, i854'

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bizarrement intitulé : Mémoire en faveur de Dieu, il demandait très-sérieusement pardon d'avoir choisi ou accepté une pareille cause : « Je sais bien , disait-il , que mon client n'est pas en faveur aujourd'hui. » (Quel client ! ) Je puis en dire autant en essayant de plaider en ce moment la cause de la raison. A voir le déchaînement de toutes les prétentions métaphysiques, théologiques, physiologiques et magiques contre cette pauvre raison , il y a de quoi désespérer de sa cause comme de Sales désespérait de la cause de X Être suprême, ci-devant Dieu ( expression de gS ). Quand on veut invoquer les lois bien établies du possible et de l'impossible, on trouve pour adversaire l'imagination , qui , toujours prête à tout admettre, ne laisse plus de place pour la saine logique , pour les déductions rigoureuses de l'expérience , enfin pour le simple bon sens.

C'est en Amérique, dans le village de Hydesville, voisin de la ville d'Arcadia, comté de Wayne, état de New - York , qu'une maison , précédemment habitée par Michel Weekman , fut occupée par la famille Fox , venant de Rochester. Cet emménagement eut lieu le 1 1 décembre 1847, 6^ ^ ^ut ^ id ^i^ ^^ ^^l's 1^4^ <IU6 commencèrent à se manifester les prodiges qui ont eu depuis un si grand retentissement dans les deux mondes.

On a souvent fait remonter les premières manifestations américaines à l'année 1847 ou même à 1846, parce qu'un soir, dont on ne sait pas bien la date , M. Weekman , qui pendant ces deux années occupa la maison de Hydesville , entendit frapper à la porte de la rue , et ,

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étant allé ouvrir, ne vit personne. Une seconde fois le même appel, s^étant réitéré, fut suivi du même résultat; mais le rusé M. Weekman, mystifié une seconde fois , s^avisa de tenir à la main la porte refermée , en sorte qu'au moment où l'on frappa pour la troisième fois il ouvrit subitement, mais ne vit encore personne. Cette anecdote revint à la pensée de M. Weekman après les éclatantes manifestations des esprits qui rendirent plus tard si célèbre la famille Fox , qui l'avait remplacé à Hydesville : elle n'a en soi rien de merveilleux , et ne peut établir pour cette maison la réputation d'une localité hantée par les esprits malins, car il est tout simple d'admettre que le gamin qui frappait à la porte du bourgeois deux fois mystifié , peut-être au moyen d'une balle de plomb attachée à une ficelle, avait bien prévu qu'il se tiendrait en embuscade pour la troisième fois, et si M. Weekman n'entendit pas des éclats de rire dans la rue , cela tient à l'essentielle différence qui existe entre le gamin français et le gamin anglais ou transatlantique , toujours largement pourvu de cet humour que l'auteur à^Atala aurait admirablement désigné par l'expression de gaieté triste (i).

Le 19 mars 1848 au soir commencèrent dans la maison d'Hydesville les bruits étranges qui persistèrent ensuite si obstinément. La famille Fox entendit un bruit qui semblait partir des chambres à coucher, et qui ressemblait à des coups frappés sur le plancher de ces chambres ou à ceux que produiraient des chaises dépja-

(i) Voir la joie- triste de Ghactas dans VAtala de Chalcauhriand.

céos. Quatre ou cinq membres de la famille étaient présents , et tous montèrent dans ces chambres pour reconnaître d'où provenait ce fracas. On visita la maison entière , mais on ne put rien découvrir. On éprouvait seulement un léger frémissement en plaçant la main sur les bois de lit, sur les chaises, ou même en se tenant debout sur le plancher. Le bruit se fit entendre cette nuit-là tant qu'il resta quelqu'un d'éveillé dans la maison. Le soir du jour suivant, ces sons se firent entendre comme auparavant , et ce ne fut que le lendemain de ce second jour, c'est-à-dire le 21 mars 1848, au soir, que les voisins furent appelés pour en être témoins. Voici le récit que faisait M"**" Fox très-peu de temps après le jour où cet événement avait eu lieu pour la première fois : « Le lendemain de ces manifestations , nous résolûmes de nous mettre 'au lit de bonne heure et de ne nous laisser troubler par rien. Si le bruit se renouvelait, nous convînmes de ne plus y faire attention et d'essayer de goûter le repos d'une bonne nuit de sommeil. Mon mari, qui avait toujours été avec nous dané toutes les circonstances précédentes , entendit le bruit des coups frappés

