‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs ..., Volume 5Chapitre 12 sur 17 · ET · texte numérisé non relu

ET

L'Astronomie pour tous. — lie retour des saisons à rétat normal après les inondations.

L& spectacle du ciel a toujojirs été mis au* premier ranff des contemplations que nous offre, la natui-e, même depuis 'qu'on ne croit plus ai^ influences célestes attribuées jadis, k chaque astre et à chaqiFe position des planètes. La nature, semble avoir veulu appeler particulièrement rattentipn des Sommes sur le^ feux du ciel indépendammenrde leur éclat, cgr tandis que pour se procurer la vue dea contrées, des viiles, -des monuments, il. faut se déplacer et aile» chercher au loin les. objets de notr^ curiosité , il suffît au contraire , pour les objets célestes, d'ouvj-ir les yeux et d'attendre en repos'; pour passer en revue toute la voûte céleste , qu'une force invincible et irrésistible fasse sortir les astres de l'orient pour monter .ensuite en pjein ciel ^f descendre

enfin vers l'occident qui les fait disparaître sous son horizpn. Ces grands mouvements s*exécatent sans bruit, sans embarras de mécanisme , .et pouk* ainsi dire magiquement et. sous Tempire d'une volonté toute*-puissante. J'ai ' souvent été témoin de* Tétonnement que réssentâien£ Içs personnes qui y j^iettant Tœirà une lunette pointée sur un objet céleste, voyaient cet objet se déplacer sensiblement^ à cause de Tamplification que produisait le grossissement de la lunette. C'est ainsi qu'en plaçant l'extrémité de l'aiguille d'une montre sous un microscol]i>e, on la ypit marcher Sensiblement, et que même on aperçoit les irrégularités et les saccades de ce mouveinent. Je crois que pour rendre perceptible à l'œil la marcb^e d'un objet n^obile, il faut que cet objet, par chaque secoiitde^ se déplace au moins de*la troismillième partie de ia.distance qui le sépare de l'âeil. Les mites, spus le p)ic;roscope , semblent des animaux très- . actifs, tandis qu'à l'œil nu on aperçoit à peine le chemin qu'ils parcourent. Il est bien entendu du reste gue c'est en amplifiapit le chemin que l'image des objets parcourt au fond de rcêil , que le télescope et le microscope rendent èensible le inouvement des corps.

A ïfiesure que l'astronomie s'est perfectionnée , elle s'est séparée pour ainsi dire du public ,* et tandis que nos ancêtres recherchaient avec empressement tous les phénomènes célestes t^ui pouvaient faire spectacle, nous laissons aux attronomes de profession i'avanlage de contempler seuls tout ce que le ciel peut présenter de faits întéressants. C'est à peu près comme si l'on renvoyait le soin de voir Un beau paysage à celui qiVi doit en lever le plan oh e« arpenter la contenance, il sufl^,

ET SETéOHOLOGlE. 5

an reste , de voir fout ce qjue le spectacle da ciel a inspiré aux poètes, aux métaphysiciens, aux théolo' giens, pour lui rendre sft place parmi les œuvres de la nature qui parlent le plus à Fimagination. '

Ce spectacle est en effet très-yarié. Le .soleil, en se déplaçant annuellement m traveis des constellations zodiacales, porte 1q jour et la nuit sur diVer» groupes d'étoiles , en sorte qu'âr minuit]^ {Jar exçmple , les constdlations 'qui i'été brillent en plein ciel ne sont plus celles qui brillaieiit à la même heure pendant Thiver précédent. Ld succession tles saisons^ s'écrit pour ainsi dire sur le fond du ciel , qui successirement perd ses étoiles orientales pour en gagner d'autres vers rpcci-* dent, car c'est d'occident.en orpit que le soleil avance journellement dans le ciel, en atteignant pt faisant disparaître successivement les étoiles orientale^.. Ce mou-* vement nous fait' les saisojis et nous dbnne lès productions de la terre , en sorte qu'ail n'est pas l)espin d'idées astrologiques pour attribuer une grande importance à. cet astre dominateur de notre système. La lune, par ses phases, sa luipière, ^ marche rapide, vi^nt diversifier l'aspect de la sphère céleste, au^r*bie;i que ia brillàkite planète Vénus, qui*, suspendue au-dessus des horizons du soir ou précédiant Faurore sur les horizons du matin , attiré forcément les yeux suOr elie. Jupiter rivalise paiïois d'éclat avec Vénus, et c'est lui qiii^ domine en ce moment dans le cjel. Les autres planètes , confoncfues avec les étoiles pour des yeux inattentifs, opèrent cependant de «curieuses évolutions, marchant tantôt vers l'est*, tantôt ver^ l'ouest, et enfin quelquefois restant'stationnaîres pour plusieurs jours.

