‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiquesChapitre 7 sur 13 · U SÉCHERESSE, LES IRRIGATIONS ET LES REBOISEMENTS · texte numérisé non relu

U SÉCHERESSE, LES IRRIGATIONS ET LES REBOISEMENTS

(Séance des cinq Académies du i4 août iS58.)

En prenant la parole au nom de la météorologie , je ne me dissimule pas que le nom de cette science est encore bien peu connu, même du public d'élite qui désormais , cessant d'être indifférent aux progrès de la société, est appelé lui-même à y contribuer puissamment par l'influence morale de ses encouragements et de son appréciation favorable. C'est un thème usé et presque banal que de rappeler et d*énumérer tous les bienfaits sociaux des applications de la mécanique, de la chimie, de la physique, de la physiologie, dont les lois gouvernent le monde entier et ne s'arrêtent qu'au domaine non moins vaste de la pensée et de l'intelligence.

L'antiquité a divinisé la découverte du feu, celle des céréales^ la conquête des races d'animaux employés comme travailleurs et comme auxiliaires, et enfin l'emploi du fer et des métaux comme outils qui centuplent la puissance de l'homme. Ce dernier objet paraissait si capital à Franklin, cette personnification du bon sens, qu'il n'hésitait pas à définir l'homme : l'animal qui sait se faire des outils. Ce privilège, il ne le partage avec aucune autre race vivante, avec celles même qui sont le plus élevées dans l'ordre de ce qu'on appelle l'instinct.

ADJounTliiii et depas pca d'années HMMnme a créé une nombreose race de aoleiirs înaBÎinéSw plus poissants, plus laborieax. pins obéîsBants que les animaux. Du fer, de TeaD el dn feu. Toila loal ce que la science a empnmté â la nature et aux arts. Pailerai-je de râectricité travaiUeiEe et da principe de la foudre maîtrisé et utilisé par la pile de Tolta en cent manières, parmi lesquelles on compte Fédair^e électrique qui riralise avec le soleil, et cette sorte de télégraphe dont la première annonce eol liea à la place même où je parle, par mi génie du premier ordre, par un Français, par Ampère. Tous ceux qui m*écoQtent pensent sans doute en ce moment au miracle de ces derniers jours, au télégraphe qui rient de mettre le noureau monde à quelques secondes de Tancien.

Entre les découvertes les plus inespérées je mettrai encore, et à part, la découverte physiologique de la suppression de la douleur.

On n*a point encore classé parmi les sciences la météorol<^e, qui emprunte à la géographie, à la ph^-sique. à l'astronomie, à la mécanique, à l'optique, les notions et les principes qu'elle applique aux phénomènes de la nature. Il suffit de dire que la météorologie a pour objet la connaissance des climats du monde entier, de son arrosement et de son échauffement fertilisateurs, des vents et des courants qui voyagent dans les champs de Tair et dans les plaines océaniques, enfin quelle préside à la distribution des races animales et végétales sur le globe entier, et par suite à la prospérité et à la décadence des populations humaines qu'alimente la fécondité du sol et qui disparaissent avec son épuisement. La

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