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chambre, entendirent le bruit, et essayèrent de produire le même son en faisant craquer leurs doigts. La plus jeune a environ douze ans. Aussitôt qu'elle faisait un bruit avec ses doigts ou en frappant ses mains l'une contre l'autre , on y répondait par un coup frappé dans la chambre. Ce bruit était le même que précédemment, il donnait seulement le même nombre de coups que l'enfant. Quand celle-ci s'arrêtait, les bruits étaient suspendus pour quelque temps. Mon autre fille, qui est dans sa quinzième année , dit alors en plaisantant : <( Faites comme moi, comptez un, deux, trois, quatre, etc., » et en même temps elle frappait ses mains l'une dans l'autre. Ces coups furent reproduits comme d'abord. L'agent mystérieux semblait répondre en répétant chaque coup. Ce jeu ne fut pas continué. L'enfant commençait à s'étonner. Alors je pris la parole et dis au bruit : « Compte jusqu'à dixl » En effet, il se produisit dix chocs ou coups successifs. Alors je lui demandai l'un après l'autre les âges de mes différents enfants, et il frappa un nombre de coups correspondant à Tâge de chacun. Je demandai ensuite si c'était un être humain qui faisait ce bruit , et , s'il en était ainsi , de répondre par un choc, n y eut un silence complet. Je demandai si c'était un esprit, et, s'il en était ainsi, de le faire connaître par deux coups. A peine les mots étaient-ils prononcés, que les deux coups se firent entendre. Je lui demandai s'il avait reçu quelque offense, et, dans ce cas, de le manifester par deux coups : ces deux coups furent très-distinctement entendus; si c'était dans cette maison qu'il avait été lésé : sons affirmatifs ; si l'offenseur était vivant : môme réponse. J'appris, en continuant lesmôr

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mes interrogations , que sa dépouille mortelle était enterrée sous la maison , qu'il avait trente et un ans , que c'était un homme, et qu'il avait laissé une famille de cinq enfants tous vivants. Sa femme était-elle vivante? Silence négatif. Morte? Affirmation. Depuis combien de temps? Deux coups. »

Jusque-là les sons n'avaient répondu que par oui ou par non , ou par des coups réitérés désignant des nombres. Subséquemment néanmoins, l'attention étant éveillée et différents moyens ayant été imaginés pour s'entendre avec l'esprit, un des assistants eut l'idée d'interroger \e faiseur de bruits par le moyen d'un alphabet. En conséquence, on demanda à l'esprit si, en prenant un alphabet ordinaire, il voudrait bien frapper un coup pour chaque lettre composant son nom à mesure qu'on promènerait la pointe d'une tige ou d'un crayon sur le» lettres de l'alphabet. Cette convention ayant été adoptée , le nom de Cliarles Rayn fut épelé lettre par lettre. Plus tard , quand l'esprit était fatigué de répondre par' l'affirmative ou la négative , il réclamait lui-même l'usage de l'alphabet , et cela par cinq coups frappés successivement. Tantôt c'était un alphabet écrit ou imprimé sur

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f^este que cela a été mis en évidence par tous les auteurs ]ui ont écrit là-dessus. Quelle que fût la cause naturelle 3u surnaturelle que l'auteur assignât à la manifestation le Hydesville , comme des faits complètement analogues se sont passés plus récemment dans un village de Normandie, appelé Gideville, sans aucune connexion avec les prodiges américains et avant que ceux-ci fussent connus en Europe , les lecteurs qui ne seraient pas très au courant de cette démonologie (en grec démon veut dire esprit) sont avertis de ne pas faire de confusion. Au reste , comme la famille Fox se transporta plus tard dans la ville de Rochester, du même État de New -York, les manifestations portèrent plutôt le nom de cette ville que du village de Hydesville , où elles prirent leur origine. On trouvera l'histoire de Charles Rayn tout au long, en fort bon style , dans les lettres de Pline le Jeune , avec c«tte différence que les os du fantôme romain furent ensevelis convenablement [mânes riie sepulti), tandis qu'après avoir un peu fouillé dans la cave pour trouver les restes du frappeur américain , on abandonna la besogne.

Si votre âme est en peine et cherche des prières , Las ! je tous en promets et de toutes manières!

Ces prières, ces expiations aux mânes chrétiennes ou non de Charles Rayn n'ayant pas été accomplies, il arriva que l'une des demoiselles Fox , Margaretta , ayant suivi à Rochester une sœur aînée qui y était établie et déjà veuve, les sons mystérieux raccompagnèrent comme si on les eût empaquetés dans sa garde -robe de voyage. Elle avait alors environ quatorze ans. J'ai demandé à plu-

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sifurs do ceux qui font des évocations avec les tables et (|ui conversent avec Napoléon I", avec Washington, avec Socrate , avec Molière , avec tous les héros et les hommes éminents de tous les âges , de vouloir bien évo- ([U(»r ce malicieux Charles Rayn et lui demander pour- (|uoi il ne s'est pas tenu tranquille, et si c'est pour se \ongor du pou d'activité qu'on a mis à retrouver ses ivstes (lu'il a occasionné tout le mouvement qui a suivi sa manifestation. Je n*en ai eu aucune noui>elle! Le sournois rit dans sa barbe de tout ce vacarme américain i}i tMiroi)éen qu'il a excité avec la friperie des vieux pro- (lij;os (le mécanique et de ventriloquie, relégués jusqu'ici, en France, sur les théâtres de Comte et de Robert lloudin, successeurs de Fitz-James et de Borel.

