‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 3)Chapitre 45 sur 49 · LA VIE AUX DIVERS AGES DE LA TERRE · texte numérisé non relu

LA VIE AUX DIVERS AGES DE LA TERRE

existent entre la race caucasique d'Europe et la race

nègre d'Afrique. Je dois dire, pour n'omettre aucune

des piè^s du procès, que la doctrine moderne des

développements embryonnaires semble favorable à la

produetiov^ d'espèces nouvelles. Pour sortir d'embarras

sans int^pger la paléontologie, Tembryogénie» la phy-

siologi^i- Tavatomie et Thistoiré naturelle, cherchons

xnain^^ant ee que Texpérience directe, absolue, ou,

même. encore plus modestement, ce qu'un plan d'expé-

riat ^.^ directes peut nous faire espérer de lumières

dans un^sujel si obscur.

^^traction faite de tout ce qui précède, je pose cette question hardie : la physiologie expérimentale peut-elle nous fournir des lumières pour la solution du problème delafixi^-iâes espèces ou de leur altération fondamentale sousâ'influence des agents extérieurs? Peut-on^ en plaçant das plantes ou des animaux dans des atmosphères artificielles, avec des circonstances de chaleur, de lumière, d'humidité convenables, en modifier tellement la constitution, qu'il se produise des espèces nouvelles? En agissant sur des germes, des graines, des œufs, du frai, des embryons, obtiendrait-on d'autres espèces que celles qui, dans la nature de nos jours, résultent du développement de ces rudiments d'êtres vivants où brillent si merveilleusement Part et l'industrie de la puissance créatrice? Ici le microscope, en sondant l'infiniment petit, rencontre encore plus de dessein, di^ intention, de fait-exprès, que n'en peut conjecturer le télescope en sondant l'infiniment grand

^•JO LA VIF AUX DfVKBS AGES DB LA TBRlIff.

des cieux, ces nuages de poussière céleste dont chacTW grain est un soleil^ et cet entassement de parais nnagps les uns derrière les autres, à une distance telle, qu'on rayon de lumière, qui en une seconde fait sept ou huit fois le tour de )a terre, mettrait un miliion d'années (365oooooo de jours 1 ) à nous arriver des plus lointains de ces soleils visibles. Entre les questions qui- se rapportent à la matière inerte et celles qui ont pour objet la nature vivant^ soit végétale, soit animale, la différence de difficulté est immense, et les progrès très-inégaux que l'esprit humain a faits dans ces deux ordres de sciences sont là pour en attester Finale complication. L'étude microscopique du développement du germe d'un grain de blé surpasse tous les mil|0es du ciel des astr^, et confirme le sens de ces deux beaux vers :

Maximus in minimis certè Dens, et mihi major Quam yasto cœli in templo, astrorumque cater?à.

«( C'est dans les petits objets que la puissance divine se montre la plus grande, plus grande que dans la vaste étendue du ciel et le cortège imposant des astres, i

J'ai déjà plusieurs fois dans ces Études mentionné les travaux de M. Ville (i), que l'Académie des Sciences connaît et estime pour de nombreuses recherches de

(i) Recherches expérimentales sur la végétation, par M. Georges Ville; Paris, i853. — Mémoires da même auteor et Rapports à TAcadémie des Sciences sur les traraux de M. Ville, Comptes rendus de V Académie des Sciences, i855 et i856.

