‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 2)Chapitre 8 sur 21 · I 34 INFLUENCE DES GOURANTS DE LA MER · texte numérisé non relu

I 34 INFLUENCE DES GOURANTS DE LA MER

partant d'Europe , d'après la logique seule annonce de nouveaux continents dans ces vastes mers, qui devaient occuper les deux tiers du monde entre l'Europe occidentale et les rivages orientaux de TAsie.

L'assurance de son discours n*eîït pas été plus forte après que Colomb et Vincent Pinson eurent touché l'orient de l'Amérique, et que Balboa, Cortès et Pizarre en eurent reconnu les côtes occidentales. Il eût été très-facile à la nature de loger encore un autre nouveau monde entre l'Amérique et l'Asie , dans la plus vaste étendue qu'occupe l'océan Pacifique ; mais , en se bornant aux deux Amériques, est-il rien de plus précis que les paroles d'Aristote?

Après avoir parlé de l'ancien continent et des îles qui Icntourent , il affirme que les continents eux-mêmes sont entourés par des mers et n'offrent point de continuité. Évidemment, la mer qui, à l'orient, bornait l'Asie, ot l'immense espace qui restait entre cette limite et l'Europe, même avec les notions peu exactes qu'on avait sur la grandeur de la terre, lui donnaient l'idée fort juste que ces nouveaux continents devaient être isolés de Tancien. Son assertion indique une certitude parfaite:

« La terre habitable, dit-il, est divisée, dans le langai^e vulgaire, en continents et en îles. Ils ignorent, ceux qui parlent ainsi , que notre continent est une grande île unique , baignée de tous côtés par la mer désignée sous le nom d'Atlantique ; mais il faut admettre qu'il y en a plusieurs autres dont les rivages sont opposés à nos rivages et qui gisent à de grandes distances : les unes sont plus grandes que notre continent, los autres sont plus petites. Pour nous, toutes ces terres

5l1 LES «XIMvTt-. !'i!i

isolées àonl inconco^. i ".ex.??:t!.n -ie ^? L::pr. l^ même que nc«« peîiîes il^ >:lî sri^r^Ë^* ç»dr '-rf :r^:::r? mers qui ies entcirent . •!•? d-rrr.^ r. " "jt? terre er :>. .rpar ie» tViU de :V«cean Allant: i^-? . r: irr? :v:::v5 .::r.-.nents le à^»nt par la mer ^inivri^/lle. 'Zf:< o.r.\:LTr-> sont donc, conime le tvtre. •:•« -isi-^^rs :- -Tir.ieî ..-.-?. baignées et entoorées f^ar d-ES mer- l.T:rïirr?e?.

Qu'acrait dit dep.us e\2.:l cv ^^si fei^eir «:époQx d'une reine, et «pj: eut ". :-.r.r;e;j: d^tr-e .r : récepteur d'Aleundre . ?':! eûî pu je^j-r .^? yejx sur .r.v 4le nos cartes que la civilisai! :n avViellv. e-.ec .ê .:::. graphie, vend au prix ce quelques oenî ::::*-?. r: : . :. eût vu les deux Amèr-r^eï' et ÎAjîtra ".:■:'- «J-*/. :-.!-:.-:: pour ce zrand génie, dav.iîr c-rr.ni. ?c:: - '.-: -. .: ■ que Christophe Gokir.b vit sans >coT.«i.::e".

De même que. dans rAtlanti.pie du nvri. le •.'.■.:c:!.i équatorial. qui s'en;gou^re dans le ^olfe la Me\i:u».-. revient sur lui-même en passant j^sr des l::î::u:es t-1-vées . une autre [«rtion de ce co'jrdiit. bien piis ]v-,::- . après avoir heurté le cap Saint-R'-ch qui f»: me Id ;-. in- orientale de l'Amérique du Sud . descend le ••.■nj ie . ; côte orientale de cette mëir.e Amérique du Sud. vt .. :> suite, traversant TAtiantique de l'ouest a l'est, r-- i-r.: vers l'Afrique inférieure f^iur rem'>nter ensuiie le 1 . r.-: descentes occidentales de cette partie du monde, rt r. joindre !e grand courant tropicVi ;mr le sud comme 1-. Gulf-Stream le rejoint par le nurl. A !a quantité j rrs de» eaux, ce courant est parfaitement semblable c:u •■::cuit qui occupe le nord de cet «.'Céan. La portion qui sh I dé\erse hors des tropiques et qi;i revient de i'oiiesî À l'est du sud de r^Vmériqiiè eu sud de rAfritiiie e-:

