Etudes et recherches. --
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Balzac conçut les projets les plus divers et s'aventura dans les entreprises les plus variées pour conquérir la gloire et la fortune, mais il semble que son ambition ait été surtout de posséder soit un journal, soit une revue où il fût libre d'exprimer entièrement ses idées et de se défendre contre ses ennemis. Il estimait d'ailleurs qu'un périodique publié sous sa direction ne pouvait être qu'une excellente affaire commerciale et comptait sur les bénéfices probables pour régler ses dettes.
En 1830, il fonda un recueil hebdomadaire, le Feuilleton des journaux politiques, avec Emile de Girardin, Varaigne, Hippolyte Auger et quelques autres ; plus tard, associé avec Gavarni, il publia le Journal des gens du Monde où il ne signait pas ses articles. La Chronique de Paris parut ensuite et dura neuf mois. Elle réunissait Jules Sandeau, Gustave Planche, Charles de Bernard et Théophile Gautier qui y publia la Morte amoureuse , le Tour en Belgique et la Chaîne
d'or. Enfin, la Revue parisienne, datant de juillet 1840, eut trois numéros. De même qu'il avait échoué dans ses autres tentatives, Balzac échoua dans celle-ci, et la malchance du directeur de revue fut égale à celle de Fauteur dramatique.
Il nous a paru curieux de grouper les documents intéressant la Revue parisienne et d'esquisser rhistoire de ce petit livre qui contient quelques-unes des meilleures pages de Balzac romancier et critique.
Comment, malgré les ennuis, les contrariétés et les dettes nouvelles dont il avait été accablé par ses précédents essais, le romancier eut-il encore l'idée de fonder cette revue? C'est qu'il ne se décourageait pas facilement. Sa confiance en l'avenir était invincible. « Est-ce dans Tespoir de conquérir rapidement une fortune et de se mettre à même d'échapper aux maux produits par la transformation commerciale de la littérature, nous dit M. Julien Lemer ', de se délivrer de l'intermédiaire des journaux et des libraires, que Balzac fonda à lui seul sa Revue parisienne au mois de juillet 1840? J'ai quelque lieu de le croire d'après les confidences que me fit, quelques années plus tard, Armand Dutacq, qui organisa Tadministration et pourvut à l'impression