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physiologie végétale. Approuvées par les Rapports des CommissioDS nommées pour les juger, ces recherches ont été exécutées au moyen d'appareils de dimensions inusitées, qui permettent de faire vivre les plantes dans des atmosphères artificielies sans cesse entrete^ nues à la même composition par des courants de gaz réglés avec la dmnière précision, an moyen de réservoirs immenses gradués de même dans leur écoulement. L'air, les plantes, le sol sont ensuite analysés chimiquement, et contraignent la nature à répondre à cette question : Qu'as-tù fait ici? La tendance des travaux de M. Ville m'a toujours paru s'accorder on ne peut mieux avec la possibilité d'une solution du problème de la modification des espèces, soit végétales, soit animales. Les curieux résultats qu'il a obtenus dans des serres qu'il mettait au régime de l'acide carbonique et de l'ammoniaque, et où les plantes prenaient un développement immense, ses travaux persévérants de physiologie végétale, ses opinions basées sur des faits observés, ses présomptions appuyées sur des analogies plausibles, tout me désignait M> Ville comme pouvant apprendre aux lecteurs de ces Études ce qu'on peut espérer de savoir sur la transformation des espèces autrement qu'on n'a pu le faire jusqu'ici en compulsant, à grands frais de t^oops, de voyages, de fouilles, etc., les annales de la nature écrites dans les débris des êtres qui ont peuplé la terre avant nous.

Malgré la répugnance de ce savant éminemment sérieux et positif à se lancer dans les spéculations anticipées ayant pour objet l'influence du monde ambiant sur les êtres vivants, j'ai pu obtenir de M. Ville une

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conférence que je laisserai ici dans la forme même où elle a été notée à plusieurs reprises. Cette conférence répond à peu près à ce que les Anglais appellent cross examination. On désigne ainsi des enquêtes à fond^ obtenues des personnes compétentes sur une matière donnée, et qui doivent fixer Vopinion probable, sinon la conviction pour tous les amis de la vérité. Ici c'est beaucoup d'entrevoir la possibilité d'une solution dans une question jugée par tous comme placée hors de la portée du génie de Thonmie. Ce sera beaucoup si les esprits sérieux admettent que, grâce aux travaux et aux présomptions de M. Ville, nous faisons passer ces importantes questions du domaine de Y inconnaissable dans le domaine un peu moins désespéré de V inconnu. Pauvre progrès 1 dira- 1 -on. Quoil se féliciter d'être arrivé, comme Socrate, à savoir qu'on ne sait rien 1 Oui, mais avec ce correctif qu'on pourra peut-être savoir un jour. Comme j'ai à ménager ici les scrupules d'un jeune savant que je lance bien malgré lui dans une carrière qui répugne à ses habitudes, je citerai ces belles paroles de Newton qu'il applique à ses travaux sur le système du monde : « Dans une matière si abstruse, le lecteur est prié de ne pas tant songer à blâmer les erreurs qu'à faire des efforts ultérieurs pour arriver à la connaissance de la vérité. »

On ne peut trop redire que la force vitale dans les plantes et dans les animaux établit une différence tranchée entre les phénomènes de la vie et ceux que la matière inerte offre à nos observations. La matière purement matière obéit aux lois de la mécanique, de la physique et de la chimie, sans choix, sans exception,

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sans dérogation aucune. Là tout est absolu. Dans les êtres vivants, au contraire, il y a une perpétuelle dérogation à ces lois. La volonté etTorganisme produisent le mouvement, les lois physiques de la matière y sont en défaut, et il se forme sous Tempire de la vie des composés chimiques que le laboratoire lui-même^ quoique plus intelligent que la nature, est impuissant à réaliser. De plus, chaque être vivant est un ensemble isolé du monde entier, et, suivant la belle expression de la Bible, un tout ayant en soi un germe de reproduction. C'est là un caractère fondamental. Un jour que je faisais admirer à un penseur une locomotive oàle moteur de Seguin pour la vapeur animait la mécanique non moins admirable de Stephenson : « Ne voilà-t-il pas, lui dis-je, un véritable animal travaillant pour Thomme et créé par lui? « Le philosophe me répondit : « Il vous manque, pour rivaliser avec Dieu, de pouvoir établir un haras de locomotives! » Il avait raison.