•Lorsque '/faisan t. abstrapttoi^ de tous les cercles géomélriques de la sfphère, on prend pour points de repère les étoiles qui ta"pis8ent la voûte céleste, on peut reconnaître sans peine et sans instruments les prin'cipales conaéquericîes des lois de l'astronomie, et ne rien perdre de ce qui est vraiment du 'domaine public , je dirais presque de consommation publique^ c'est-à-dire ce que tout le monde peut voir^ admirer et comprendre. **

Les éclipses de Soleil et de lune , )es QccuKations d'étoilçs^ les apparitions imprévueb degr.comètes,. les étoiles filantes, la lumière zodiacale; les*aurorçs boréales, enfin tous les'raétéoVes d*e la physique.du globe, sont encore des spectacles offerts p'ar le ciel aux artistes comme aux peiigeurs. .• ^ ^ .

Que répôn(lce' à oette question 91 souvent adressée à ceux 'qui s'occu^îent spécialement de science : Quoi de nouveau dans le* ciel? Il 'suffit de dire*: Ouvrez les yeux et voyez vpus»même. Il y à des annuaires, des épKéméjpide&, des almanachs phy^ques qui vous opt préparé des indications-, de y taie» prédiclionâ sur tout ce que le • ciel doit .offrir de phénomènes, curieux, et par exemple c'est ver§ le«i(v du mois «le novemlîre que Ton observe uti bien plus grand nombte d& ces météores lumineux qui laissent dans l'àtmosphéfre une trace lumineuse , et que l'on désigna fort impropretftent souô le nom ^étoiles filantes. Si Jes étoiles se détachaient du ciel è chacune de ces-apparitions*, il y aurëit longtemps que'toutes les constellations seraient dépeuplées et que le ci^l serait devenu complètement noir.

Les phénomènes de la physique du» globe , tels que les pluies, les neiges*, les sécheretees , les inondçifîons ;

les effets variables des climats, quoique ne pouvant être prévus, nous intéressent au premier chef, puisqu'ils nous donnent la santé ou la maladie , l'abondance ou la disette. Mais le terme moyenr de toutes ces choses variables est heureusement très-fixe, et c'est sur ce terme moyen que se règlent les prévisions xie l'économie politique des grandes sociétés. . ,

Enfin l'activité qije dôi)loie le géni'ede l'homme dans l'établissement des observatoires d'astronomie etde physique, dans les voyages scientifiques, dans les navigations exploratrices,, forme un tableau qui a parfois son côté dramatique'. Nous dirons ce qu'on fait actuellement en France et" au dehdrs sous ce point de vu^. Les nouvelles de l'astronomie .et* delà physique du globe, ainsi que celles des observatoires, dès astronoihes et des voyageurs scieirfifiques,' viendront après l'éphéméride des phénomènes du ciel.

.Et d'abord, en Europe, point d'éclipsé de soleil un peu considérable avant celle du mois de nJars i858.

Les consteliatipns qui à minuil, au mois d'août, occupent le mifieudu ciel, sont'Céphée, Pégase, le Verseau et le Capricorne. Il sera bon de s'aider d'une carte céleste et d'ôlre.fen| gardé, pour 1^ régions zodiacales, contre la présence des planètes, qui, en apportant de nouveaux points brillants au travers des étoiles, peuvent troubler les configurations marquées sur les Cartes. Avec un peu d*attentiôn on distingua facilement une planète d'une étoile, car la lumière de celle-ci 'est scintillante et dans un mouvement perpétuel , tandis que la lumière de la planète est calme et sans éclat. J'indiquerai tout de suite à toua les amateurs qui sonX en possession d'une

lunette ou d'un télescope quelconque porté sur un pied, un très-bel effet de la scintillation. Si Ton pointe la lunette sur une étoile brillante peu élevée. au-dessus de Thorizon et qu'on donne quelques petits coups irréguliers sur le tuyau de la lunette au moment où Toeil observe rétoile , on voit celloK^i se changer en une espèce de ruban formé de ipille couleurs des plus éclatantes et des teintes* les plus riches. Nous reviendrons sur ce phénomène et ses conséquences.