Pour suivre riiistoriquo des manifestations dites de Uochoster, où dos assemblées publiques et deux comités avaitMit élé nommés pour rechercher la cause des nou- \emix miracles, nous dirons que , dans d'autres maisons (|ue colle habitée par la jeune Margaretta Fox et sa Hdîur aînée, les manifestations se produisirent, et que, (Inns uiH^ troisiiNmo ville du môme État de New- York, Auhurn, la plus jeune des demoiselles Fox, Catherine, Aj^ée d'envinm douze ans, se trouvant en visite, les hruits raccompaj^nôrent aussi. Depuis lors les manifestations se i)roduisirent sur un si grand nombre de points, (pi'il serait trop long d en faire l'énumération. Nev^'- Vork, la ville (ie 800000 âmes, qui avait été la quatrièMK^ localité où s'étaient montrés les prodiges, fut iïnnié(liat(»ment sui\ie do trente autres villes telles que Doston, (lincinnati, Saint-Louis, Buffalo. La seule cité (le IMiiladelphio compta trois cents cercles ou sociétés

•ccupés de ces manifestations d'esprits. Chaque société vait son médium, c'est-à-dire une personne dont la contitution spéciale se prête plus favorablement à des relaions avec les esprits : c'est ce qu'on appelle un sujet lans le langage du magnétisme animal. Ce mot de méiium , d'après son étymologie , signifie un intermédiaire, îomme le magicien ou la pythonisse l'étaient autrefois între l'interrogateur et l'oracle. Ce sujet ou médium peut Hre un homme ou une femme, mais le plus communénent c'est une dame ou une demoiselle. On cite plusieurs médiums américains comme étant d'une rare beauté, circonstance qui peut rendre les esprits sceptiques un peu moins rebelles à la foi réclamée. Telle ou telle complexion n'est pas exclusivement préférable. Dans les grandes villes de l'Union , comme par exemple à Boston , il se rencontrait quarante ou cinquante sujets. Enfin, au mois de septembre 1862, on estimait que, dans toute l'étendue des États-Unis , le nombre des médiums s'élevait à plus de trente mille , et que le nombre des personnes qui avaient été témoins des manifestations dépassait cinq cent mille. Comme l'état de médium conduit, suivant une expression anglaise, à empocher des dollars , il n'est point étonnant que tant de personnes se soient lancées dans cette facile profession. Je suis même fort étonné que l'on n'ait pas fait parler aux esprits le langage ordinaire des hommes, et qu'on se soit borné à provoquer des réponses par des coups frappés indiquant des nombres , des lettres ou des affirmations et des négations. Sans doute on n'a pas voulu se trop rapprocher de nos ventriloques , qui font le plus aisément du monde frapper à une porte, mais qui de plus font, en langage

do drlion. rédainer du ieccurs ài d'un puita oq «tu toit if une cbeminée , de mèioc (|n%j>r^<^nr £a poroAr à me poapép . à un chien . à us mouton ^ qo rux-mtees 0b d'aatres pPi^onnes tieimenl entre leur^ brsB^ L aiiti<qmté , le moyi^i âs^ , FEurope, te monde entier et les soirées de M. Comte ont leurs ar' bres roidaDt d^ oracles. k«ir$ animaux pariants. D n'y a neiiâ(>iis1e3oletldeBOiivmi€[iiecequinereât pas(i). Tout ce qui se préspole è fc^jeprfvlion caïme ou pas&ioiinée des hommes a dû se renouider déjà tnen des fois dam te cotfr^ des ^écJes. O qui n^est pas pltis nouveau que le» feîts actuels, c'eet Jdmour du merFeilleiut , qui se réveille tout aussi vivace dans les si^les modernes que dans ceux d€ts premiers âges de rhumanîlé.

L'ouvrage anglais de M. tienn- Spicer, intitulé : sSfgks rt/ïrf Soumis^ the 3î}st€jy nf thc dm [Ce qi^on r^oit d ce qu'on enicmi^ oit le Mrstèrr dajour ) ^ con lient tous lee détails désirables sur la \iaste extension que c^ minifestations prétendues surnaturelles ont prise aux Etats- Unis, et Ton sait qu elt^ «ont arrivées en Europe per Erèmo, Hambourg et rAUemagne^ en iSSa, d'où, en 1 85^ , elles ont passé en France et en Angleterre.

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lière invisible aux coups produits par le soulèvement les pieds d'une table , et ensuite au mouvement en rond le la table elle-même. Nous observerons qu'il est infiliment plus facile de dissimuler l'impression produite »ar les doigts sur un objet mobile que les évolutions le l'organe de la voix qui produisent les effets de la ^entriloquie. Quant à l'énergie que peuvent acquérir BS impulsions concordantes de plusieurs personnes agisant de concert , on peut affirmer, d'après la mécanique jt la physiologie, que ces forces sont plus que suffiantes pour produire tous les effets observés. Il ne reste l'obscurité que sur l'accord qui s'établit entre la pensée les opérateurs et les mouvements qu'ils impriment au îorps mobile. Sous ce point de vue, les tables euro- >éennes sont bien plus curieuses que les grossiers rappements américains.

Avant de considérer les tables comme des êtres intelligents ou recevant momentanément le don de l'intelligence, le plus merveilleux effet en apparence, c'était de voir se produire un mouvement soi-disant par l'action seule de la volonté. C'est encore la prétention de ceux qui ne veulent pas admettre que les doigts imposés à la table exercent sur elle une pression , même à l'insu de ceux qui la touchent , et qu'ainsi il se produit un véritable effet sans cause, puisque l'expérience a établi que tout mouvement exige une force agissant au moyen d'un corps doué de masse , de poids , de substance matérielle enfin , et qu'en admettant la thèse contraire on arriverait tout de suite au mouvement perpétuel, lequel

