Le droit du passé
LES CONTES DE VILLIKRS DE l'iSLË-ADAM 179
Strasbourg, hélas ! — se dressait. De toute la personne de cet homme, pareil à l'hiver, sortait son adage : « jamais assez. » Le doigt appuyé sur la table, il regardait au loin, par une croisée, comme si, oublieux de la présence de l'ambassadeur, il ne voyait plus que sa volonté planer dans la lividité de l'espace, pareille à l'aigle noire de ses drapeaux.
Il y a autant de majesté et de magnificence dans le portrait de Milton *.
Milton parut.
Le vieillard tàtait les murs du bout de sa canne. Son visage aux lignes sévères, blêmi par les chasrrins, son vaste front aux trois rides lono-ues et droites, ses yeux fixes et sans lumière, la noblesse mystique du tour de son visage, ses grands cheveux aux longues mèches blanches partagées au milieu... Un vieux pourpoint de velours marron et des chausses de même, et son grand col d'un blanc sali, noué par deux glands, ses souliers à boucles et son chapeau puritain datant des jours de Crom"v\'ell...
Villiers use des mêmes procédés de simplitication et de la même sobriété de dessin lorsqu'il traite un paysage. Le profond amour qu'il