Pendant le mois d'août le soleil, qui s'était avancé jusqu'au tropique dans notre hémisphère , continue à retourner vers l'équateur, et les jours diminuent considérablement. Pdur Paris cette diininution, pendant le mois, egt de i** Sg"*. Les taches dw soleil sont un curieux phénomène à suivre str la surface luipineuse de l'astre. Quand on les observe directement, on place entre la lunette- et l'œil un verre noir ou d'un fouge foncé qui diminue l'éclat de l'astre et l'empêche -de blesser la vue. Il y a deux ^utjres moyens de reconnaître ou de dessiner les taches solaires : d'aA)ord par la photographie , en en prenant une épreuve d^guerrienne .ou autre, et ensuite en recevant l'image de l'astre sur un papier blanc, ce qui permet de la montrer à la fois à un assez grand nombre de personnes. Je réserve ce procédé ainsi que des conseils sur l'usage des lunettes ou des 'longuesvues, marines ou autres, qui sont en la possession de plusieurs personnes, pour un article spécial, où j'examinerai aussi quelles sont les Observations que l'on peut faire avec les lunettes de diverses forces et comment on peut s'en servir avec avantage.

Pour bien voir les .taches du soleil , il faut en général

ET HÉTÉOROUMSIE. 9

un faibfis grossidsementar Oa n'est point Bncore d'accord sur la qn^tîon da savoir si les taches indiquent dans le soleil unQ augmentation ou uner dinUuution de chaleuri L'opinion. la plus générale leâ.considèrt>*comme des ruptures dans l'enveloppe lumineuse de' l'être , qui laisseraient voir le noyau obscur du soleil. C'est ^u moyen dç ces taches que l'on s'est assuré que ce vaste corps tourne sur lui-même en. vin^t-cinq jours et demi environ ; et quand on suijb xtae tache plu^eurs. joui% de suite, et qu'après avoir passé derriJère le soleil elle reparaît de nouveau du cèté de M tçrre , pn peut fixer asse^ précisément la durée de ta rotation sofair^, en tenant compte de la quantité dont la terre eHe-«ième s'est déplacée pendant le temps que le soleil a inis k faire un tour entier sur lui'^nème.-' ^ .. ' • •' ' •

J'ai fait plusieurs {pis adapter à des (unettes a pied un écran transparent qui , fixé âla pla%se:de. l'œil, recevait l'image du^soleil et* la mentr^it comn^odément avec ses • taches', ses ondulations, ses portions plus brillantes, et enfin avec toutes les parûculai^tés'4oni l'^tudQ «t le temps nous dévoileront saneixloute'un jour et la cause et l'explication. En ce* moment et* d^uis'plusieurs semaines le solçil se monti% exemp^ de 4acbeÂ. 'Cest toujours à Vimproviste que ôes'tachès- apparaissent.'

Mercure et Vénus^le^deux planètes inférreures, c'està-dire celles qui circulent aulour du 6olôil,.à une plus petite distança que ;la terre /ne s'éloigneront pas assez du soleil* pendant lé • mois nî'aoàt pour ê£re commodément observées le mgitinîouleiéQir, et même pendant tout le reste de cette annë^ Yénus suivra le. soleil à peu de distance après le çoueher dé cet astre i et ses phases

n'offrii-ôril le cunèûx sp.eci9cle'd'lin croissant très-aigû qja'en 1.857! * ' * , * • . • .. •

Marc, reconnaissable à sa teinte rcftigeâtre , ^se verra' très-bîen pendant- le. mois d'août au-d^us de .l'horizon . du soir, fl se couchera vers 9*'3o" ou ip heureâ. Sa surface n'offre rien de* curieux , 'à* moins d'avoir à sa disposition dieifcellênts téleScopes permettant d'apercevoy* les calottes de glàpe et de neigé qnf, cpmme.sur la terre, entourpnt. ses* deux çôles. ' » ' ' .