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e\ige une création continuelle de mouvement potii comjitenser les pertes et l'emploi da lu force. On a cHè comme un fait avéré Texemple de \d. fiUc eiert/iqt^, Angélique Cotlin, qui aj^^ssait^ a-l-on dit , sur des corpi mobiles pour les mettre en mouvement par sa seuJt volonté. Voici les faits t comme ils ont été constatés par les académiciens chargés de s^occuper de^ prétendus prc>digOïî ma^étiques de celle fille, d'une nature somnolente ^ petite (k> taille , mais assez robuste de corps, eL en appai'oni'e d'une apathie extrême au physique et au morai. Aucune parole ne sortait de sa bouche , et â pensée paraissïut aussi enj^ourdie que sa langue; mm nomme j suivant le proverbe , // fi\\U tel sot qui r^ià m ntse^ on va voir ce qui fut reconnu , et j'avoueni qu'en voyant admettre comme chose positive les mani' Festa tiens de la filh électrique j j*ai conçu une grandît défiance pour mille autre procès-verbaux de séaucei surnaturelles racontées par des témoins prévenus on trompés. Remarquons qu'à ccttte époque la presserai lieu de donner, comme aujourd'hui , le signal de la créduUlé aveugle à la société, qui refuse de la suivre sur ce terrain , professait un stiepticisme complet

aucune des particularités annoncées, il n'y eut point de Rapport fait, et les parents d'Angélique, gens d'une probité exemplaire, s'en retournèrent avec elle dans leur pays. La bonne foi des époux Cottin et d'un ami qui les accompagnait m'avait fort intéressé, et -j'aurais voulu pour tout au monde trouver quelque réalité dans les merveilles annoncées. Ainsi on prétendait que la jeune Angélique distinguait au toucher le pôle d'un aimant renfermé dans son étui. Il n'en était rien, et même en lui présentant l'étui sans aimant , la sensation prétendue était la même. Un tourniquet léger, formé de feuilles de papier portées sur un pivot , ne fut jamais mis en mouvement par le prétendu fluide électrique de cette fille , malgré toutes les assertions contraires d'essais préalables. J'ai dit ailleurs que la seule évolution remarquable qu'elle exécutât, c'était, en se levant lo plus paisiblement du monde d'une chaise où elle était assise , de lancer cette chaise en arrière avec une force telle, que souvent la chaise allait se briser contre un mur; mais l'expérience capitale, celle où, suivant ses parents , se révélait le miracle de produire du mouvement sans toucher les objets, était la. suivante. On la plaçait debout devant un léger guéridon recouvert d'une mince étoffe de soie ; son tablier, formé aussi d'une soie très-légère et presque transparente , posait sur le guéridon, mais cette dernière condition n'était pas de rigueur; alors, quand la vertu électrique se manifestait, le guéridon était renversé , tandis que la fllle électrique conservait sa stupide impassibilité ordinaire.

Je n'avais jamais été témoin d'aucune réussite dans ce genre , ni moi , ni mes confrères de la Commission

de l'Institut ^ ni les médecins , ni quelque écrivains qui avaient suivi avec beaucoup d*assiduiÈ4^ loute^ les séance» indiqiiées au domicile des parents. Pour moi, j'avais dépassé toutes les bornes d*uiie com pi ai séance bienveillante , lorsqu'un soir ceux-ci vinrent me prier ^ au nom de Tintérèt que je leur avais témoij^é, de leur donner encore une séance de plus , et que là vertu électrique venait de se déclarer de nouveau avec une grande énergie. J arrivai vers huit heures du soir a T hôtel où logeait la famille Cottin, Je fus désagréablement surpris , û^m une séance destinée à moi seul et à ceux que j'avais amenés, de trouver la salle envahie par une nombreuse réunion de médecins et de journalistes attirés par Tannonce des futurs prodij2;es qui allaient reprendre \m cours. Après les exe oses faites, je fus introduit dajH une chambre du fond qui servait de salle à manger jet là je trouvai une immense table do cuisine^ forma d'épais madriers de chêne d^une grosseur et d'un poià énormes. Au moment du diner^ la fille électrique availt par un acte de sa volonté, renversé eeHi'^ table massive, et brisé par suite toutes les assiettes et les i>outeiIl«

d , dans la porte d'entrée même , en prétextant la jui remplissait la pièce , et il se plaça de manière de côté la fille électrique avec son guéridon deîlle. Cette fille faisait face à ceux qui occupaient md nombre le fond et les côtés de la salle. Après eure d'attente patiente, rien ne se manifestant, retirai en témoignant de ma sympathie et de mes s. M. M. . . resta obstinément à son poste : il en arrêt, de son œil infatigable, la fille éleo^ , comme un chien couchant le fait d'une perdrix. , au bout d'une autre heure , mille préoccupations distrait l'assemblée et de nombreuses conversa- 3'y étant établies , tout à coup le miracle s'opéra , iridon fut renversé. Grand étonnement , grand es- On allait crier : Bravo î lorsque M. M..., s'avanivec l'autorité de l'âge et de la vérité, déclara ivait vu Angélique , par un mouvement convulsif lou, pousser le guéridon placé devant elle. Il en it que l'effort qu'elle avait dû faire avant dîner renverser une lourde table de cuisine avait dû onner au-dessus du genou une forte contusion , ce t vérifié et trouvé réel,

le fut la fin de cette triste histoire où tant de gens it été dupes d'une pauvre idiote , assez maligne cent pour faire illusion par son calme même. Si l'on t assimiler toutes les narrations de faits merveili l'histoire d'Angélique Cottin , on arriverait bienl'incrédulité la plus absolue. Tous ceux qui lisent les Comptes rendus de l'Académie des Sciences Dpriétés merveilleuses que les membres de la Com- )n étaient appelés à examiner voudront bien faire

atlvtkn qœ ranamee ik ers inerretllê^ n^oti éiait |^ h «oosSatatiiOB. Et éto^ biai d'avlreâ cas :