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aussi un courant d'eau chaude, comme le Gulf-Stream l'est entre les États-Unis et l'Europe. La comparaison (les masses d'eau qu'entraîne séparément chacun de ces deux circuits montre combien le nord , dans la proportion des eaux chaudes qu'il reçoit, est favorisé comparativement au midi. On peut assurer que le circuit du nord forme un courant qui est cinq à six fois plus abondant que le circuit du midi.

Si nous jetons maintenant les yeux sur l'océan Pacifique, nous y voyons de même les eaux tropicales venir se briser contre la Nouvelle-Hollande , l'archipel de la Sonde et le bas de l'Asie. La plupart de ces eaux remontent au nord en un vaste courant d'eau tiède qui vient donner à la haute Californie et à l'Orégon un climat presque comparable à celui de notre Europe: On cite la végétation de l'Orégon , comme unique dans le monde entier. On parle d'arbres gigantesques dont la cime atteindrait loo mètres. Dans l'Orégon comme dans l'Europe, c'est encore le vent d'ouest qui jette un manteau d'air tiède sur ces contrées privilégiées, tandis que sur les côtes correspondantes de la Chine ^ à latitudes égales , le climat est infiniment moins favorable. C'est encore l'histoire de l'Europe comparée aux États- Unis, et, de même que, dans l'Atlantique, un petit courant chaud bien constaté par M. Duperrey, de l'Institut, se dirige vers le sud , et revenant à l'est vers le bas de l'Amérique, vient enfin rejoindre le grand courant tropical dont il a été dérivé, tandis que presque toute la masse de ce courant tropical remonte vers les régions septentrionales, où elle porte son utile chaleur.

Ainsi dans le Pacifique comme dans l'Atlantique, on

SFR LE* CLIM\T?. : 3"

ât que le partage de? eaus ch .-jde? est trut d fsiî en veur des région? sepîentnona'.es . comf»aniî:Yen:eTit K régions antarcliqijes. Fi existe un cinquième T*t:t iGuit dans la merdes Indes, cet océan qui n'a ce <:ie* nement que vers le sud. Encore ce courant . t^rr.e à pointe sud de 1" Afrique et de la NouTelle-HMÎ:a:ide . r.e 3Boeiid pas à des latitudes bien considérables. On voit donc que dans leur ensemble les trois j-etits reuits qui portent au sud les ei-^ux de réquatoi;r. s^'r.i lÎB d'égaler en eflBcacité les deux immenses couranî> Il nord de l'Atlantique et du Pacifique. Aussi la pr-ran nord de notre globe jouit -elle de climats bien aii- ^eoient favorables que l'hémisphère sud: et . pour n en lier qu'un exemple, les glaces polaires descendent à fline au nord jusqu'à lo degrés du pcile. tandis qu'au id elles atteignent en moyenne le cercle polaire cniictique à 22 degrés et demi du [^ôle sud.

Gomme indépendamment des cinq circuits qui lisent T Atlantique du Nord, l'Atlantique du Sud. le JÔfique du Nord . le Pacifique du Sud . et enfin la mer 3i Indes, nous avons mentionné une mer Glaciale du (■d et une mer Glaciale du Sud . nous dirons sommai - «ent que. dans ces mers, le courant semble diriiié sn Test, tout alentour du pôle voisin.

Les faits que nous venons de relater s'appuient sur OB admirable carte de M. Duperrey, où , sans égard à jcon s\'5tème, il a tracé les courants maritimes les plus 4hentiquement constatés, soit par lui, soit par les lAres navigateurs scientifiques. Quant à la théorie méflique de ces grands mouvements des eaux, théorie ipB a indiqué d'avance l'existence de ces fleuves sans

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fin , qui reviennent sur eux-mêmes par un mouvement perpétuel , nous nous hasarderons , malgré la difficulté du sujet, à en dire quelques mots.

