‹ Études et notices historiquesChapitre 8 sur 20 · LE CARDINAL DE XIMENÈS · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DE XIMENÈS

chancelier de Castille ; il avait fallu un ordre du Pape pour lui faire accepter ces dignités, il en fallut un encore pour lui faire cacher sous la pourpre cardinalice son cilice et son habit de bure. Mais en homme humble, ce disciple de la croix est à la hauteur de ses multiples devoirs : il réforme son ordre, il maintient une étroite discipline dans le clergé, il fonde l'université d'Alcala ; il se montre le véritable père des pauvres,il donne les emplois aux plus dignes, il rédige pour les missionnaires envoyés dans le nouveau monde des intructions qui, si elles eussent été obéies, auraient prévenu les déplorables excès de la conquête ; il travaille avec un zèle apostolique, à la conversion des Maures, après la prise de Grenade; il préside à la conquête d'Oran, il donne des ordres comme un général exercé, et pendant le combat, nouveau Moïse, il prie et il obtient la victoire ; c'est aux frais de sa cassette que s'était faite cette campagne sur la terre d'Afrique. In-* quisiteur de la foi, dans le sens très-noble de ce mot, il délivre l'Espagne des dangers que lui faisaient courir les Juifs et les Maures, et tout en respectant la justice et la charité, il empêche le prosélytisme des en«nemis de Jésus-Christ. Il console la reine Isabelle dans ses profonds chagrins, il l'exhorte à ses derniers instants, il supporte avec patience les difficultés que lui suscite le roi Ferdinand, et il emploie ses dernières forces à écrire de sages conseils au jeune roi Charles- Quint. Ce grand serviteur de Dieu et des rois meurt pauvre, en vrai disciple de saint François, à Tâge de quatre-vingts ans, le 8 novembre 1517, et, tout en admirant le génie et les vues de Richelieu, on le trouva

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