Od ûjaii par être dafimit*

D est encore qae&tuxi dans le même recuciil d Coinmission nommée pour Térifier des faits singtiIiÈfî] obsenès, pn^de BanibCQÎUet , chea un propriétaire m ntiTacturier dont tous les ^lases éclataient en tnillo liin^ au moment oà ïon sa attendait le moins. Deg chaudière et des \^seâ en fonte de pande dimension volaient et même en éch\s , au grand préjudice du propriétaiir, dont ies embarraâ c^^^rent par le renvoi d'uo domestique qui s'entendait avec celui qui devait occuper Vm'sà pour ^obtenir à meiHeur marché. Cependant il est grettable que Taffaire se tenuinât avant qu^on eût savoir à quelle poudre fulminante on avait eu recoiiî§ pour produire ces effets si curieux , si nouveaux et n^ apparence si bien constatés.

du magnétisme animal , sans que pour cela il soit nécessaire d^ admettre fju' un fluide particulier émane de nos corps et vienne accidentellement animer une substance inorganique. L'auteur ajoute : « Cette explication, que je crois en tout point la véritable, si elle enlève le merveilleux des faits , ne fait pas qu'ils ne soient extrêmement remarquables. »

On a depuis longtemps remarqué qu'en considérant le magnétisme animal (dont nous n'avons pas, du reste, à nous occuper ici) comme un moyen de chercher dans la pensée des choses qui y étaient pour ainsi dire à son insu, on ne pouvait jamais tirer d'une faculté pensante que ce qui y avait été déposé antérieurement. Do même , en admettant qu'à leur insu les expérimentateurs produisent involontairement dans les tables des mouvements qui répondent à certaines indications , ces indications ne pourront sortir du cadre des faits et des pensées qui forment le domaine intellectuel de ces expérimentateurs. On tire de là un critérium infaillible pour juger bien des cas de charlatanisme par une réduction à l'absurbe aussi commode qu'infaillible, et l'on explique en môme temps pourquoi , malgré le prétendu merveileux de ces manifestations qui nous ont mis soidisant en rapport avec le monde des esprits , la science , même la science psychologique , a si peu bénéficié par la conquête de ces nouveaux procédés d'observation tant vantés et en réalité si stériles. Les oracles des esprits frappeurs et des tables parlantes ont appris tout ce que l'on savait dans chaque société et dans chaque nation où on les consultait, comme on devait s'y attendre d'après le grand principe qu'il n'y a point d'effet sans cause.

Ay TABLES TOUBNA.NTES.

Je remarquerai ù l'honneur de la société française que 1 intérêt pécuniaire a été étranger à cette crise de crédulité publique, d'amour du mer\'eilleux , de curiosité de l'avenir, passions qui créent à l'ordinaire une grande quantité de marchandises qui ne se pèsent point à la balance , mais qui pour cela n'en sont pas payées moins cher. Les médiums ou sujets français n'ont point eu pour but , en général , remboursement des dollars. Si la bonne foi n'a pas toujours été rigoureusement respectée, c'a été souvent le désir d'avoir raison, plutôt que celui de tromper, qui a guidé les contrevenants. Il est bien diflBcile, quand on soutient passionnément une thèse contestée, de ne pas vouloir triompher à tout prix. L'entraînement delà discussion amène dans l'expérimentation, comme dans les pratiques religieuses , ce qu'on désignait autrefois sous le nom de fraudes pieuses; mais là, comme partout , on peut poser des principes et amener les prétendants au surnaturel à répondre par oui ou par non aux épreuves indiquées.

Nous avons déjà dit que pour l'imagination il n'est point de règles, point de principes, point d'impossibi-

la nature. De là à croire à un vrai dérangement dans l'ordre de l'univers, il n'y £i qu'un pas; mais ce pas, à considérer la chose sous tous les points de vue, est infranchissable. Admettez-vous la grande idée de la puissance créatrice qui a produit et coordonné l'univers , vous y trouvez que la toute-puissance qui en a fixé les lois est elle-même esclave de ces lois qu'elle a fixées , car autrement .il faudrait admettre en elle une imprévoyance ou une ignorance qui répugnent au plus simple sens commun. Dieu , suivant la belle expression de Sénèque , a parlé une fois, et depuis il s'obéit toujours à lui-même. Semel jussity semper paret! Admettez-vous la nature s'organisant elle-même sous l'empire des propriétés innées de la matière étemelle et de la vie : alors qui peut commander une dérogation aux lois qui résultent de ces propriétés , puisqu'il n'y a aucun pouvoir directeur, aucun donneur d'ordre pour suspendre ou contredire la marche fatale des faits? Je n'examine pas ici le cas d'un miracleabsurde , immoral ou ridicule , que le sens commun rejette dans toutes les hypothèses.

