X AVIS AU LECTEUR
la nature questionnait avec intérêt, on peut même dire avec passion, ceux qu'elle présumait instruits des progrès récents des sciences. Bien des fois mes articles ont été le procès-verbal de conversations du monde ou une réponse à des lettres qui réclamaient des instructions spéciales sur divers points de science appliquée ou de pure théorie. Il est assez curieux que le public se préoccupe plus volontiers dies théories qui ne peuvent être complètement accessibles qu'aux études professionnelles que des applications qui seraient du domaine de tout esprit réfléchi. De pourquoi en pourquoi on arrive bien vite à ce que les gens du métier peuvent seuls comprendre et malheureusement aussi à ce que personne ne sait. Je ne parle pas ici de ceux qui croient tout savoir et que rien n'embarrassp, encore moins de ceux qui veulent faire croire aux autres qu'eux-mêmes savent tout.
Te9 pourquoi, dit le Dieu , ne finiraient jamais !
Horace a bien peint cette tendance de l'esprit humain qui dédaigne ce qu'il peut atteindre et veut saisir ce qui lui échappe :
TransTolat in medio posita et fugientia captât.
Pour bien des questions la science a donc à s'infuser dans la généralité de la sociéjté distinguée, et ce qui est familier aux savants de profession a grand besoin d'être mis dans le domaine commun. On m'a suggéré cette phrase pour les notions que je tâchais de propager dans mes articles : Ce que tout le monde sait^ excepté le public. Je l'ai adoptée complètement.