‹ Etudes et recherches. --Chapitre 2 sur 66 · Balzac, sa vie. son œuvre · texte numérisé non relu

Balzac, sa vie. son œuvre

de ce mémorable recueil. » Balzac pouvait espérer un succès matériel.A cette époque, /es Guêpes, d'Alphonse Karr, se vendaient mensuellement à vingt milliers d'exemplaires et les Nouvelles à la main, de Nestor Roqueplan et d'AIton-Shée, ne jouissaient pas d'une moindre faveur auprès du public. Ceci indiquait un goût général bien prononcé pour la Revue à bon marché. Il y avait de quoi séduire le grand écrivain. Les fantaisies et les épigrammes de ce genre de recueils, il les remplacerait, dans sa Revue parisienne, par des contes et des nouvelles, de la poésie, des articles de critique générale et un résumé de la situation politique tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Il annonçait ses intentions en ces termes :

Nous avons toujours pensé que rien n'était plus intéressant, ni plus comique, ni plus dramatique que la comédie du gouvernement, et comme aujourd'hui les historiettes de Tallemant des Réaux peuvent se publier au lieu de demeurer secrètes, la Revue Parisienne a pour objet de donner la chronique réelle des affaires publiques, en la dégageant des nuages dans lesquels l'enveloppe la phraséologie hypocrite des débats quotidiens.

La critique littéraire manquait également de sincérité, nous avons pensé qu'il était nécessaire de la faire marcher parallèlement avec la critique politique.

Enfin nous croyons qu'un fragment littéraire est désormais le complément de toute publication où se débattront les intérêts de la politique et de la littérature.

Tels seront les éléments constants de cette revue qui, par son bon marché, la nature de sa périodicité, pourra acquérir plus d'importance que des Revues sans indépendance réelle.

Cent soixante pages très compactes d'un volume in-32, c'est-à-dire le triple du texte imprimé que fournissaient les autres revues, seraient vendues un franc. La chose ainsi présentée avait les meilleures chances de réussir, et Balzac aussitôt de s'enthousiasmer, d'exposer son idée avec une fougue juvénile, de faire les extraordinaires calculs dont il était coutumier, de rêver une publication lui rapportant trente mille francs par mois. Il tirerait à cent mille, dirigerait les affaires politiques de son pays, rénoverait la critique littéraire. Du coup, toutes les déconvenues passées étaient oubliées.

Une autre raison le détermina à fonder sa revue. Edmond Biré * nous l'expose. Balzac travaillait sans relâche, il produisait beaucoup, et la multiplicité de ses œuvres inquiétait ses con-

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