AVIS AU LECTEUR. XI
Je devrais peut^tre m'excuser du mode de discours peu sérieux dont j'ai fait usage pour me faire lire. C'est tout bonnement une conversation entre mille. J'ai peut-être eu tort de sacrifier la majesté de la science, comme le disait un de mes nombreux correspondants. Ma réponse sera : Il fallait se faire lire, et j*y ai réussi. Devant Bourdaloue» prédicateur de la cour, on critiquait un jour des sermons un peu sans façon du petit Père André. « Ces sermons-là, répondit-il, font rendre les bourse^que Ton vient'couper aux miens. » Jugez de la valeur du moyen employé par Teffet qu'il produit.
II. y a le chapitre des répétitions qui ne peuvent manquer d'être remarquées dans un assemblage d'articles dont chacun faisait un toutf séparé :
Et ebaque acte en sa pièce est nne pièee entière.
Là-dessus t je citerai Arago, qui lui-même citait Napoléon P comme ayant dit que de toutes les figures de rhétorique la plus efi&cace est la répétition. J'ai une autre autorité encore : c'est la Bruyère,"qui a dit qu'un des signes de la vieillesse c'était de répéter les mêmes choses devant les mêmes auditeurs; or je commence à être d'un âge où il doit être permis de rediter, ou, suivant quelques étymologistes, de radoter , si c'est le même mot. Ou a enregistré les redites d'Homère et les mots dits parasites dans nos grands écrivains : c'est donc me faire trop d'honneur que de s'apercevoir de mes redites, auxquelles du reste le public ne parait plus faire attention.
On m'avait ei^gagé à une refonte qui eût fait un livre classique des divers sujets traités dans cette réimpres-