Nous voilà donc autorisés à établir des principes qui , pour les lois de la nature, doivent être exclusivement tirés de l'observation des faits. Pour savoir ce qui est , il faut observer. Les collections de faits conduisent à des inductions qui , vérifiées dans tous les cas où peut atteindre l'observation , deviennent des lois , des principes qui ont toute la certitude que comporte le sujet. Ainsi on a reconnu que tous les corps sont pesants, mobiles, résistants , électriques , agissant sur les organes du tact , de l'ouïe, de la vue. Au lieu de chercher théoriquement avec Descartes à deviner les propriétés qui font l'essence

'Jl8 TABLES TOURNANTES.

(le la matière , on a reconnu et mesuré expérimentalemont avec Bacon toutes les propriétés physiques de la matière. Par exemple, au lieu de se consumer en vains efforts pour comprendre ce que c'est que l'élasticité , on a emprisonné dans le fer la vapeur élastique de Teau produite par le feu , et on a obtenu la machine à vapeur. L'exposé des résultats des sciences d'ob8er>ation est donc le véritable code de la nature, code qui peut être incomplet, mais qui n'admet point de loi fausse. C'est donc ce code , produit de la méthode d'induction , de l'observation patiente et de la logique mathématique , qu'admet la raison comme un ensemble de lois irréfragables auxquelles toute contravention sera une véritable réduction à l'absurbe.

Prenons un exemple dans notre sujet. Tous les corps sont pesants , tous non soutenus se précipitent vers la terre. Ici , point d'exception ni même de variété dans l'exercice de cette propriété , la plus générale de toutes. 1 kilogramme de pierre , d'argent , de fer, d'eau , i kilogramme d'huile , d'air même , pèsent tous de la même manière. Il n'y a ni plus ni moins dans cette force, il n'y

tite pièce d'or, un dollar américain , ou la pareille petite pièce française de 5 francs, alors on gagnerait créance pour toute manifestation surnaturelle que l'on voudrait faire adopter. Je n'ai pas besoin de dire que nous en sommes à attendre ce miracle positif, et que sans aucun doute nous l'attendrons éternellement (i): et remarquez à quels embarras vous ouvrez la porte par vos prétentions au surnaturel ! Vous obtenez , je l'admets pour un moment, un effet contraire aux lois bien établies : on vous demandera d'expliquer le motif de ce trait de folie de la nature ; on vous dira qu'il répugne à la raison , à la plus simple intelligence d'admettre qu'à la volonté d'un individu tout l'édifice si bien coordonné du monde physique soit contrarié ; et on vous pressera de tant d'arguments irrésistibles, que vous serez moins embarrassé de croire à une erreur, à une illusion de votre part qu'à

(i) J'ai dit plus haut que tout expérimentateur avait le droit , sinon écrit , du moins tacitement reconnu , de venir provoquer un examen de l'Académie des Sciences sur un résultat quelconque obtenu par une observation consciencieuse. Les portes de l'assemblée sont libéralement ouvertes au public à toutes les séances du lundi , et un expérimentateur quelconque peut demander la parole pour faire connaître ses travaux par la lecture d'un Mémoire explicatif. Eh bien , qu'un de ceux qui n'admettent pas les principes déduits des faits connus jusqu'ici arrive avec l'annonce qu'au moyen de tant de médiums qu'il voudra , mais sans contact aucun et à dislance, il suspend en Vair, sans autre support que la volonté, un corps pesant plus compacte que l'air et tout à fait en repos : si son assertion est reconnue vraie , il sera proclamé le premier des savants du monde entier.

uiMr iiKx^ufaé'jixefAi(:4f tUim le système da manâe. CotaF

un <i£>lioii<^u<' 4^iii verrait la lune aller éclipser l'éUâp [yAdiii u\iu iioïrdïi \i'dii fum yeux. Rien d'inopos^âf t/Auu.i uij fuirait le al>hurde, et notez bien kâ qop.âès tjm »oufc oJtefc mlra<:te ou fait surnaturel, vous impiSqna t<u'-iU'/U^-!/i( Ji'i^Ml une renonciation volontaire à Toardre <> chobi'-t: '^étUiiHÏ, Or cAiiUi dérogation doit avoir une 4:<^uaI' . oui i'^t uiorb un motif, puisriu'il y a contradiction i.y>. Wir *,ifïiimn'^. Vous voilà tenu de légitimer cemoiji: soit*- ti^jt |;iéu^ndu »»urnaturcl vous conduit à deve- «ijj Uy/i'^tianmi rt^fMinKable de l'intention qui la produit; 4rt uioi'b j^re leti motifs insuffisants, Milgaires ou i'i/ii/:<i|es :

(hisii'i t/>Ub les Ijvnts qui rapportent des faits miraculeux <'i ii(;tammeiit Wm miracles des convulsionnairès de ^Uii'!A^u\itni m tomheau du diacre Paris, vous y verrei la Ujewî iles nurtulrH mal faits examinée à fond et adm\m'. W4m réh4frv<*s* l/autinir parle des faiseurs de diffiruinai» nul Hti nh'oUrnt d'une mtinière si indécente et qui nient tout net /fiie l'aiiàration de Dieu puisse se trouver Itnrlmtl nii il a k'intnf^ineront trauver du péril, du bas, de PindiWnt. Oue ferait de pis contre la puissance divine

TABLES TOURNANTES. il

rels. Je n'y ai point mi cependant cette indication de saint Hilaire et de plusieurs écrivains sacrés , savoir que la suppression de l'action de la pesanteur est un caractère miraculeux. « Les tombeaux des saints , dit saint Hilaire, guérissent les maladies, et c'est une œuvre digne d'admiration d'y voir les corps soulevés sans corde qui les hisse* » Que les adeptes du mystère du jour [mysterv of day) nous montrent le corps pesant dont parle saint Hilaire, suspendu sans corde et sans mouvement, et nous reconnaîtrons tout de suite un miracle réel.

