‹ Études et recherches biographiques sur le chevalier Noël Brûlart de Sillery [microforme]Chapitre 6 sur 8 · PAIE TAN · texte numérisé non relu

PAIE TAN

« Monsieur,

« À peine ai-je commencé le premier mot de ma «lettre, qu’il m'a fallu toutquitter pour me retirer « à part, tant mon cœur et mes yeux me pressaient. «Je vous confesse que repassant dans mon esprit, «ce que vous me demandez, et voyant vos prodi- « gieuses bontés pour nos sauvages, il m'a fallu bé- « nir Dieu, avant de passer plus outre, et le remer- « cier des grâces qu’il vous a faites, et à nous, par «votre entremise. Si j'avais l’aile assez forte, je « vous irais trouver pour passer les jours et les « nuits avec vous à parler de Dicu, car je sais «bien que votre cœur est à lui. Hâtons-nous, Mon- « sieur, hâtons-nous, pendant le court pélérinage «de notre vie ! J'ai lu et vu vos intentions pour la « fondation de messes que vous désirez être dites « à perpetuité, Quand je vins à ces mots : Le prôtre «se regardera comme le chapelain de Notre-Dame, » je fus touché, et je sentis en moi-même un grand « désir que ce bonheur m’arrivât, et Dieu m’a exau- «cé, carnotre Révérend Père Supérieur m'a dit «que c'était votre intention que je me chargeasse « de cette commission que j'ai reçu avec joie ... Il « faut que je vous confesse que votre humilité m’a- « néantit fort; vous mo déclarez vos sentiments « avec une candeur qui me donne de la confusion. « Je suis dans de plus grandes espérances que ja- « mais, que Dieu par votre moyen réduira nos sau- « vages ; il vous a choisi pour ce grand ouvrage, « rendons-lui grâces tous deux +...

Les ouvriers Evangéliques qui travaillaient avec tant de constance et d'énergie à la conversion des tribus sauvages de ces contrées, se plaisaient à reconnaître les secours annuels et répétés que leur adressait ce grand serviteur de Dieu, qui désirait, vivement les aider de tout son pouvoir en leur ministère, afin d’avoir part aux profits spirituels qu’ils récueillaient dans la vie si ardue et si pénible

à laquelle ils se livraient, sous les yeux de Dieu seul et loin de la vue et des applaudissements que le monde eut donnés à leur héroïque charité.

Le R.P. Jérôme Lalemant, qui à travaillé si longtemps et avec des succès si coustants et si glorieux à la conversion des indigènes à la vraie foi, écrivait un jour au commandeur de Sillery.... «Celui qui vous a préparé des récompenses dans le ciel, semble vous en vouloir donner ici bas quelque avant-goût, mais je vois bien que votre principale consolation n’est pas dans ces suavités, mais dans l'esprit de la foi et de la charité avec lesquelles, vous contribuez si généreusement à toutes nos entreprises qui sont selon le cœur de Dieu..........,..,9

Dès l'an 1632, M. de Sillery avait en sa pensée le projet d'établir cette mission. 11 est surprenant que la relation du R. P. Lejeune, publiée en 1633- 3%, quenous avons sous les yeux, n’en fasse aucune mention.... l'Eglise de Sillery était dédiée à Dieu, sous l’invocation de St. Michel Archange ; voilà pourquoi on a donné tour à tour à l’ance Sillery les noms : anse Sf. Joseph et anse St. Michel. Les messieurs du Séminaire de Québec y possédaient anciennement une terre ou ferme, qu'on désignait sous le nom de Sf. Michel. MM. Puiseaux, (14) de Chavigny de Bercereau et autres notabilités avaient aussi des domaines et des habitations à Sillecy, près de la mission, et les appelaient et désignaient sous le nom de terres de St. Michel. On trouve dans les archives de la province, dans un registre intitu-

(14) Piocrre Puiseaux, dans un testament fait à La Rochelle, le 21 juin, 1647, lègue sa terre de Saïinte-Foi au profit du futur évêque de Québec. Ce testament fut passé pardevant MM. Vespasien Lefebvre et Jean Michelon, notaires royaux. Copie de ce testament fut expédié de La Rochelle le 17 novembre 1733, à la demande des Chanoines de l'Eglise Cathédrale de Québec ; mais par une note de M. Poulin, prêtre, qui fut plus tard secrétaire du Chapitre, on voit que, quand on eut réussi à se pourvoir d’une copie de ce testament, on ne put être renseigné sur l'endroit où se devait prendre cette terre, ni sur les bornes qu'elle devait avoir. Faute de rensei-

gnements exacts, après une investigation assez prolongée, on à abandonné tout espoir de posséder cet immeuble.

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