DE LA PLUIE ET DES INONDATIONS. I!1I
On peut déjà reconnaître que la culture, qui, par rétablissement de fossés et de procédés de drainage, rend l'écoulement des eaux pluviales plus prompt et leur arrivée plus rapide dans les cours d'eau permanents, que la culture, disons-nous, a contribué à donner à nos rivières un régime torrentiel. Les cours d'eau, par le rapide écoulement des produits de la pluie, s'enflent démesurément et ravinent leur lit. En même temps la terre végétale des collines est entraînée loin des hauteurs qu'elle devrait continuer à recouvrir et à rendre fertiles. Pour éviter cet inconvénient, tout le monde a pensé à des fossés creusés en travers de la pente pour arrêter les eaux et les terres qu'elles entraînent. Ces fossés devraient être plantés et défendus contre la dévastation ordinaire des bûcherons et du bétail. Toutes les crêtes des collines devraient sans retard être boisées, ce qui aurait le double avantage de produire la pluie, comme nous l'avons dit déjà, et ensuite d'en retenir les eaux bienfaisantes. Plus tard, de proche en proche , la végétation gagnerait de l'espace et refertîiiserait la terre. Quant à la mise à exécution de ces travaux , dont les propriétaires supporteraient une partie de la dépense, je me hasarderai à reprendre une idée que déjà j'ai émise dans ces Études, à savoir, l'organisation de régiments de planteurs pris parmi les vétérans de l'armée. On utiliserait ainsi, dans des travaux qui seraient à peu près analogues à ceux des jardiniers, la vieillesse et une partie de l'âge mûr d'hommes estimables dont on assurerait la subsistance jusqu'à leur mort* Leurs habitudes de subordination, la régularité de leur travail, et le bas prix auquel on IV. 6