Parmi les données intéressantes que contient le livre de M. Flourens, on peut compter ce qu'il dit sur la perpétuelle variabilité des éléments qui composent un être vivant, en sorte que la plante et l'animal pourraient être considérés presque comme indépendants de leurs corps matériels. Nous n'avons pas àun âge avancé un seul atome des parties matérielles qui composaient notre corps dans la jeunesse. Nous avons à la lettre changé de corps, et même plusieurs fois. « Je crois l'avoir prouvé, dit- le savant académicien, dans ces derniers temps par des expériences directes. » En effet, s'il est une partie dans le corps des animaux que l'on pût regarder comme fixe et invariable, ce sont assuré-

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ment lefi os, et M. Flourens les a vus dans ses belles expériences former de nouvelles couches, perdre leurs anciennes, en un mot subir un incontestable et rapide renouvellement. Tout change dans Pos pendant qu'il s'accroft ; toutes ses parties pamissent et disparaissent. Après avoir cité les présomptions de Leibnitz, M. Flourens cite Voltaire : « Nous sommes, dit celui-ci, réellement et physiquement comme un fleuve d<At toutes les eaux coulent dans un fiux perpétuel. Cest le même fleuve par son lit, ses rives, sa source, son embouchure, par tout ce qui n*est pas lui; mais changeait à tout moment son eau qui constitue son être, il n'y a nulle identité, nulle mémeté pour ce fleuve. »

Chose incroyable, nous prenons VoHaire en flagrant délit de néologisme par ce mot de mémeté qui peint du reste admirablement sa pensée. M. l^ourens, qui a la modestie de ne citer ses travaux démontrants qu'après les idées de Le&nitz, de Voltaire et de Bufibn, ne songeait pas sans doute à vérifier leurs conjectures vagues, quand il faisait ses belles recherches positives de physiologie expérimentale. Du moins, à l'époque où elles parurent, personne ne pensait à ces importantes conséquenees, et l'on n'y voyait qu'une des grandes lois de la force vitale, laquelle a pu être traduite avec certitude depuis les travaux de M* Plourens par cette vérité : l'être vivant est indépendant de la matière qui constitue son corps, et la force vitale y si^Utue continuellement des matériaux nouveaux aux matériaux anciens. On trouve dans l'ouvrage de lord Brougham dont j'ai parlé récemment que pour cet esprit judicieux et profond le théorème physiologique démontré

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par M. Flourens eBt une yérité connue et admise sans restriction. Suivant lui, un homme peut à sa mort avoir usé vingt ou trente corps différents. J'abandonne aux métaphysiciens toutes les inductions qui résultent de ce feit relativement à Timnoatérialité du principe de l'intelligence dans Thomme.

Un mot encore sur la nature vivante. Si la vie de la plante est quelque chose d'indépendant de telle ou telle particule de la même matière et contient un principe tout à fait distinct, l'animal, par la volonté, Vinstinct, le sentiment, contient un autre principe distinct luimême de la vitalité organique, et Tbomme, par son inteiiigence, son âme, principe encore tout à fait distinct, constitue un quatrième règne, assertion dont on m'a beaucoup loué et beaucoup blâmé, et qui ne m'appartient nullement^ quoique je l'aie énoncée dès 1820 dans l'un des pruniers numéros des Jrchîpes de Médecine, et en i8a5 dans un discours de solennité publique.

Gomme personne n'a étudié plus que M. Ville l'action de toutes les circonstances qui influent sur la vie et le développement de certaines classes d'êtres vivants, et que personne n'a mis en œuvre comme lui les moyens pratiques qui permettent de tenter de pareils essais, notre confiâ'eEioe feia comprendre ce qu'on peut espérer aujourd'hui touchant la possibilité de modifier les espèces actuelles et d'en produire d'autres, soit en revenant aux espèces passées gui ont existé, soit en essayant de produise des espèces qui n'ont point encore paru sur le globe. Je prie le lecteur de remarquer combien peu mon langage est affîrmatif et combien peu jQ désire faire prendre pour 4es idées arrêtées des con*-

^jLyd LA VIE AUX DIVERS AGES DE LA TEjRaB.

sidérations d'une nature malheureusement encore trop conjecturale.

Voici ma conférence avec M. Ville.

