DE LA PLUIE ET DBS INONDATIONS. II
après avoir consulté les lumières pratiques de nos ingénieurs, qui tiennent le premier rang dans le monde entier, n'a pas jugé la chose désespérée. Il s'agit de mettre des obstacles temporaires à la réunion trop prompte de toutes les inondations partielles, et de donner le temps de s'écouler aux masses d'eau déjà accumulées avant de laisser d'autres masses destructives arriver pour augmenter le désordre et le rendre irrémédiable. Gagner du temps est tout dans cette circonstance, et si l'on peut retarderla marche d'une rivière de manière à la faire aller deux fois moins vite, c'est comme si l'on en réduisait les eaux à moitié, puisque l'on gagne deux fois plus de temps pour en opérer l'écoulement. J'adopterai cette manière de voir, qui me parait très-rationnelle. D s'agira donc de placer au travers des cours d'eau qui deviendront menaçants des barrages momentanés, qui diminueront la pente et la dépense de ces cours d'eau, et par suite les rendront inoffensifs.
La question ainsi posée, il nous faut imaginer un barrage momentané, facile à établir sans travaux préparatoires longs et dispendieux, et qui puisse entraver la marche du courant jusqu'au moment où la masse de ses eaux n^offînra plus de danger. En ce genre, rien ne me parait plus praticable que d'avoir de grandes caisses creuses en fonte, et pareilles à celles dans lesquelles on einbarque des provisions d'eau à bord des grands bâtiments de la marine. Ces caisses, d'ailleurs très-so* lides, flottent facilement quand elles sont vides, et sont, par suite, d'un transport aisé. ÂfMrès les avoir amenées en travers du courant, on les relierait l'une à l'autre