Plusieurs âmes timorées , du reste de la plus louable bonne foi et de la plus évangélique bienveillance , paraissent craindre que l'examen critique des pré tondus miracles nouveaux ne conduise à attaquer ceux qu'admettent nos dogmes chrétiens; c'est ce sentiment général qui en Amérique , où pullulent mille sec les chrétiennes , a accueilli les vieux prodiges remis à neuf. L'évêque de Saint-Louis a même lancé contre eux les foudres de l'Église : c'était, comme dans V Enéide^ frapper à vide sur des fantômes.

Irpu/< et frustra ferro diverberaf umbras.

Le clergé français a été bien plus digne et bien plus sage; il n'en a appelé qu'à la raison, et tout le monde a applaudi.

On pense bien que cent fois on a dû me demander mon avis sur toutes ces matières. Ici comme ailleurs , je n'ai nulle envie de cacher mon opinion ; voici donc ce que je réponds. La science ne doit jamais être agrès-

l'A TABLES TOCRNA-TTES.

sivo , ot la question des miracles est une question de controvorsc religieuse épuisée depuis longtemps, où tout (I été dit pour ou contre par les cor^-phées de Te^rit humain. Sous ce point de vue, la science des faits, la scicnro positive n'a rien à y voir; mais si au moyen de l>r('ît(m(lus miraclos récents des esprits primesautiers 'o\|)rossion de Montaigne, qui signifie, en bon français, rtniinlis) vi(»nnont attaquer les principes qui ont assuré les progrcîs (l(»s sciences d'observation, il faut défendre rrH'rgi(iucmont ces principes fondamentaux delà raison l>rati(pio, ot montrer aux agresseurs imprudents que la htniw. à. laquelle on veut faire couper le fer ne peut plus ensuite entamer même le bois. C'est ce que disait hardinuMit Kepler aux théologiens qui prenaient si légèrcîncuit l'initialivo et la mission d'attaquer la doctrine physi(pi(î (!(» C()p(»rnic et de Galilée. Dans la dédicace de son ()uvra;i;(^ au pape, Copernic avait traité ces gens-là d(» parleurs à tort et a travers sur des matières qu'ils ifrnorenf. h 1,(»s livres do science, ajoute-t-il, sont écrits pour (\{ro. lus i)arl(»s savants; matfiematica mathematicis scrihuntur. » La science moderne, en ^e popularisant, suivant l'cxprossion reçue, a ouvert la porte à bien des

posant d'ailleurs qu'il y eût à cela l'utilité qu'y semblent reconnaître les précepteurs sceptiques des nations , ne devraient pas avoir un peu de condescendance pour la masse immense de ceux qui peuvent y croire ? Et, s'ils les regardent comme aveugles , ce serait une preuve de bon goût, je dirais presque de charité, de ne pas trop se moquer de leur infirmité , surtout en ayant si peu de chance de la guérir.

Beaucoup de théologiens sérieux et parfaitement orthodoxes ont tâché , on l'ignore peut-être , d'assigner des causes naturelles aux miracles reconnus authentiques. L'étoile même qui conduisit les rois mages au berceau du Christ au moment où commence notre ère a été identifiée tantôt avec une comète, tantôt a\ec une de ces étoiles temporaires qui , comme la fameuse pèlerine [peregrina) de i572, brilla d'un éclat sans rival pendant quelques mois pour s'éteindre sur place et sans doute pour reparaître plus tard. Ces théologiens ne voient le miracle que dans la circonstance, suivant eux non fortuite , qui amène le phénomène naturel juste au moment où arrive l'événement historique qu'il est destiné à marquer du sceau du merveilleux. C'est ainsi que dans un village des environs de Poitiers , au moment d'une plantation de croix, sur la tète d'une nombreuse procession en plein air, au soleil couchant et au moment où l'on entonnait les chants de la consécration du pieux monument , la croix aérienne d'un bel anthélie météorologique apparut au-dessus de toutes les lètes et fut un vrai miracle pour les nombreux assistants. M. Bravais nous a donné depuis peu d'années la théorie, longtemps inutilement cherchée , de ce curieux et rare météore.

