DE LA PLUIB ET DES INONDATIONS
tiens de nés contrées s'alimentent da produit d'an petit nombre de plantes et d'animaux, et que cette production si essentielle dépend uniquement des influences du climat, les études météorologiques reprennent le haut rang qui leur est dû dans l'agriculture comme dans la médecine. Elles entrent par leurs résultats dans le domaine de l'économie politique, n ne s'agit plus d'une partie de promenade contrariée par le mauvais temps ou d'une averse à éviter, mais bien de l'approvisionnement et de Talimentation des deux cent cinquante millions d'hommes de notre Europe. En un mot, la question est celle de la subsistance facile ou de la disette, de l'abondance ou de la famine.
Les pluies désastreuses qui ont ravagé la France par les inondations qui en ont été la suite dans ces derniers mois, et qui, chose singulière, ne se sont Mi sentir que dans la France moyenne , dans les bassins de la Loire et du Rhône, entre les bassins non compromis de la Seine et de la Gironde, ont excité, par la grandeur du fléau, un étonnement général, une véritable consternation. Chacun a demandé quelle était la cause de ces désastres, et s'il était possible de les prévoir, de les prévenir, ou enfin de les réparer. Tous ceux que l'on pr^ume s'occuper de la physique du globe ont été accablés de questions relatives à cet état météorologique si exceptionnel, et la réponse prudente : a Je ne sais pas ! » était loin d'être accueillie favorablement, et provoquait infailliblement cette réflexion peu obligeante : a Mais à quoi donc sert la science? »
Avant de répondre, il faut savoir; poursavoir, il faut observer et recueillir des instructions venues de diverses
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parties du globe; il faut enfin connaître quel a été Tétat météorologique du globe dans les années antérieures. On voit que dans une pareille situation de nos connaissances rignorance et le doute sont bien pardonnables, ou plutôt qu'ils sont impérieusement commandés, sous peine de tomber dans les inconvénients qui attendent ceux qui se croient obligés de tout savoir et d'avoir réponse à toutes les questions. En essayant aujourd'hui d'expliquer les inondations de la France centrale par la t éorie de la pluie que j'ai donnée eni848) je ne me flatte pas d'entraîner une conviction unanime. Je désire seulement qu'on pèse attentivement les faits que j'ai groupés et les analogies nombreuses d'où j'ai déduit mes conclusions.
L'air, même quand il est pur, transparent et bleu, est un vaste réservoir d'eau en vapeur mêlée k l'air sec et constituant avec lui ce que Ton appelle Vatmosphêre. C'est cette vaste mer aérienne sans rivages et sans limites qui entoure la terre de toutes parts, et dont la profondeur peut être estimée à 60 Idlomètres. L'homme, les animaux et les plantes vivent au fond de cet océan de fluide respirable qui est environ huit cents fois moins compacte que l'eau, mais qui cependant, mobilisé par des vents impétueux, peut remplacer le poids qui lui manque par la grande vitesse qu'il acquiert, et produire des eflets tout aussi terribles que l'eau, ainsi qu'on l'observe dans les ouragans des Antilles et des contrées intertropicales, qui rasent tout à la surface du sol qu'ils
La présence de l'eau dans l'atmosphère est indispensable pour rendre l'air respirable. Un air trop sec des-^