Jupiter s€sièvë^vers»roriéntau]j. environs de ft'*3o"*; du soir- et sera visibje toyt le i^e^e à& la* nuit. Il est aujourd'hui, '.pour i'écla*t,'1e roi.du'ûiel. On* observera les taches où bandes qui traversent- son disque, et l'on recohnaîtria dans son Voisinage et en ligne droite qùatrer petits «astres qui •l'aécoinpaignpnt constamment et qui sont réellement q^iati^ lùni^* analogues à la nôtre. La configuration de 'fé^'^iastr^' secondaires *varie à Chaque heure, el les 5pl0iîniridesi*<rançaîses la donnent pour l'heure de minuit {)efcdant*:tQat ce mois. €'e9t une eu- . rieuse yérifîp^ti0n:.fle« progrès, de l'astrèncmie que- de voir se re^produfrç dans ïe'ihaHîp'de la lunette l'aspect de Jupiter ettie;s>sf satellites,' terqu'il a été prédit plu-* sieurs &nïié(ftïà r^viincjËj et inscHrit dans \di Connaissante fies r<c/?7/7^;€'«st- «ne* de; 'ce'anîptille; merveilles* ^^ ne manquent jamais leur, effet sur J^sprit des pi&râonnes peu habituées à.cei triompfet^s cfe là.*3fciefice. Comment a-t-on pu faire po^r arri^çr â'iiEf.réÎJultati si' préois? Voilà le mot qui échâépef;ïiivoT(mtâiçênieût 4es lèvrês.'Le secret est dans le gémèj^V'^^s 1â pfeïSévirance de l'homme; mais la ëist{^n3é d^i dbj[çt^* rénftliiéa ç|us étonngiifts de tels s{icoè8*(îela8ciehoe>.:- .*>t- ■ <:■ * •

■^Dibitizecl byViOOgle

ET MÉTÉOROLOGIE. i\

Le 14 août prochain, 9 minutes après (e minuit qui séparera le 23 du 24 , le 3 1 à a** 3"* du matin, etr le i*' septembre à 8*'32"*, on pourra observer les éclipses du premier siatellitç de Jupiter. Une éclipse du second satellite aura lieu le 29 août à 9^*46"' du soir. Le troisième satellite s'éclipsera le I2 de.ce mois à 3** 4"* du matin. Ce sont, ici les heures de Paris. Il y. aura une petite différence pour les autres villes de France. Saturne, comme Jupiter, a desjunes ou satellites; ils sont même au nombre de huit. Mais ces petits astres sont si difficiles à voir, que l'on ne peut en mettre l'observation* au rang de celles que peut faire un simple amateur.

Saturne , la dernièi'é des planètes visibles à l'œil nu , se lèvera pendant ce mois un peu après minuit, eUl se prêtera assez bien Ip reste de la nuit à l'observation de l'anneau curieux dont il est entouré.

. Voir les étoiles en plein jour est une de ces curiosités qui ont plus de célébrité que de mérite réel. Disrtinguer à peine^dans le champ brillant de sa lunette un petit point' blanc qui se meu-t lentement dépourvu de tout éclat, voilà à quoi se borne tout le spectacle qui fait ordinairement dire â ceux qui en sont témoins pour la première fois : « Quoi' ! ce n'est que cela ! » Ils sont vraiment désappointés, disappointed^ dans toute la force dujnot gmglais. " , •

■ Venons à notreT brillant satellite ^ qui par son clair de lune remplace utilement l'illumination du soleil absent. Il.y a eu pleine'lune le 16 , le dernier quartier sera le 2'a et la neuvtîlle lune le 3o août. C'est le soir, avant ie premier quïirtier, et» le malin ,• après le dernier quartier,

12 A&TRQ^OMIE

que les ombres des montagnes de la lune et la forme de ^ses cratères volcaniques sont bien visibles. Nous avons une carte de la lune bien plus exacte que nous n'en avons de la terre. Il y a sur la position des points lunaires des incertitude^ de 2 ou 3 lieues ûé 4 kilomètres au plus, tandis que sur notre terre, au milieu de l'Afrique, un lac de plqs de 800 lieues de long avait jusqu'à ces dernières années échappé à toute constatation des voyageurs. Voyez sur ce lac les admirables publications géographiques du docteur Petermann, de Gotha, n? i de i856. * .

