A VA NT-PROPOS
qu’à défendre aux autres de monter plus haut qu’eux.
Le progrès, c’est l’émancipation indéfinie de l’esprit humain, jusqu’à la plénitude de la liberté. Il ne supporte aucune servitude, et l’oppression laïque, non plus que l’oppression religieuse, ne trouve grâce devant lui. On le viole aussi bien en m’obligeant à nier qu’en m’obligeant à croire. La certitude de posséder et de répandre le vrai ne confère à personne le droit d’opprimer ceux qui lui résistent. Fût-il certain que la République est un foyer de lumière et un tabernacle de vérité qu’elle devrait, pour répondre à la loi du progrès, se contenter de nous éblouir et renoncer à nous contraindre.
Liberté en tout, et liberté pour tous : voilà le mot de la politique progressive et la fin suprême du progrès.
Mais qualifier de doctrine et présenter comme une œuvre de progrès les servitudes diverses que le parti républicain fait peser sur la conscience et l’esprit de notre temps, c’est l’une des aberrations les plus grossières que