Un voit dans la rciatioii du miracle de Migné j pnbîiée jjnr Iti rli*rgé pastoral de PoiliersT T indication expresse r|iM> Uv iiHTvmlloux consistai l dans Tappantion du pbé* fin(m>în^ au moment pi"écis de la consécration de la croii do misHion, Jo pourruis citer mille exemples semblables, mah là*dyt^âus jo n*ai rien à dire : ce n'est pas mon ntj'alt'e ni e<4lo dm principes scientinqnes que Ton atiar]uo unjourdlLuL

Qu^nt aux eor[is suspendus en l'air^ sans cordes, sans namils ot sans lacs qui les RO\i{leï\i\enl {< UvaM si/if hrt/tu*h vo/pffm)^ co eeraienl là les plus miraculeux de lOUM ïm miracles ^ puisqu'ils contrediraient b première rleM loiM di^ la creution. Os miracîes sont mentionnés par brun des auleurs. Suint Hilaire, saint Jérôme, saint Paulin et Sulpice StSvère les donnent comme ordinaires aux iomhcnux des saints et des martyrs en général , et spécialement à coux d'Élyséo, du prophète Abdias, de naint Ji^an-Iîaptiste, de saint Martin et de saint Félix^ Mil if* cen miracles, comme on va le voir , n'ont rien du commun «V(M' le miracle que je somme les thaumaturges moderneH de nous faire , à savoir : de nous montrer une

TABLES TOl'RNANTÈS. 35

|>as cependant sur leur tète qui était en bas , et que ce second miracle était pour faire enrager le diable , (jui aurait bien voulu que le miracle blessât la pudeur. Satan est bien plus vexé quand l'honnêteté n'est pas compromise ; — illœso graviùs torque tur honasto, — Ce complément du miracle, ces jupes non retombantes sur la tête paraissent tout à fait indispensables à l'auteur janséniste des Miracles de Saint-Mcdard ; autrement , dit-il , ce ne serait qu'un prodige d'indécence et d'immodestie ! Je suis tout à fait de son avis , quoique je ne sois pas janséniste.

Le miracle en question est de ceux qui font partie de la collection bien connue des prestiges de ce qu'on appelait autrefois magie blanche, et qui n'étaient môm(» pas un péché véniel , tandis que la magie dial)olique était un péché pis que mortel , et classé par les casuistes dans la catégorie des cas résen^és. Rien n'est plus facile à expliquer ou même à reproduire que cette apparence curieuse. Tout le monde sait que les Grecs avaient éttjdié à fond l'effet des miroirs ; tout le monde a vu sur une eau tranquille les arbres et les hommes placés sur la rive opposée se refléter la tête en bas dans le poétique miroir des eaux. Eh bien , étendez-vous à demi couché sur un canapé dans une chambre un peu obscure, de manière à porter commodément vos yeux audessus de vous vers une glace pla(;ée horizontalement sur votre tête et attachée au plafond par des cordes qui la soutiennent do niveau , le côté étamé en bas : alors fei une figure quelconque , un homme , une femme ou un animal , est placée dans un grand jour vis-à-vis d'un fond très-noir, on verra dans ce miroir cette figure

M't TABLES TOURNANTES.

marrhor la tète en bas et les pieds en haut. Si le miroir <'St incliné à 45 degrés, un homme debout, et qui liimt un ohmIUt sur sa tète, apparaît comme un homme rouelle. Voyez les ouvrages intitulés : Description (fan rfthinrt dr physique , et VOUS direz : a Connu, connu! PaHSfjns à d'autres tours de force ! /> En fait de mirarUîH :

Il iiuuH faut du nouveau, n'en fût-il plus au monde!

l/objot (le cette étude est de considérer les phénomènes nouveaux ou renouvelés des siècles précédents ixw point do vue des principes de la science expérimentale», principes méconnus et attaqués par un grand nombres de ceux qui n*ont été guidés que par Timagifiation dans ce qu'ils ont écrit sur les tables tournantes (^t leurH manifestations métaphysiques. Il nous est donc inU»rdit d'entreprendre l'examen des faits curieux qui ont prêté à la magie, à la superstition , à la fourberie morale un dangereux appui. Le somnambulisme et le magnétisme, i|ni ik^vit^ndronL dans j>eu une belle et positive science

TABLES T0UILV4NTES. Sj

simple dans la transmission de Taclion d*un corps vivant à un corps inanimé. Tout indique que la transmission se fait à Tinsu de Topérateur et par une action dont il n'a pas la conscience; mais croire avec M. Charles Jullien a que l'influence magnétique indubitable que le magnétiseur exerce sur son somnambule par sa seule volonté mise en rapport sans contact avec son somnambule, que cette influence, dis-je, se transmettra de même sans contact de Topera leur aux tables, » c'est méconnaître en ce point la question à résoudre , puisqu'on admettant l'action magnétique il suffit au magnétiseur d'agir sans contact sur la pensée de son somnambule , laquelle pensée guide ensuite les actions dudit somnambule, tandis que dans le cas de la table supposée impressionnée autrement que par le contact , où serait le principe dirigeant qui , recevant cette action sans contact, la transmettrait à la table? — Mais, dirat-on , une portion de la volonté de l'opérateur peut momentanément se loger dans la table et la faire obéir, a La même force, dit M. Jullien , qui entraîne et dirige les personnes , produit absolument les mêmes résultats sur des objets inanimés. » Or voilà ce qui est impossible et rompt toutes les analogies. Pour que la volonté du magnétiseur fasse agir le somnambule, elle doit se transmettre à la pensée de celui-ci , laquelle pensée a ensuite pour se faire obéir l'admirable appareil du cer>eau , des nerfs et des muscles. Si vous imaginez que la pensée de l'opérateur se fixe dans la table de manière à lui communiquer une sorte d'instinct vital , il faudra encore foire naître dans cette table le système obligé d'un cerveau, d'un fluide électrique conduit par les nerfs de la

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