La lune agit matériellement pour soulever les eaux de l'Océan et produire les marées. L'action a lieu surtout aux pleines et-^ux nouvelles lunes, où la force motrice du soleil «'ajoute à celle de la lune. La marée du 3o août, à la nouvelle lune, sera faible. En prenaht le nombre io5 pour marquer le degré moyen, des marées de pleine et de nouvelle lune, .la matée du 3o sera' au n*' 85. Ce seront les marée§ dç pleine lunQ de septembre et d'octobre qui seront remarquablement fortes , étant Tune et l'autre aii n^ 114, qui est rarement atteint par les ac^ tiens conspirantes de la lune et du soleil. Les personnes qui ont l'intention de visiter les côtes de notre Océan devront faire coïncider leur voyage avec ces deux époques remarquables. La côte de Normandie, près du mont Saint-Michel, et le petit port de Quillebœuf, en deçà de 1 embouchjire de la Seine, &on1; deux localités où la mer exécute des îhouvements prodigieux. Nous y reviendrons. La Dordogne, vers Saint-André-de-Cuhsac, présente aussi le même. phénomène. Ces forces motrices de la nature , non moins efficaces quq silencieuses , §em-

ET MÉTÉOÎIOLOGIC. iS

blènt écrire ce? paroles de Virgile sur la, force inteHigentç qui meut la matière :

Mens agitai raolenr.

Un déplacement subit des courants atmosphériques a donné cette année. dans la France centrale des pluies exceptionnelles et des inondation^ sur lesquelles nous reviendrons bientôt^ ainsi que sur lès moyens de les prévoir et d'y çemédier.

Après les courants de Fatmbsphère ou les vents réglés qui balayent les -continents et les mers pour y porter . la chaleur et le froid et les divers degrés d'arfosement , il n'en est point de plus importants que les courants océaniques, qui déplacent d'immenses masses d'eaux chaudes et froides et les portent Tle i'équateur au pjôîe ou réciproquement. C'est ainsi que le gulf-stream eX le courant du Japon tiennent par leu^ eaux - chaudes un^ climat d'une beauté exceptionnelle à notre Europe dans l'ancien monde et à l'Orégop dans le nouveau. Dans le voyage que le prince Napoléon fait en ce moment dans les mers du Nord, une commission scientifique peu nombrepse,, mais composée d'hommes -d'élite, a été annexée au personnel nautique.^ Tous les jours on jette à fa mer uù o\i plusieurs blocs de bois percés d'un trou contenant une .fiole de verre. avec un papier dans l'intérieur indiquant le lieu d'où est parti le bloc^ flottant. Déjà on a recueilli .un de ces blocs aux Orcades. Les bouteilles que l'on jettQ ordinairement à la mer ne résisteraient pas au contact des glaçons. Cependant les moyens grossiers employés jusqu'ici n'ont pas été sans fruit, et M! Daussy a pu tracer une carte des courants

l4 ASTRONOMIE ,

de TÂtlantique , qui donne de précieux Tenseignements sur le déplacement en masse des diverses régions (le la mer. C'est' dans le déversement des eaux chaudes de' l'équateur vers le nord , beaucoup plus abondant que le déversement vers le sud, que j'ai trouvé la vraie cause de la supériorité de la chaleur de notre hémisphère nord sur l'hémisphère Qpposé. Avec le temps Aous pourrons perfectionner les cartes des courants que nous devons à M. Duperrey et à M. Findlay. Si depuis un siècle on eût fait ce que Texpédition actuelle exécute à bord de • Vrt Reinè-Horiensè, il fa longtemps que nous serions en possession d'une bonne carte des courants océaniques de notre globe ; mais chacun répugne à des travaux dont il ne peut espérer de recueillir lui-ïpême les fruits*. Il faut que ces travaux 'soient déclarés d'utilité publique pour le genre humain et queTantorîlé en prenne l'iniiialive et la mise ea activité. ' •

On- pourrait me reprocher mon silence sur lès petites planètes formant un «ssaim de corps minimes entr» Mars et Jupiter. Grâce à M..Cl^cornac, de TObservatoire impérial, et à'tf. Gofdschmidt, amateur qui marche, sous la même bannière , mais par des travaux totalement distincts , le non\J)fe de ces petits astres reconnus est aujourd'hui de quarante-deux." Nous*en donnerons une hste exacle, chose qui n'a pas été faite jusqu'ici sans y laisser quelque erreur de date ou de localité.* Un des journalistes qui mettent dans la presse quotidienne le précis des travaux scientifiques , au grand avantage du public, substituait récemment, en parlant de ce petit groupé, la désignation d'astronomie planéficulnire à la désignation «ordinaire d'astronomie. planétaire. Il