Demande. — Peut-on croire qu'il y ait une filiation non interrompue entre les espèces actuelles et les espèces passées?

Réponse, — En nous en tenant aux faits, nous voyons nos espèces actuelles pendant leur développement embryonnaire reproduire sous nos yeux les formes des espèces fossiles et n'en différer qu'en ce point, à savoir : que les espèces fossiles se sont arrêtées à une certaine période de leur développement que nos espèces actuelles ont dépassée de manière à ne différer des anciennes que par un développement plus complet. Remarquez ces paroles expresses de M. Agassiz (i) : « C'est un fait que je puis maintenant proclamer dans la plus grande généralité, que les embryons et les jeunes de tous les animaux vivants, à quelque classe qu'ils appartiennent, sont la vivante image en miniature des représentants fossiles des mêmes familles. »

Demande, — Ceci, sauf la faculté de reproduction qu'il faut attribuer aux êtres vivants à chacune des phases d'arrêt de leur développement successif, concorde très-bien avec ce que l'expérience a fait constater sur les arrêts de développement qu'on a pu produire dans nos espèces actuelles. Indépendamment de tous les résultats admirables obtenus par Etienne (jeoffroy- Saint-Hilaire, je ne puis omettre la curieuse expérience de William Edwards, qui a empêché des têtards de se

(i) Citées dans la Paléontologie de M. Laogel.

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convertir en crapauds ou en grenouilles, en les privant complètement d'air et de lumière. Ces têtards continuaient cependant à prendre de Taccroissement et de la force. Ils acquéraient à cet état un volume monstrueux, sans cesser d'être têtards et de vivre de la vie des poissons. S'ils se fussent reproduits par des œufs et du frai, ils auraient constitué une véritable espèce par un arrêt de développement. Il est donc permis de croire qu'au moyen des agents extérieurs on pourra modifier profondément nos espèces actuelles.

Réponse, — La question est trop générale pour que

je puisse y répondre en restant dans le cadre de mes

observations, qui n'ont point dépassé le règne végétal.

Demande, — Alors que pouvez-vous présumer de la

vie végétale aux époques primitives du monde?

Réponse, — L'atmosphère n'avait certainement pas alors la même composition que de nos jours. L'acide carbonique y était en bien plus grande abondance, et j'en trouve la preuve dans ces dépôts de charbon et de lignite qui constituent des bancs si étendus dans les deux hémisphères, et que la végétation dans notre atmosphère actuelle serait impuissante à produire. Toutefois, cette abondance d'acide carbonique ne peut seule rendre compte de ces végétations colossales. Il fallait nécessairement la présence d'un composé azoté autre que notre azote gazeux, et beaucoup plus assimilable. U n'est pas douteux d'ailleurs que ces végétations primitives ne puisaient rien dans le sol, puisque celui-ci n'avait pu encore être fertilisé par des détritus de générations antérieures. Nous trouvons la confirmation de ce fait dans cette circonstance importante, que les végétaux pxi-

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mitife avaient acqais un développement foliacé énonne, tandis que leurs racines étaient à Tétat rudimentaire.

D'un autre côté, nous savons, car nous pouvons re* produire ceci à volontéi que dans un sol de sable calciné et parfaitement privé de tout détritus végétal on peut obtenir des végétations florissantes, si Ton ajoute à Tair un composé azoté tel que Tammoniaque, accompagné d'un excès d'acide carbonique. En opérant ainsi et par la nutrition foliacée, je suis parvenu à pouâer les dimensions de certaines plantes, et entre autres d'un caladium, bien au delà des limites ordinaires. Ainsi pas de doute : la végétation primitive s'opérait exclusivement aux dépens de l'atmosphère, et celle-ci avait une composition différente de celle de nos jours. Le composé azoté qui en faisait partie était-il de rammoniaque? Je l'ai cru pendant longtemps; mais depuis que j'ai reconnu que les nitrates dissous dans l'eau agissent comme le gaz ammoniaque, je n'ose me prononce à cet égard, car si l'on réfléchit aux actions chimiques qui pouvaient se produire alors, notamment sous la puissante influence de l'électricité; on trouve à peu près autant de moti£s pour admettre la formation des nitrates que celle de l'ammoniaque. H est donc bien certain que l'atmosphère ou les eaux d'alors contenaient, au nombre de leurs principes constituants, une combinaison d'azote dont l'atmosphère et les eaux de nos jours sont dépourvues.