On a souvent attribué le grand courant tropical de l'Atlantique à l'influence du souffle des alizés qui règne constamment entre les tropiques , en allant de Test à l'ouest. Le contre-courant du Gulf-Stream et des quatre autre circuits analogues pourrait être aussi attribué aux contre-courants des alizés qui soufflent vers l'est; mais si l'on fait attention que les courants maritimes ne sont pas seulement superficiels , mais qu'ils se propagent à une grande profondeur, on sera moins tenté de faire intervenir ici l'action superficielle du vent. Une autre cause plus puissante agit ici : tout le monde sait que les points de la terre situés entre les tropiques ont plus de vitesse que les points situés à des latitudes plus élevées ; cette vitesse a le même sens que la rotation de la terre, c'est-à-dire qu'elle est dirigée vers l'est. Or maintenant, si l'on considère que les eaux tropicales , échauffées par le soleil , se dilatent et s'élèvent au-dessus des couches voisines, on conçoit qu'il en résulte un déversement continuel de l'équateur vers les pôles, lequel, portant dans les latitudes élevées de l'eau douée d'un mouvement vers l'est , engendre , par là même, dans ces latitudes, un courant marchant vers l'est, comme l'indique l'observation. Pour suppléera cette eau déversée , il en revient de nouvelle provenant des courants de retour, et c'est ainsi que s'établissent les courants permanents.

Si l'on chauffe un vase par le flanc comme les mar- ■î que l'on met à côté du feu et non dessus, on

sn LIS anitr?. iSo

rail s'opérer rap&>Kiieï:h > ievfr?^^Tc: i-e = r^ir::- Btérîeure Toiïine di fe:; -»rrs li i^èm-r :*:iï:er.'r^ri- -:; ïmde. tandif qise "/cêu r'r.ii? rrT-V:i: rôr-itSsvTiï xendre îa place ôr l>c- r-i Sts: ie-.-frsoe ^ur r-.r. L*espên«nce f-ea: i&?Qe =<e îâ:^ :~ï-iel:oi:ecr.-rr.: -:: ■DS 'vas* aucun, i-^ec ur?? i.«r-4::r ciisé-e 'rarr^^ir .:- ;.ipier lé^er que t^-i;: > mos-i-e' ss.: l'air^ e: .: i:: ir> boots de laquelle. ap^?5 y a-.nr ni^ de . v.-.;. r. implique un fer à rer^âscr aséez :Vr:exe!i: c":..- ::::? . r. «oit alors ie dêver?ex-?:it >r ::>/.::r\- ie '.^ :dr:.dhaude sur ia p.art:e fr.fde. Enr^n. Î:r5.rù0!i ^eu: ::::> flétement repp.«iuire !e îbes:2ir::e î'>f oouran:^ niAr:terrestre*. en place un v3?e de ler-t.Jîno v:..-::Te un de ^e^ tvrds sur une p'.âîe-::rxe r-i t»:'i;rr.e : .:r. rement uniforme, et i on reivnnait . \^t î'iniAV.t.n ie petits plongeur? fixés sur '.es Uiris du a jïse . quo ',e coorant a piarfaiîement la même ûi5f-.>?:î::n :-.:o >ur ODtre globe tournant . ne laiséiant ainsi aucun d . ir.o sur h réalité de la thefi^rie ijui précède.

D nous resterait enct-re a examiner plusieurs jre- ■mptions relatives à des échanges qui se feraient en:re les divers océans et qui . vers îes pc'intes méridiona'.os les continents, comme par les détroits de Davis et dr Muîng. pn^uiraient de véritatùos courant? déchan-re : ^■BS la théorie risque toujours beaucoup quand elîo ^vnt devancer lobsenation des faits : au milieu de toutes j las complications des actions de la nature, c'est de à i fart heureux que de trouver l'explication des faits bien .cooslatés. Sans en adopter l'orgueil, citons, en tinisf ont. ces remarquables paroles de Pline : Omtcnti m- I MU im^Htis, ftùquifi i^rritati et p^istrri cxtnftni/ir.

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« Contentons-nous de ce que nous avons trouvé , et laissons à la postérité quelque chose à faire pour la connaissance de la vérité. »

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