ET MÉTÉOnOLOGÎE . . l5

était parfaitQpaent dans le vrai. Si la mythologie grecque ' ne nous fournissait pas plu» d'un millier de noms de déesses,, de nymphes, de néréides et d'héroïnes, on pourrait craindre que les noms deVbdptême ne vinssent à manquer pour ce* groupe intermiédiairo de notre systèiue solair^. D n'y a donc rien qui (Joive arrêter à ce point de vue l'activité de nos astronomes.

Notre célèbre astronome et mathématicien Laplace voulait que l'on transportât* des télescoj)es dans Vatmosphère rare et pure des hautes ^montagnes de l'équateuK, Les montagnes centrales de la Érance offrent, ains) que les Alpes et les Pyrénées, des poftits assez élevés pour que la vu^ jies objets célestes y sq^ bien meilleure que dans no& plaines. Déjà M. Lassel , contrarié par le climat de Livèrpool , ou il pleut un peu plus souvent que tous les jours y avait transporté momentanément ^es instruments à Malte, 'où il a fait d'excellentes observations d'astronomie physique. IJn jeune astronpme, M. Piazzi Smyth , direoteur* de Tobseryatoire d'Edimbourg et fils du célèbre amiral dont on connatt l'ouvrage capital Sur la Méditerranée^ avait annoncé qu'il se. rendait au pic de Ténériffe pour y mieux observer au-dessus de la ' couche peu transparente de l'atmosphère inférieure. Le dernier numéro du Bulletin de la Société Astronomique anglaise. vient de nous annoncer son récent départ, et il «n'y. a pas. -de doute qu'un observateur ci exact et si .habile, favorisé par une telle station, ne nous rupporte une ample moisson de faits curieux.

Depuis que les comètes né nous, font plus ni bien ni mal , -leur crédit populaire a singulièrement baissé. Il n'en est p9^ de même de leur importance astronomique.

iG ASTRONOMIB

Elles nous rapportent des profondeurs du ciel ée eu-- , riaùx enseignémente physiques et mathématiques. Déjà l'astronomie â conquis quatre de ces astres* vaporeux d'une nature si singulière, et nous entrons ce mois-ci dans la période du retour possible delà grande comète qui a paru en i556, en 1^64 et peut-ètrp en 975. A sa dernière apparition, elle causa ou hâta l'abdication de- Charle&-Quint. Ell^ met à peu prës trois cents ans à faire sa route périodique ^ et. son retour /rvâit> été annonpôpour 1848. Ce retour n'ayant point eu lieu 4 l'époque présumée, l'astronomie, qui n'est pas habituée à voir ses prévisions tfompées, &'est mise en frais de calculs,, et après une inimense dépense M temps et de. travail, suruant l'expression de M. Hind , elle est arrivée à ce résultat qu'en tenant compte de toutes les perturbations planéi|iires , Jà grande comète attendue, jBxpected gréai cornet, devra reparaître en août i*658 ou en août 1860 ; avec deux ans d'incertitude en plus ou en moins sur ces époques. C'est donc entre 1^ mois d'août i^50 et d'août 1860 que nous reverrons la grande compte de Charles- Quint. 11 sera curieux d'être visité par un .aétre voyageur qui ne repasse dan» nptrjB voisinage que >tous les trois âiècles. Sans doute les faiseurs de revues théâtrales évoqueront à cette occasion, le siècle de François P' et de Charles-Quint, à moins qu'ils ne préfèrent remdtiter au XIII' ou au x* siècle. Â partir de ce mois, èes messieurs peuvent donc tailler leur plume avec la chance de voir la comète utiliser le^ fruits de leur imagination avattt quatre ans d'ici. Je dois dire que l'époque de i858 me paraît- plus probable que celle de 1860; Dès ce mois-ci le retour est possible , et ce sera une belle Con-

quête pour notre soleil qu'un astre mettant un si long temps à faire sa révolution et venant fixer à la terre des périodes, chronologiques de trois siècles en trois siècles. '

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