Demande.'- Mais, puisque l'on peut déduire avec une certitude si inespérée les conditions qui ont présidé aux végétations primitives, ne pourrait-on ret?enir à la flore antédiluvienne en opérant sur les fougères, les prèles, les lycopodes, tous représentants dégénérée de ces

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mêmes plantes, si énormes aux premiers âges du monde?

Réponse. — Je n'y vois rien d'impossible, surtout en ajoutant aux éléments d'une atmosphère artificielle, composée d'après les conditions qu'on vient d'énoncer, les influences réunies de la chaleur et de l'humidité. Ce que j'ai déjà obtenu dans des serres soumises au régime combiné de l'adde carbonique et de l'ammoniaque me semble autoriser cette présomption.

Demande, — Je reviens aux animaux^ et je demande pourquoi l'on ne tenterait pas de produire sur eux les trao^ormations qui ne paraissent pas impossibles sur les plantes. Dans une atmosphère convenable, l'éclosion des OBufs d'une fourmilière pourrait^elle produire autre chose que des fourmis? Même question par rapport au Irai des poissons.

Réponse. •— Je ne puis répondre à ces questions. Les fonctions des animaux inférieurs à l'époque de leur premier développement ne me semblent pas assez connues pour qu'on puisse tracer sans autre préparation le plan de l'expérience que vous demandez. En général, il vaut mieux opérer sur les plantes que sur les animaux, et voici pourquoi. Plus l'organisation d'un être vivant est simple, plus nous avons de prise sur lui. Ainsi il n'est pas douteux qu'on doit réagir au moyen d'une atmosphère artificielle plus profondément sur les plantes que sur les animaux. Chez ceux-ci, la nutrition présuppose une fonction antérieure qui en est indépendante, à savoir la respiration. Dans l'économie animale, l'air sert à l'assimilation des aliments, mais il ne nourrit pas par lui-même. La nutrition s'opère au moyen d'un organe spécial. Chez les plantes, nous ne trouvons rien

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de semblable : ici, en effet, la respiration se confond avec la nutrition ; Tatmosphère n*agit pas seulement en favorisant Fassimilation des aliments comme chez ranimai, l'atmosphère est elle-même Taliment. La nutrition ne s'opère pas par un organe spécial, mais par tous les organes à la fois. Chaque cellule est un estomac sur lequel nous pouvons agir, et les actions intérieures à la suite desquelles un animal croît et se développe sont infiniment plus simples que les actions correspondantes dont l'animal est le siège. Ces actions se rapprochent beaucoup plus de celles que nous produisons dans nos laboratoires, car le végétal se nourrit d'eau, d'acide carbonique, d'ammoniaque, d'azote, d'oxygène, de nitrates, toutes substances appartenant à la nature inorganique, qui n'ont subi aucune élaboration antérieure, et sur lesquelles la chimie est habituée à opérer. L'animal, au contraire, exige pour se nourrir une matière déjà organisée. Cette matière éprouve dans l'intérieur de ses tissus des transformations infinies, dont la succession mal connue échappe aux lois de la chimie, et sur la vraie cause desquelles on possède plus de présomptions que de preuves.

D'un autre côté, quelle disparate n'y a-t-il point entre les effets que nous pouvons produire sur les animaux et sur les plantes au moyen des objets impondérables! Et pour n'en citer qu'un exemple, une élévation de température, qui est sans influence sur Tanimal, imprime au contraire à la végétation une activité surprenante.

En présence de tous ces faits, il me paraît impossible de ne pas donner la préférence aux plantes pour tenter les expériences que vous demandez. Pour terminer et

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